Retour de l’eau d’érable et, éventuellement, des élèves à Hanmer

Julien Cayouette
Julien Cayouette
Le Voyageur
Ferme côte d’érables

Michel et Céline Larivière ont à la fois renoué avec leurs histoires familiales et relancé la production de produits de l’érable à Hanmer. Les nouveaux propriétaires de ce qui était bien connu sous le nom d’Érablière Despatie ont officiellement inauguré la Ferme côte d’érables (Maple Hill Farm) le 24 septembre.

La première production et la vente de leurs produits ont en fait commencé en 2020. Mais en raison de la pandémie, l’ouverture au public a dû être retardée. 

En 2017, en passant sur la promenade Dominion, Michel Larivière a vu l’affiche «À vendre» devant l’érablière. Il a tout de suite voulu sauter sur l’occasion. Comme beaucoup de gens, il connaissait l’érablière depuis son enfance, alors qu’il demeurait tout près. De plus, lorsque son père a dû arrêter d’enseigner, il venait le matin à l’érablière faire le guide pour les visites scolaires. «On voulait maintenir une tradition et on se sent chez nous ici», dit M. Larivière.

Michel et Céline Larivière, propriétaires de la Ferme côte d’érables

«C’est revenir chez nous dans le fond, poursuit Céline Larivière. On a tous les deux grandi dans la région.» Tous deux ont de bons emplois à l’Université Laurentienne, alors l’achat d’une érablière qui avait besoin d’être retapé était tout un défi, qu’ils ont choisi de relever.

Ils ont planté 5000 nouveaux arbres. Ils ont fait construire une nouvelle grange, dessinée par Dan Guillette, un architecte de la région. La charpente a été construite selon des méthodes traditionnelles, sans clous. La construction a débuté en septembre 2019 et a été ralentie par la pandémie, si bien qu’elle s’est terminée seulement un an plus tard.

Un petite partie des tuyaux qui permettent de recueillir le sirop d’érable.

«En 2020, notre première saison, on aurait souhaité faire des partys de tire et accueillir le public, mais la COVID au mois de mars… Mais finalement, je pense que ça a été une bénédiction», commence Céline. «Parce qu’on ne savait pas ce qu’on faisait», ajoute Michel en souriant. 

Ils ont tout de suite commencé à faire plus que du sirop d’érable et les projets de diversification sont là. Dans la petite boutique dans la grange, on retrouve du beurre d’érable, de la tire, du sucre d’érable. Le jour de l’inauguration, ils venaient tout juste de recevoir une remorque restaurant (food trailer) qui leur permettra de vendre quelques produits lors d’évènements. «On va peut-être vendre des choses comme des fèves au lard avec un peu de sirop, des crêpes saucisses, des croquemonsieurs...», annonce Céline Larivière.

Dès que ce sera possible, ils ont bien l’intention de reprendre l’activité qui a fait la renommée de l’érablière : accueillir des jeunes des écoles.

Longue tradition

La première érablière a ouvert ses portes sur ce site en 1920. Elle était déjà un lieu de rassemblement familial.

L’érablière Despatie a été fondée en 1967. Dès le début, Lucien et Alice Despatie ont accueilli des milliers d’écoliers qui s’y rendaient chaque printemps pour apprendre les secrets de l’érable et, bien sûr, y gouter. Faute d’énergie et de relève, leur fils a fermé l’érablière en 2014, mais l’a rouvert pour une année à l’occasion du 50e.

Michel et Céline Larivière ne pouvaient pas ignorer cette longue tradition. «Chaque fois qu'on disait qu'on allait reprendre la production de sirop d'érable, la première réponse commençait toujours par : "Quand j'étais petit, j’ys suis allé..."»

Alice Despatie était présente pour l’inauguration de la Ferme côte d’érables. Elle a confié au Voyageur qu’elle était très heureuse de voir que le bonheur que l’érablière avait apporté à sa famille et à des milliers de jeunes allait continuer. «On est content que ça devienne une industrie plus moderne. On est bien reconnaissant à monsieur et madame Larivière. Tout est superbe.»

«On a jasé avec madame Despatie beaucoup, raconte Céline Larivière. On voulait vraiment comprendre l’historique de la place. Elle a vraiment été généreuse de son temps. J’ai appris que M. Despatie cultivait aussi des patates sur le terrain et il était comme… le roi des patates.»

La remorque restaurant qui permettra aux Larivière de rejoindre un peu plus de clients.