Brittany Rantala-Sykes de The Ugly Barn Farm
Brittany Rantala-Sykes de The Ugly Barn Farm

Une ferme de champignons, ça ne pousse pas comme des champignons

The Ugly Barn Farm

Après avoir surmonté plusieurs défis, Ivan Vincent peut finalement se considérer comme un entrepreneur agricole accompli. Copropriétaire de l’entreprise The Ugly Barn Farm avec son épouse Brittany Rantala-Sykes, ils fréquentent fidèlement le marché des fermiers de la rue York. Leurs nombreux produits sont tous reliés à la culture et à la récolte de champignons de différentes variétés. L’intérêt de M. Vincent pour la permaculture, le jardinage et le mycologue Paul Stamets ont tous influencé sa démarche.

Les débuts ne se sont pas faits sans heurts. «Tellement, tellement de défis, comme la construction d’un bâtiment pour un usage très spécifique, les assurances, la projection des ventes, la motivation et tous les défis qui viennent avec le bond d’un passetemps à un niveau commercial, explique M. Vincent. J’avais un peu de connaissances scientifiques et je cultivais à l’échelle amateur depuis de nombreuses années, je pouvais donc sauter la partie concernant l’apprentissage de la culture. Je ne connaissais pas grand-chose au commerce, mais j’avais des idées, j’ai donc suivi un cours de commerce condensé de 42 semaines. Pendant le cours, j’ai élaboré un plan d’affaires plutôt bon, puis j’ai commencé à mettre en œuvre les étapes de mon plan.» Quand ils ont terminé la construction, beaucoup de temps a été consacré à résoudre les problèmes des cultures et mettre en place des solutions. 

Le plus jeune des enfants de la famille Vincent avec un pleurote géant.
Champignons chataignes
Champignons hêtres
Pleurotes jaunes

La pandémie a obligé plusieurs entreprises à changer certaines choses et les fermes n’ont pas fait exception. Beaucoup d’entre elles ont dû se convertir au commerce électronique, ont eu à changer les méthodes de paiement et plusieurs ont même fait des livraisons à domicile. Tout le travail supplémentaire que M. Vincent a exécuté pour rejoindre ses clients a porté fruit puisqu’il a réussi à augmenter sa clientèle.

L’équilibre entre l’entreprise et la vie personnelle est l’élément le plus difficile à gérer pour ce couple. À leurs tout débuts, c’était du 7 jours sur 7, en plus d’un emploi à temps partiel. Récemment, la petite famille a atteint un certain équilibre avec les dimanches et les lundis de congé... en théorie, car Ivan Vincent admet que des travaux légers sont souvent à l’horaire les lundis. Heureusement, il trouve que le travail à domicile permet d’être toujours avec ses enfants. Cela signifie qu’il passe souvent du travail à la famille plusieurs fois par jour.

Où se voit-il dans 5 ans? «Je suis toujours en train de cultiver des champignons, dans un endroit plus grand et de produire quelques nouveaux produits et, bien sûr, davantage des mêmes produits que nous offrons actuellement. J’aimerais pouvoir employer des gens de ma communauté».

La grange laide

Le nom de sa ferme a été long à trouver. La recherche a fait réaliser à M. Vincent comment le choix d’un nom est influencé par les mauvaises expériences que l’on a eu avec des noms qu’on ne veut plus entendre.

Un jour, au cours d’une des sessions de réflexion sur le nom, après au moins huit semaines de recherche, il a dit que le nom pouvait être littéral et donné l’exemple de quelque chose comme «Apple Press Farms», parce que la ferme avait un vieux pressoir à pommes. «Mon épouse Brittany a répondu d’un ton très agacé : “Très bien, alors pourquoi pas The Ugly Barn Farm”, et nous avons su que c’était ça».