Remplacer des déjeuners par des sacs d’épicerie

Julien Cayouette
Julien Cayouette
Le Voyageur
Partir d’un bon pas pour un avenir meilleur

L’organisme Partir d’un bon pas pour un avenir meilleur a dû repenser la distribution des déjeuners dans les écoles. Avec le retour en confinement et de l’école en mode virtuel, les élèves de familles défavorisées n’ont plus accès à ce service qui leur permettait d’avoir le premier repas de la journée.

Les déjeuners ont été remplacés par deux services de distribution de nourriture qui permettent aux familles de passer chercher un sac d’épicerie à l’école. 

Le plus valorisant pour le coordonnateur du programme Bonne nutrition pour les élèves, Alexandre Gagnon, c’est la distribution par des évènements mobiles. «On voit des sourires et des larmes, ça fait chaud au cœur», dit-il avec de l’émotion dans la voix.

En collaboration avec les directions d’école, un courriel est envoyé pour prévenir des familles de la tenue de la distribution dans le stationnement d’une école choisie. «On essaie de rejoindre entre 6 à 12 écoles de la région environnante», dit M. Gagnon. 

Les familles qui ont besoin de ce coup de main peuvent passer pendant la journée pour récupérer un sac qui contient du pain, des baguels, une boite de yogourt, 2 ou 4 litres de lait, des céréales, des barres de céréales, des fruits, des pommes de terre de chez Don Poulin Potatoes — qu’ils obtiennent à prix très réduit —, concombre et fromage. Le contenu peut donc servir à plus que des déjeuners.

Une centaine de sacs d’une valeur de 50 à 60 $ peut être ainsi distribuée lors des évènements mobiles. De plus, ils ont obtenu toutes les autorisations nécessaires de la santé publique.

L’autre mode de livraison se fait aussi par les écoles, mais offre plus de discrétion pour les parents qui préfèrent ne pas croiser quelqu’un qu’ils connaissent dans le stationnement lors des évènements mobiles. Dans ce cas, les parents doivent planifier le ramassage d’un sac avec la direction.

L’équipe de distribution rejoint 133 écoles dans un territoire allant du Grand Sudbury jusqu’à l’ile Manitoulin et Chapleau.

L’équipe fait un minimum de trois distributions par semaine. La gestionnaire du programme Bonne nutrition pour les élèves, Angèle Young, confirme que ce mode de distribution resterait en place aussi longtemps que les classes seront en mode virtuel. «Même on espère continuer à donner de l’appui aux familles au moins jusqu’à la fin aout.» 

Angèle Young a remarqué qu’il y a une demande un peu plus élevée pour leurs services depuis le début de la pandémie. Entre les familles dont les parents ont perdu leur emploi et celles qui ont soudainement plusieurs enfants à nourrir le matin parce qu’ils n’ont plus accès au déjeuner à l’école, les besoins sont grandissants. «C’est une situation d’urgence dans toute la province. Mais dans le dernier mois, être en zone grise, ça fait beaucoup de pression sur les familles», note-t-elle.

Alexandre Gagnon calcule qu’en seulement deux mois, 220 000 $ en nourriture a été distribué. Le programme est principalement financé par le ministère des Services à l'enfance et des Services sociaux et communautaires.