La restauratrice Gloria Caverley sert sa clientèle par la fenêtre, une adaptation avec le sourire!
La restauratrice Gloria Caverley sert sa clientèle par la fenêtre, une adaptation avec le sourire!

Les petites entreprises sous le radar des mesures d’aide gouvernementale

Joëlle Roy
Joëlle Roy
Initiative de journalisme local - APF
Le L. A. Café de Lafontaine fait partie des entreprises qui n'ont pas accès aux mesures d'aide.

Le confinement et la fermeture des commerces non essentiels mettent en péril les entreprises familiales. Bien sûr, les gouvernements viennent en aide aux petites et moyennes entreprises (PME), mais en visitant le petit restaurant L. A. Café de Lafontaine, nous constatons que certains petits marchands tombent dans les craques.

Malgré la précarité de la situation financière de son entreprise, la propriétaire du petit restaurant situé au cœur du village de Lafontaine, Gloria Caverley, se soucie en premier lieu de la santé de la communauté. «Je suis contente de faire ma part. C’est la bonne chose à faire pour qu’on s’en sorte», indique-t-elle.

Une attitude tout à fait admirable devant le constat que la pérennité de son restaurant s’avère menacée. Combien de temps va-t-elle tenir le coup? Elle répond sans hésitation : «Tant que je pourrai!».   

Le taux de fréquentation du L. A. Café est passé de quelque 30 à 8 clients par jour. Heureusement, l’établissement possède une fenêtre sur le côté du commerce pour servir la clientèle clairsemée. Au début de la crise, elle accueillait jusqu’à six clients à la fois dans l’établissement, jusqu’à ce que les mesures resserrées l’obligent à trouver une autre solution.

Pas d’aide de l’État

Ces temps extraordinaires ont suscité une aide gouvernementale sans précédent pour les PME qui ont perdu plus de 30 % de leur chiffre d’affaires. Gloria Caverley estime avoir enregistré une baisse de profits de près de 80 %.

L’aide de l’État lui semblerait appropriée et plus que bienvenue, mais un immense «hic» intervient, à son grand désespoir : pour obtenir l’aide proposée, il faut que le commerce débourse un minimum de 50 000 $ en salaires par année, ce qui n’est pas le cas du L. A. Café. Il s’agit, en fait, d’une situation qui touche plusieurs petites entreprises familiales.

L’aide provient aussi de banques et institutions financières qui veulent également alléger le fardeau des gens d’affaires. Le coup de pouce prend plusieurs formes : réduction du taux d’intérêt, report d’une date de paiement ou encore un prêt à taux avantageux. Encore là, si l’entreprise a eu recours au financement d’un particulier, les mesures passent à côté.

Le chili du L. A. Café, un succulent secret bien gardé.

Acheter local et contribuer

En restauration, il devient de plus en plus impératif de se tourner vers la livraison. Mais encore faut-il que les propriétaires soient habiles avec les outils virtuels et les réseaux sociaux, ce qui n’est pas acquis dans tous les petits commerces familiaux qui évoluent plutôt grâce au bouche-à-oreille.

Comme effort de guerre, Gloria Caverley s’est inscrite sur certaines plateformes, telles que Trip Advisor et Heart of Georgian Bay, en souhaitant que la nouvelle de son ouverture fasse son bonhomme de chemin.

Pour les gens qui ne sont pas eux-mêmes en difficulté financière, pourquoi ne pas encourager les petites entreprises locales? On peut commander quelques fois par semaine pour faire notre part. Par exemple, des voyageurs revenus récemment de la Floride ont fait un arrangement avec le L. A. Café : Ils commandent par téléphone, paient par carte de crédit et on dépose leur repas sur le capot de leur voiture alors qu’ils sont garés dans le stationnement du restaurant.