Une année «pas formidable» pour le sirop en Ontario

Roxanne Lormand
Roxanne Lormand
Agricom

La courte saison des sucres est maintenant terminée pour l’ensemble de la province. Alors que plusieurs acériculteurs s’affairent à nettoyer les équipements, la production de sirop ne passera assurément pas à l’histoire en battant des records. Plusieurs producteurs confirment que la saison a été particulièrement difficile en raison des faibles volumes de sève.

Tous les producteurs s’entendent pour dire que les quantités de sirop produites sont moindres cette année. Selon les rapports hebdomadaires de Ontario Maple Syrup, la saison 2021 aura été courte et la production de sirop a diminué dans toute la province. L’ampleur de cette diminution varie grandement selon les producteurs : de 10 % à 80 % moins de sirop que l’an dernier.

Pour le président de l’Association des acériculteurs francophone de l’Ontario (AAFO) et propriétaire d’une érablière de 1000 entailles à la chaudière à Hammond, Fernand Séguin, le constat est le même : «Pour moi et plusieurs acériculteurs, on a tous un consensus que ce n’était pas une année formidable. La plupart ont fait entre 50 et 75 % de leur production annuelle moyenne.» 

Chez le producteur, on note une perte comme chez la majorité des acériculteurs. «Avec 1000 entailles, j’ai fait 500 litres. Pour moi, c’est beaucoup moins. Normalement, je fais de 700 à 900 litres», explique le président de l’association.

Chez Ivan Garland de Garland Sugar Shack à Vars, on entend le même discours : «C’était une année difficile, très différente. Comme quantité, on a fini avec à peu près 25 % de moins que l’an dernier», se console-t-il sachant qu’il y en a qui ont connu de plus grandes pertes. 

L’acériculteur s’attendait, à l’inverse, à récolter 25 % de plus que sa production annuelle moyenne cette année, grâce aux améliorations qu’il a faites dans son système. Il raconte ainsi que le déficit est probablement moins grand avec ses 5000 entailles à la tubulure en raison de ses nouvelles améliorations.  

Température inadéquate

La saison a débuté dans les normalités, mais Fernand Séguin souligne qu’elle s’est terminée plus tôt qu’à l’habitude : «En temps normal, on va aller jusqu’à la deuxième semaine d’avril, ce qui ne s’est pas produit cette année et la température a joué beaucoup dans la production.» 

Les nuits étaient beaucoup trop froides en début de saison, tandis qu’à la fin elles ne l’étaient pas assez.

Ivan Garland de son côté souhaitait une tempête : «J’écoutais la météo et les gens disaient “oh, il va faire 20 degrés et ensuite 22.” […] Tout le monde était heureux avec l’été, le beau temps, mais nous autres, on croisait les doigts et on espérait une petite tempête de neige.» 

Pour les cabanes plus au nord de la province, la différence de quelques degrés aura été favorable, leur accordant des nuits plus froides. 

Les cabanes à sucre avec les systèmes de tubulures ont aussi pu retirer un peu plus d’eau que celles à la chaudière, plus affectées par les variations de température.

Eau moins sucrée

«Il y a une chose que tout le monde a été d’accord, c’est que l’eau d’érable était moins sucrée», explique le président de l’AAFO. 

Il précise : «Normalement, la quantité de sucre se retrouve entre deux et trois Brix en moyenne […]. Mais cette année, il y avait beaucoup d’eau en bas de deux Brix.» 

Un acériculteur a même confié à Fernand Séguin qu’il avait un Brix et qu’il était chanceux d’avoir l’osmose inversée. «Un Brix, je n’avais jamais entendu ça! C’est peut-être normal au début la première coulée de la saison, mais en pleine saison, un Brix c’est vraiment exceptionnel», souligne-t-il.  

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