Lise et Kyana de l’équipe potager de la Maison verte, en compagnie de leur collègue Sylvie, prêtes à la distribution des paniers de La Maison Verte.
Lise et Kyana de l’équipe potager de la Maison verte, en compagnie de leur collègue Sylvie, prêtes à la distribution des paniers de La Maison Verte.

La Maison Verte : le marché qui va à vous

Andréanne Joly
Andréanne Joly

Il n’y a plus de marché des producteurs à Hearst depuis quelques années. Mais c’est un moindre mal pour les gens qui souhaitent manger local : pour une 11e saison, La Maison Verte offre son service de paniers qui s’étend sur 12 semaines. 

Alors que 32 paniers de légumes étaient distribués en 2011, l’entreprise sociale prépare maintenant 55 paniers par semaine : 40 formats familiaux et 15 plus petits. C’est d’ailleurs une nouveauté : La Maison Verte s’est adaptée à la clientèle qui trouvait les paniers un peu trop volumineux pour ses besoins.

Pour assurer de la variété, les paniers sont montés avec l’aide de producteurs locaux. La Ferme Blais de Hearst fournit les navets blancs, la ferme Pelletier de Jogues les betteraves et la ferme Sylvain de Kitigan les carottes et les pommes de terre. «Pour nous, c’est une autre façon d’atteindre notre mandat social de création d’emplois», précise la directrice générale, Manon Cyr.

À la semaine, l’adaptation est une clé : «La deuxième semaine, on avait un surplus de concombres : j’ai fait des petits pots de pickles, dit la directrice. L’année passée, on a fait différents pestos. On fait découvrir toutes sortes de choses.»

Pour diversifier

Le projet maraicher se veut complémentaire à la saison des fleurs, qui finit en juin. En effet, les six premiers mois de l’année, La Maison Verte fait pousser des fleurs à la douzaine, notamment pour la préparation d’arrangements floraux. «On a réussi malgré la compétition de chaines qui vendent des produits en deçà de nos couts de production à nous», plaide Manon Cyr.

C’est l’activité la plus complexe de La Maison Verte, estime-t-elle. «J’ai deux semences de tomates et une de concombre; c’est tout arrosé de la même façon. Pour les fleurs, il y a une cinquantaine de variétés, avec des besoins différents.» S’ajoute le défi esthétique : l’entreprise conçoit tous les paniers de la Ville et ceux de quelques commerces. 

La Maison Verte de Hearst prépare 55 paniers par semaine pendant 12 semaines.
Un surplus de concombres? La Maison Verte prépare des marinades pour ses paniers.

Bientôt 40 ans

Ce potager vise à diversifier les activités de La Maison Verte, qui repose surtout sur la production de semis forestiers, achetés par l’industrie forestière pour reboiser les zones de coupe. 

D’ailleurs, une nouvelle serre chauffée se dresse sur le terrain de La Maison Verte, «un projet d’un million à travers la pandémie», se félicite la dirigeante, d’autant plus que l’entreprise sociale s’apprête à célébrer son 40e anniversaire. «On est fiers de voir qu’on a maintenu le rêve d’un groupe de femmes.» 

Faut-il le rappeler, La Maison Verte a été fondée en 1982 par l’Association Pluri-Elles pour fournir de l’emploi aux femmes. «Il ne faut pas oublier d’où l’on vient. On va les fêter, nos 40 ans», dit Mme Cyr, déterminée. «On va honorer ces femmes-là. On n’a peut-être pas de gros salaires, mais on a une fierté qui vaut plus que ça.»