Le Quickee-Mart de Dubreuilville.
Le Quickee-Mart de Dubreuilville.

Fermeture de la mine Island Gold et de l’épicerie à Dubreuilville

La communauté isolée n’a pas de cas, mais ne tente pas sa chance. 

Malgré l’exemption de la province, la mine Island Gold de Dubreuilville a suspendu ses opérations le 25 mars. Le petit village ne compte toujours pas de cas de COVID-19, mais les commerces et la plupart des résidents s’unissent — figurativement — afin d’éviter le pire. 

Dans sa liste des lieux de travail essentiels, le gouvernement Ford fait mention de la catégorie «Ressources et énergie», sous laquelle tombent les mines. La compagnie Alamos Gold a tout de même décidé de suspendre ses activités sur le site de sa mine Island Gold à Dubreuilville, et ce, jusqu’au 22 avril avec possibilité de prolongation.

«À la mine Island Gold, nous sommes uniques : notre camp est au centre du village, alors il y a un gros impact communautaire, rappelle le directeur général, Austin Hemphill. Notre force ouvrière était de plus en plus concernée. Les gens étaient présents physiquement, mais pas nécessairement présents mentalement. On veut s’assurer de faire ce qu’il y a de mieux pour notre force ouvrière et la communauté.»

«Dans le district d’Algoma, il n’y a pas un grand appui médical et c’est une profession qui est très occupée, donc on ne voudrait pas empirer les choses. La nouvelle [de la suspension des activités minières] a bien été reçue par la force ouvrière et la communauté», enchaine M. Hemphill.

Dans d’autres communautés où les mines vont de l’avant avec leurs projets, l’inquiétude réside du côté des va-et-vient des travailleurs. «Beaucoup de résidents de Red Lake étaient frustrés parce que la mine fonctionnait comme à la normale. Apparemment, ils ont maintenant arrêté les travailleurs fly-in, fly-out», indique l’agente de liaison communautaire de l’Association francophone de Red Lake, Agathe Breton-Plouffe.

Les entreprises locales prennent des mesures 

Le 27 mars, la seule épicerie de Dubreuilville, Lacroix Freshmart, a aussi fermé ses portes et prépare maintenant les commandes par téléphone, prêtes à être ramassées ou livrées à domicile. En offrant ce service, les propriétaires espèrent que les gens pourront demeurer chez eux en toute sécurité.

Une décision difficile à prendre, mais essentielle au bienêtre des employés et des clients, ont indiqué Nathalie et Alain Lacroix via la page Facebook de l’entreprise. «Nous avons toujours eu notre communauté à cœur et nous voulons continuer à être disponibles et présents pour longtemps.»

Quant au dépanneur local, le Quickee-Mart, ses heures d’ouverture sont réduites et le gérant de l’entreprise familiale, Luc Levesque, trouve difficile de se procurer certains aliments.

«On est restreint dans le nombre de choses que l’on peut acheter. Je dois constamment chercher où je peux trouver des produits. Le Kraft Dinner est rendu comme de l’or! On n’est pas capable d’en avoir», illustre M. Levesque. Pour le fameux papier de toilette, le responsable assure qu’ils sont bien stockés, mais il n’a toujours pas été en mesure de dénicher du gel hydroalcoolique.

Les produits alimentaires y sont en forte demande en raison de la pandémie de la COVID-19.

Pour le moment, le gérant ne trouve pas nécessaire de limiter le nombre de clients. «Les gens sont assez respectueux. Le pire, ce sont les enfants. On dirait que les parents ne les ont pas informés au sujet de la COVID-19. Ils sont en groupe, viennent souvent et je sais qu’ils ne vivent pas dans la même maison. Tu leur dis de respecter les clients qui viennent au comptoir et ils te regardent en voulant dire “qu’est-ce que tu veux dire?” Ils n’ont aucune idée», déplore M. Levesque.

Malgré qu’il ait réduit sa journée de travail de deux heures, le gérant constate qu’il est plus épuisé que d’habitude à la fin de la journée. «Il y a toujours quelque chose. Tu dois surveiller tout le monde qui entre et leur dire de reculer, tout désinfecter et te laver les mains souvent. Il y a toujours quelque chose et ta tête travaille toujours. Certains arrivent du bois avec les mains noires et tu te dis qu’eux autres ne se sont pas lavé les mains depuis un bout!»