L’aéroport d’Earlton-Timiskaming peu affecté par la COVID-19

Il reste un outil de développement économique.

Le petit aéroport ne recevant pas de passagers, la COVID-19 n’y est pas aussi dommageable qu’ailleurs. Le directeur, Harold Cameron, indique seulement qu’une équipe d’arpenteurs qui devait y venir ne s’est pas présentée. «Pas grand-chose de différent du quotidien» à Earlton-Timiskaming!

«L’aéroport constitue un important outil de développement économique ; il est en bonne santé et vibrant d’activités», affirme pour sa part le président de l’administration aéroportuaire, Carman Kidd, qui est également maire de Temiskaming Shores.

D’importants travaux de rénovation

Grâce à un investissement de 318 000 $ octroyé en janvier 2018 par l’organisme de développement économique FedNor, six nouveaux hangars, tous loués, servent aujourd’hui les amateurs à l’aéroport d’Earlton-Timiskaming.

De plus, l’aéroport a maintenant de nouveaux réservoirs de carburants d’avion de 30 000 litres, un nouveau système d’éclairage d’atterrissage et une génératrice pour ce système. L’automne dernier, la surface des pistes a été réparée et cet été, la peinture sera refaite.

L’amélioration la plus importante sera toutefois celle de la société Nav Canada : cet été, elle installera un système d’aide à la navigation qui facilitera grandement l’atterrissage des avions.

Ce système permettra à l’aéroport de servir d’alternative à celui de Rouyn-Noranda en cas de brouillard ou d’autre problème. «Heureusement que nous avons maintenu la certification de Transport Canada!», fait remarquer Harold Cameron.

Les populaires courses «Drag N’ Fly» ne pourront toutefois plus avoir lieu à l’aéroport d’Earlton-Timiskaming. «Les assurances et la nécessité de fermer l’aéroport pour l’occasion représentent un trop grand risque», explique Carman Kidd.

Carman Kidd est président de l’administration aéroportuaire et maire de Temiskaming Shores.

Au service des municipalités

Même s’il n’accueille pas de passagers réguliers parce que le cout du billet serait trop élevé, autour de 600 $, le petit aéroport est tout de même au service des citoyens. Le service d’ambulance aérienne sert entre 20 à 25 fois par mois pour le transport de patients ou pour faire venir des produits sanguins.

Il est évalué que les quelque 35 000 résidents du district de Timiskaming payent environ 9,33 $ par année pour les services de l’aéroport. «C’est pas cher comme assurance pour des malades qui doivent être transportés à Toronto», estime M. Kidd.

L’aéroport sert aussi aux industries locales et peut jouer le rôle de base en cas de feux de forêt. En moyenne, l’aéroport accueille annuellement 2500 arrivées et départs d’aéronefs, dont 350 pour le service ambulancier. Une année fait exception : en 2017, lors des feux de forêt, ce chiffre est grimpé à 23 396 utilisations avec les 17 hélicoptères.

Le futur est dans l’éducation

D’après Carman Kidd, l’aéroport permet de sauver des vies dans les petites municipalités. D’autres y voient un outil pour générer des affaires, ce que le maire de Temiskaming Shores apprécie également : «Nous recevons régulièrement des gens d’affaires qui viennent visiter la région et, avec les prix exorbitants des autres aéroports, la nôtre est une alternative intéressante.»

Pour Harold Cameron, l’avenir de l’aéroport passe par une école de pilotage : «En 1974, alors qu’il y avait une école, 200 pilotes amateurs dans la région utilisaient les pistes. Aujourd’hui, il reste environ 40 pilotes. Piloter un avion devient rapidement une passion et avec plus de pilotes, l’utilisation et les revenus de l’aéroport seraient alors augmentés sensiblement.»

Quant à Carman Kidd, il a un message de tout autre ordre : «Il faut faire savoir que le Nord de l’Ontario est encore ouvert pour les affaires ; ouvert pour accueillir de nouvelles personnes et, surtout, pour générer de nouveaux emplois.»