Un robot pour aider le Nord à construire

Philippe Mathieu
Philippe Mathieu
Le Voyageur

Un groupe de chercheurs de l’Université Laurentienne veut concevoir un robot qui pourrait faciliter la construction dans les communautés isolées. Des professeurs et chercheurs de l’École d’architecture McEwen, de l’École de génie Bharti et du Département de neurosciences de comportement ont reçu une subvention fédérale de 250 000 $ pour y arriver.

Intitulé «Human-Robot Interaction and Collaboration as a Catalyst for Creative Economy, Community Outreach and Emerging Design» — L’interaction et la collaboration entre humains et robots comme catalyseur à l’économie créative, l’aide communautaire et les conceptions émergentes (traduction libre) —, l’équipe envisage développer un système robotique pour exploiter les technologies de pointe afin de renforcer les économies et les communautés du Nord de l’Ontario. Le chercheur principal, Steven Beites, est accompagné par les codemandeurs Marc Arsenault, Blake Dotta et Reza Foruzanmehr.

«Par exemple […] le système pourrait être utilisé comme imprimante tridimensionnelle de grande échelle. Aussi comme un préhenseur robotique. Alors, un mécanisme qui permet de manipuler ou de prendre des blocs, des briques, des poutres de bois pour faire l’assemblage», explique le professeur de l’École de génie Bharti, Marc Arsenault.

L’argent va grandement appuyer les étudiants à la maitrise ou au doctorat qui sont impliqués dans le projet. «Ils feront majoritairement, je dirais, la recherche sur le système robotique», précise le professeur.

Le plus grand objectif sera d’aider les communautés isolées qui n’ont pas beaucoup de ressources et d’outils pour la planification architecturale. «La plateforme aura beaucoup d’avantages. Ce sera facile à transporter dans différentes communautés. Un de nos objectifs principaux sera de vraiment [déplacer] la plateforme dans plusieurs communautés afin d’organiser des activités avec les membres de la communauté pour faire la conception et la planification architecturale.»

Bien que la conception du projet soit très spécialisée, l’équipe a comme objectif de simplifier l’utilisation pour le rendre plus accessible. «On espère développer une interface pour que le robot soit très intuitif, pour communiquer et programmer le robot pour permettre l’utilisation de la plateforme par les gens qui n’ont pas reçu une formation de la technique spécialisée», ajoute-t-il.

La plateforme pourrait entrainer une nouvelle ère dans la construction et planification architecturale. «À long terme, la nature de ces travaux-ci pourrait inspirer ou mener le développement d’un système à plus grande taille qui pourrait potentiellement contribuer à la construction d’une maison qui pourrait adresser la crise de logement qui affecte ces communautés isolées», entrevoit Marc Arsenault.