Les effets des déboires financiers sur les petits créanciers de l'Université Laurentienne

Julien Cayouette
Julien Cayouette
Le Voyageur
Comptes inaccessibles et factures impayées

Pour passer à travers la session, l’Université Laurentienne s’est assuré d’avoir un prêt qui lui permettrait de payer ses professeurs et ses employés. Par contre, le gel des dépenses mis en place par l’institution cause des problèmes à d’autres travailleurs et organismes.

La publication de l’Institut franco-ontarien, la Revue du Nouvel-Ontario, génère ses propres revenus, mais l’argent est géré par la Laurentienne. La directrice, Lianne Pelletier, n’a en ce moment pas accès à cet argent. «Pas moyen d’avoir des réponses non plus, on ne répond pas à mes courriels», indique-t-elle. Elle a demandé des éclaircissements à la mi-février.

«C’est inquiétant parce que, justement, je ne sais pas si on va perdre notre argent. Je ne sais pas quelle sorte de garantie on a pour y avoir accès éventuellement», ajoute Lianne Pelletier. Elle sait que des créanciers ont embauché des avocats pour tenter de récupérer ce qui leur est dû — un processus qui pourrait commencer lorsque la Laurentienne ne sera plus sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC). Cependant, la Revue n’a pas les ressources pour faire de même.

La Revue et l’Institut franco-ontarien ne sont pas dans la liste des créanciers publiée en février.

Le volet Laurentienne du Consortium national de formation en santé (CNFS) est aussi partiellement paralysé. Des projets approuvés avant le 1er février — date d’entrée en vigueur de la LACC — ne peuvent pas pour l’instant être honorés.

Michel Laforge a travaillé pour le CNFS pour la production de balados. Il a appris cette semaine qu’une partie de l’une de ses factures, datée de janvier, ne pourrait pas être payée. 

«J’ai répondu en disant : “si un plombier vient installer une toilette le 12 février à la Laurentienne, mais qu’il achète sa toilette, les matériaux, au mois de janvier, ils vont quand même le payer”?», ironise-t-il.

Il comprend que les ordres viennent de plus haut et il n’en veut pas aux employés du CNFS, qui se confondent en excuses. Mais il trouve la situation quand même injuste. 

«Tout ça se répercute sur des gens qui n’ont rien à voir avec la situation financière de la Laurentienne, fait-il valoir. Je n’ai pas l’argent pour embaucher un avocat pour aller chercher 90 piastres.» Ni le temps pour le faire lui-même.

Au début février, la professeure associée Isabelle Carignan avait bon espoir d’avoir accès à une subvention qui lui avait été accordée par le CNFS pour la production d’une vidéo. Tout était en place pour commencer. Il semblait simplement y avoir plusieurs obstacles administratifs à traverser pour y arriver. Elle a finalement décidé de ne pas attendre et d’emprunter les fonds ailleurs, en espérant que le CNFS pourra la rembourser plus tard.

Elle avait aussi obtenu des fonds pour payer une assistante de recherche bien avant le 1er février. De l’aide dont elle a besoin pour un autre projet. Les embauches ont cependant été gelées à la mi-février, moment où elle essayait d’inscrire l’étudiante qu’elle avait finalement trouvée. 

Bonne nouvelle de ce côté par contre; des fonds du CNFS pour les assistants de recherche sont de nouveau disponibles depuis le 12 mars. Des projets bloqués peuvent reprendre.