Paysages de la Rivière des Français
Paysages de la Rivière des Français

Les villes touristiques craignent une baisse d’achalandage

Rivière des Français et Sudbury font face à des défis uniques

Même avec la progression du déconfinement, les municipalités du Nord de l’Ontario appréhendent tout de même une réduction des voyages vers les chalets et les parcs de roulottes cet été.

La municipalité de la Rivière des Français fait face à un défi unique : cette année sera la troisième année de suite qu’un désastre naturel vient affecter le nombre de résidents saisonniers qui visitent leurs propriétés dans la municipalité.

À l’été 2018, le feu Parry Sound 33 a brulé plus de 11 000 hectares de terrain et a forcé l’évacuation de la région de Rivière des Français. En mai 2019, la municipalité a déclaré l’état d’urgence lorsque les niveaux d’eau dans la région ont atteint un niveau historique, soit 40 cm de plus que le plus haut niveau d’eau jamais enregistré.

Entre inquiétudes et solidarité

La mairesse de Rivière des Français, Gisèle Pageau, explique que la municipalité se prépare à accueillir les résidents saisonniers et qu’elle les encourage à suivre les directives de la Santé publique s’ils planifient visiter leur chalet. En date du 24 mai, la municipalité ne recensait aucun cas de COVID-19.

«On espère bien que si les gens viennent, ils apporteront leurs épiceries et tout ce dont ils auront besoin pour passer la fin de semaine, ou davantage s’ils prévoient rester plus longtemps. Aussi, on leur demande de respecter les mesures de distanciation physique : restez dans votre chalet, n’allez pas vous promener dans la municipalité. On n’a recensé aucun cas de COVID-19 et on veut garder ça à zéro, donc on a hâte d’accueillir nos résidents saisonniers, mais on espère qu’ils écouteront les directives du premier ministre de l’Ontario», indique la mairesse.

Le conseil d’administration de Rivière des Français. Au centre, la mairesse Gisèle Pageau.

Mme Pageau assure que la municipalité est prête à appuyer ses résidents saisonniers s’ils ont des questions ou des inquiétudes par rapport à leur séjour dans la région. «On fait face à quelque chose que personne n’a jamais connu. Si quelqu’un qui vient de l’extérieur a besoin de quelque chose ou a des questions, on les invite à appeler la municipalité et on pourra les diriger aux bonnes personnes. Par exemple, s’ils montent et qu’ils apportent leur épicerie, puis que tout d’un coup ils réalisent qu’il leur manque des choses, ils peuvent téléphoner au Foodland ou chez Lemieux Meat and Grocery pour se faire livrer ce qu’il leur manque. Si un saisonnier arrive puis qu’il rencontre un problème, certainement on va l’aider, on ne va jamais laisser tomber nos résidents», assure la mairesse.

Des résidents saisonniers ont hâte de visiter leur propriété

Grant Dussiaume est un résident du Grand Sudbury qui possède une roulotte au White Tail Lodge, un parc de roulottes situé à une heure de Sudbury. Comme la majorité des parcs en Ontario, il a été fermé durant plusieurs semaines au début de la pandémie. Cependant, M. Dussiaume avoue que si le parc avait été ouvert, il aurait visité sa roulotte plus tôt.

«Je reste dans un appartement où on ne peut pas s’assoir dehors, donc on pourrait se relaxer beaucoup plus dans la roulotte. Nos roulottes ne sont pas très proches des autres roulottes dans le parc, il y a pas mal de distance», indique-t-il.

M. Dussiaume croit que si les résidents du parc prennent des précautions, l’endroit peut être aussi sécuritaire que le domicile principal des voyageurs saisonniers.

«Je pense que même pour les personnes sensibles, c’est très facile dans un parc comme ça de garder la distance recommandée. S’il y avait des enfants, ça serait un peu plus difficile pour eux autres, mais en ce moment, ils sont à la maison et les parents peuvent les contrôler. Je suis sûr qu’ils vont dehors et que les parents leur disent de ne pas aller proche des autres, donc ils pourraient faire la même chose au parc de roulottes», estime-t-il.

Des impacts sur l’industrie du tourisme

La région du Grand Sudbury compte environ 1300 propriétés saisonnières, soit l’équivalent d’à peu près 2 % des toutes ses propriétés. Cependant, la directrice intérimaire du développement économique de la ville, Meredith Armstrong, évalue qu’une baisse du nombre de résidents saisonniers dans le Nord de l’Ontario aura tout de même un impact économique sur la ville, puisque plusieurs d’entre eux visitent le Grand Sudbury lorsqu’ils sont déjà dans le Nord.

La directrice intérimaire du développement économique du Grand Sudbury, Meredith Armstrong.

«L’impact économique vient vraiment des visiteurs qui se rendent à leur chalet, pas juste dans le Grand Sudbury, mais partout dans le Nord de l’Ontario. Nous savons que nous attirons beaucoup de gens d’autres régions, comme de Muskoka, qui vont peut-être venir pour une excursion à Science Nord, pour visiter nos attractions ou pour magasiner et manger dans nos restaurants. Nous sommes également sur l’autoroute transcanadienne, donc il y a des gens qui vont arrêter pour faire des épiceries et acheter du gaz. C’est difficile à quantifier, mais nous savons qu’il y aura un impact si ces gens ne font pas leurs voyages habituels», indique Mme Armstrong.

La ville offre de l’appui aux entreprises locales qui ont été affectées par la pandémie, notamment pour les aider à comprendre l’information sur le financement disponible. Pour le secteur du tourisme en particulier, la ville mise beaucoup sur les médias sociaux afin de faire connaitre les entreprises et les expériences qui seront disponibles à Sudbury après le déconfinement.

«Notre rôle est d’utiliser les outils que nous avons, comme les médias sociaux, pour nous assurer de rester sur le radar des touristes. Lorsque les restrictions seront soulevées et que les gens commenceront à planifier des voyages, nous voulons qu’ils pensent au Grand Sudbury comme un bon endroit à visiter. Présentement, nous utilisons le mot-clic #WhenWeTravelAgain afin d’offrir de belles images inspirantes et des idées intéressantes aux visiteurs potentiels», explique Meredith Armstrong.