L’hôtel de ville de Sudbury
L’hôtel de ville de Sudbury

Le télétravail : une réalité inévitable

Philippe Mathieu
Philippe Mathieu
Le Voyageur
À Sudbury, plusieurs travailleurs veulent pouvoir continuer à travailler de la maison.

Selon une étude de la Banque du développement du Canada (BDC), la proportion d’employeurs dont au moins la moitié des employés sont en télétravail a doublé de 21 % à 42 % au Canada pendant la pandémie. L’expérience a permis aux employés et aux employeurs de réaliser que le télétravail n’était pas aussi impossible que ce qu’ils croyaient. Le travail à domicile semble désormais faire pleinement partie de la vie professionnelle.

La BDC a sondé plus de 700 petites entreprises ainsi que 2000 travailleurs canadiens en février et mars pour connaitre leur point de vue quant à l’augmentation du télétravail. Les employeurs et les employés s’accordent sur le fait qu’il y a plusieurs bénéfices des deux côtés. Les employeurs bénéficient notamment d’une réduction de leurs couts de fonctionnement et d’une augmentation de l’efficacité des employés tandis que les employés bénéficient notamment d’un horaire plus flexible et d’une réduction du temps de déplacement. 

Selon l’étude, 74 % des employeurs sondés offriront à leurs employés la possibilité de continuer à faire du télétravail après la pandémie. De plus, 55 % des employés sondés préféraient continuer de travailler à distance autant d’heures ou plus qu’ils ne le font actuellement une fois qu’il sera sécuritaire de retourner au bureau.

Le Nord ne fait pas exception

«Ce fut une expérience d’apprentissage, mais aussi une expérience incroyable. Au plus haut point, nous avions plus de 540 employés travaillant à domicile en même temps. Nous avons actuellement environ 400 employés qui font du télétravail», explique la directrice des ressources humaines et développement organisationnel pour la Ville du Grand Sudbury, Joanne Kelly. 

Elle reconnait que le travail à domicile apportait des défis différents pour chaque employé et chaque famille. «Je n’ai pas eu les mêmes problèmes que ceux qui ont des enfants à élever à la maison qui doivent suivre l’école en ligne», explique-t-elle. 

La Ville du Grand Sudbury offrira à ses employés le choix de décider comment ils travailleront dorénavant. Ils ont pour l’instant reçu environ 240 demandes d’employés pour travailler à domicile à temps plein ou à temps partiel.

Joanne Kelly souligne que le personnel a vraiment fait preuve de résilience pour fournir un excellent service et persévérer dans les moments difficiles de la pandémie. «Nous avons dû nous déplacer assez rapidement pour utiliser la technologie d’une manière dont nous n’avions jamais vraiment eu besoin. Tout le monde s’est mobilisé pour travailler ensemble pour que cela fonctionne.»

Là où il y a une vie de bureau, il y a du télétravail

Le travail à domicile a aussi été la norme dans le secteur financier. «Rapidement, certains de nos employés ont été déployés en télétravail et ils le sont encore», dit la directrice des ressources humaines pour Desjardins Ontario, Line Haché. 

Pour le moment, la coopérative financière a décidé que les employés qui sont actuellement en télétravail y resteront jusqu’au mois de septembre. «La priorité de Desjardins [est] d’offrir à ses membres, clients et employés un environnement sécuritaire», précise Mme Haché. 

La caisse populaire continuera ses évaluations cet été pour adopter un plan pour offrir à ses employés le choix de travailler à domicile. 

La directrice des ressources humaines ajoute que la pandémie a changé de façon permanente la façon dont les gens mènent leurs affaires avec une forte poussée vers les services bancaires en ligne et aux guichets automatiques. «Une chose est certaine, la pandémie aura apporté de profonds changements qui resteront dans le temps. […] Nos membres et clients se sont rapidement tournés vers les solutions numériques.»