Nicole Guertin

Le tourisme expérientiel gagne en popularité au Témiskaming

Deux entrepreneurs francophones serviront de mentors.

Nicole Guertin et Jocelyn Blais ont trouvé une niche fort intéressante lorsqu’ils ont commencé à s’intéresser au tourisme expérientiel. Ils partageront désormais le savoir acquis avec des entrepreneurs francophones du Témiskaming ontarien via des formations et ateliers financés par le gouvernement provincial.

«Après avoir proposé aux touristes nos activités de présentations historiques et de ponton ou de kayak sur le lac Témiscamingue, on s’est vite rendu compte que ce n’était pas assez. Il fallait augmenter les expériences à leur offrir», constate Nicole Guertin, copropriétaire de l’auberge Les Suites des Présidents à Haileybury.

Pour offrir des formations en français sur le tourisme expérientiel dans le Témiskaming, l’entreprise a obtenu 50 000 $ du Programme d’appui à la francophonie ontarienne (PAFO) du ministère des Affaires francophones de l’Ontario.

D’autres partenaires s’associent au projet à la hauteur de 50 000 $ : le centre culturel Artem, l’association touristique Northeastern Ontario Tourism, les Entreprises Témiskaming et la municipalité de Temiskaming Shores.

Cette dernière ajoute 10 000 $ au projet, y voyant un outil de développement de la communauté. «Le tourisme expérientiel devrait attirer plus de gens et sera disponible à toutes les autres formes d’hébergement», estime l’agent de développement à Temiskaming Shores, James Frank.

Un métier de passion

«Les touristes veulent plus que des lieux ou des musées à visiter. Les touristes qui viennent au Témiskaming veulent rencontrer les gens d’ici», précise Nicole Guertin. Soirées historiques, chasse au trésor ou randonnée en raquettes, toutes les raisons sont bonnes pour se glisser dans le quotidien des résidents.

«Les formations visent à développer la bonne façon de vendre ces expériences», ajoute James Frank. À la première rencontre, 45 personnes ont manifesté de l’intérêt. De ce nombre, 24 sont prêts à développer une expérience : 12 en français et 12 en anglais.

Nicole Guertin insiste : «Ce sont des gens passionnés par leur activité et qui sont prêts à la partager avec des inconnus en visite dans la région. Ce qui intéresse les touristes, c’est de rencontrer des experts locaux dans leur champ d’activité. Ces expériences seront aussi ouvertes aux gens de la région ou aux nouveaux arrivants qui veulent trouver des façons de s’intégrer au milieu.»

Un répertoire de tourisme expérientiel à Temiskaming Shores sera créé sur la plateforme Airbnb. Il pourrait comprendre la visite d’un rucher, d’une ferme de bison ou encore d’un site de la région, comme Devil’s Rock. Au cours de cette randonnée, le guide mettrait en valeur la géologie, la botanique, le folklore local et l’origine du nom.

Des bénéfices considérables

La moitié de la formation de 12 heures est consacrée au développement de l’expérience touristique : sa description, sa durée, les dates et autres paramètres. Trois heures sont consacrées au markéting et les trois dernières portent sur la gestion de l’expérience : l’accueil, les assurances et la gestion du groupe de touristes. Nicole Guertin veut s’assurer de couvrir tous les aspects.

Le tourisme expérientiel nécessite d’ordinaire peu d’investissements, puisque la personne qui décide de s’y lancer exerce déjà elle-même l’activité par passion. Le revenu d’appoint généré peut être intéressant, tout autant que l’aspect humain d’accueillir des touristes de partout. Un autre aspect non négligeable : la reconnaissance de la communauté envers ceux qui mettent leur cœur pour faire rouler l’économie locale.

Nicole Guertin ne cache pas son enthousiasme ; elle n’a pas encore terminé la formation au Témiskaming qu’elle a déjà des demandes d’autres communautés du Nord de l’Ontario, dont Hearst et Kapuskasing.

«Nous sommes convaincus des gains pour toute la communauté et ça placera le tourisme à Temiskaming Shores en tête de peloton de plusieurs régions du nord-est de l’Ontario», confirme James Frank.

Nord-Est Ontario

Plusieurs solutions ont été soulevées à la conférence Viens au Nord à Temiskaming Shores.

La pénurie de main-d’œuvre qui ne semble pas s’arranger et la hausse prévue des départs à la retraite dans les prochaines années font craindre le pire aux responsables d’entreprises du Nord-Est ontarien. Heureusement, plusieurs solutions ont été soulevées à la conférence Viens au Nord à Temiskaming Shores, dont l’idée d’accueillir 100 000 nouveaux arrivants dans les prochaines années.

D’ici 2036, c’est près de 48 % de la population active qui sera à la retraite d’après Julie Joncas, de la Commission de formation du Nord-Est (CFNE). L’urgence se fait sentir et plus de 150 personnes se sont rassemblées du 11 au 13 février pour discuter des actions à prendre afin de mieux accueillir et retenir les nouveaux arrivants qui choisissent de s’installer dans le Nord.

Grand Sudbury

De 40 à 50 heures en trois semaines pour s’inscrire, surveiller et contrer…

Christian Howald estime avoir passé de 40 à 50 heures en trois semaines pour contrer des fraudes faites avec son identité. Il y a eu pour le moment neuf tentatives et certaines ont réussi. Son expérience avec Equifax et TransUnion est loin d’être positive, le meilleur appui est plutôt venu de Desjardins.

Dubreuilville

Le nombre d’employés de la mine Alamos Gold près de Dubreuilville a doublé au cours des dix dernières années.

Cette vague de nouveaux arrivants s’avère problématique pour la petite municipalité et d’autres villages nord-ontariens, qui font face à une pénurie de logements accentuée par le nombre grandissant d’employés.  

Un recensement dévoile que 15 % des 312 maisons de Dubreuilville seraient inadéquates et auraient besoin de grandes rénovations pour être habitables. Le canton héberge une population d’environ 600 habitants, dont plus de 80 % ont le français comme langue maternelle.

Thunder Bay

Pour soutenir les travailleurs mis à pied par Bombardier à Thunder Bay, le gouvernement de l’Ontario a investi plus de 600 000 $ dans l’ouverture d’un «Centre dédié aux services de formation pour un réemploi rapide». Il est en service depuis le 29 novembre.

D’ici janvier 2020, plus de 450 travailleurs de Bombardier se retrouveront au chômage par manque de contrats à l’usine de Thunder Bay. Sans certitudes quant au moment où ils pourraient revenir au travail, plusieurs risquent de quitter la région.

«Des employeurs nous ont contactés, certains sont à la recherche de soudeurs ou de main d’œuvre en général. [Les travailleurs] ont donc l’option de rester ou de partir et c’est ce qu’on cherche à faire ici, à les aider à évaluer leurs options. Est-ce qu’ils sont ouverts à aller ailleurs au Canada, ailleurs en Ontario, où exactement ?» expose le chef de la section locale 1075 du syndicat Unifor, Dominic Pasqualino.