Jean-Jacques Fouda, étudiant au campus de Timmins de l’Université de Hearst
Jean-Jacques Fouda, étudiant au campus de Timmins de l’Université de Hearst

Timmins lance un projet abordant le racisme et la discrimination

Philippe Mathieu
Philippe Mathieu
Le Voyageur

La Ville de Timmins veut être plus accueillante pour les immigrants grâce au nouveau Projet de sensibilisation à la diversité. Des histoires de discrimination et de racisme sont parvenues aux oreilles des dirigeants de la ville, qui fait pourtant partie du Programme pilote d’immigration dans les communautés rurales et du Nord. 

La Corporation du développement économique de Timmins (CDET) mène le projet qui abordera le racisme et la discrimination à Timmins afin «d’attirer et de retenir des personnes pour qu’ils viennent s’installer et travailler ici», explique une consultante en développement communautaire, Madison Mizzou. 

«Nous avons entendu de façon anecdotique que des gens sont victimes de racisme et de discrimination dans la ville. Nous essayons vraiment de favoriser et de créer une communauté accueillante et ce projet nous aidera à y parvenir», ajoute Mme Mizzou. 

Un étudiant au campus de Timmins de l’Université de Hearst, Jean-Jacques Fouda, est l’un de ceux qui peuvent raconter quelques mauvaises expériences. «Il y a certains d’entre nous comme étudiants qui ont de la difficulté à trouver du travail», dit-il d’emblée.  

Par exemple, lorsqu’il est arrivé à Timmins à la fin de 2019, il avait obtenu un emploi et devait commencer sous peu. Il n’a pourtant pas eu d’appel de son employeur pour lui donner des instructions. Lorsqu’il a visité le lieu de travail pour poser des questions, il a vite réalisé que son poste avait été donné à une personne caucasienne. «On ne m’a donné aucune explication. C’est difficile», raconte-t-il. 

Plusieurs mois plus tard, il marchait sur le trottoir lorsqu’un groupe de gens l’a pris en photo sans sa permission. «C’est comme s’ils étaient surpris de me voir. […] On est regardé par des gens dans leurs véhicules comme si nous sommes des personnes différentes», raconte le Camerounais d’origine. 

Le Projet de sensibilisation à la diversité de Timmins a justement comme objectif d’aider des gens comme Jean-Jacques Fouda. «Les gens doivent savoir que, par exemple, à Timmins, il y a des gens qui parviennent de partout dans le monde et qu’ils ont aussi le droit à des opportunités d’emplois et des activités sociales. C’est tout ce qu’on veut», souligne-t-il. 

Le jeune homme a décidé d’agir pour améliorer sa communauté. Des efforts et des initiatives sociales de sensibilisation à la diversité à Timmins ont inspiré le projet adopté par la ville. 

Malgré les témoignages entendus, il est difficile de mesurer ce qui pose problème et de déterminer la meilleure façon de rendre la ville plus inclusive. Ils commenceront par un sondage au niveau de la communauté et l’utiliseront pour informer leurs prochaines actions. 

Le projet aura deux grandes phases. La première sera un partage d’histoires et d’expériences sur diverses plateformes. Les histoires ne porteront pas seulement sur la discrimination, mais aussi sur la célébration de la communauté diversifiée qu’est Timmins. «Nous savons que nous sommes une communauté diversifiée et nous voulons célébrer cette positivité», ajoute Mme Mizzou. 

Pour y arriver, ils souhaitent recruter des étudiants internationaux et des membres des Premières Nations.

Pour la deuxième phase, ils travailleront avec les employeurs pour créer des milieux de travail inclusifs, exempts de racisme et de discrimination. «Nous donnerons des outils à ces employeurs afin qu’ils puissent attirer des travailleurs, retenir leurs travailleurs, mais aussi rendre l’entreprise plus inclusive pour tous», explique Madison Mizzou. 

Le sondage de la CDET pour les résidents de Timmins se trouve sur leur site web à l’adresse timminsedc.com