Le Nord de l’Ontario a bien géré les effets de la pandémie

Philippe Mathieu
Philippe Mathieu
Le Voyageur
Le chef statisticien du Canada, Anil Arora, révèle que le Nord de l’Ontario peut célébrer : les affaires ont rebondi plus rapidement que dans d’autres parties du pays et le déclin de la population semble appartenir au passé.

«Le Nord de l’Ontario est une partie très, très importante du Canada. Vous êtes vraiment l’épine dorsale de ce pays, cultivant notre nourriture et gérant nos ressources naturelles», souligne Anil Arora lors d’une présentation en ligne le 14 juin.

Le chef statisticien indique que les effets de la pandémie face aux pertes d’emplois ont été plus importants dans le Nord-Ouest de l’Ontario, avec une baisse plus marquée que le Canada et l’Ontario. De février à mai 2020, le nombre total d’emplois dans la région a diminué de 12 800 (12,9 %). Dans le Nord-Est, la perte a été de 17 100 emplois (6,8 %).

Les secteurs qui ont enregistré le plus grand nombre de pertes d’emplois dans le Nord-Est sont le commerce de gros et de détail, le transport et l’entreposage, les services publics, la construction, les services d’hébergement et de restauration. Les secteurs qui sont restés les plus performants sont l’administration publique, les services professionnels, scientifiques et techniques, les services de finance et d’assurances ainsi que les services immobiliers.   

Anil Arora, le chef statisticien du Canada.

Rebond plus important

Bien que le Nord ait vu un ralentissement économique au cours de la dernière année, les affaires ont rebondi plus rapidement que dans la province et le reste du Canada grâce à l’assouplissement des restrictions sanitaires.

«Le Nord de l’Ontario n’a pas été touché aussi durement par la pandémie que ma propre province de l’Alberta, par exemple. […] Le mois de mai dernier a été le plus durement touché, avec 13 % des entreprises fermées comparativement à 5 % dans le Grand Sudbury.»

Bien que le rebondissement économique soit plus avancé que la moyenne provinciale, le choc initial a été difficile pour la région. «Rester ouvert n’est pas la même chose qu’être rentable. [...] Presque quatre entreprises sur dix dans le Nord de l’Ontario ont vu leurs revenus chuter de 40 % ou plus. À l’échelle provinciale et nationale, c’est environ deux personnes sur dix qui ont connu le même sort.»

Fin du déclin de la population

En général, la tendance du vieillissement de la population a été constante au cours de la dernière décennie dans le Nord ontarien. Retenir les jeunes dans la région est depuis toujours un défi. Attirer d’autres résidents à venir vivre dans la région l’est tout autant.

Cependant, selon le statisticien en chef, ces tendances pourraient appartenir au passé.

«La population du Nord de l’Ontario a en fait augmenté progressivement au cours de ces 5 dernières années après plus de 10 années de déclin consécutif. Cette croissance est surtout due de façon surprenante à l’immigration internationale, car la région enregistre plus de décès que de naissances en raison du plus grand nombre de personnes âgées que le Sud de l’Ontario et du plus grand nombre de jeunes qui partent vers d’autres parties du pays. […] De plus, le Nord de l’Ontario compte plus d’enfants de moins de 14 ans que le reste de la province grâce aux bénédictions de nombreux peuples autochtones de cette région.»

La plus grande ville de la région, le Grand Sudbury, semble profiter le plus des tendances à la hausse. «Le Grand Sudbury a connu la plus grande augmentation de population ces derniers temps», explique Anil Arora.