France Gélinas avec des employés sur le piquet de grève avec un membre de la communauté qui leur apporte de la nourriture.
France Gélinas avec des employés sur le piquet de grève avec un membre de la communauté qui leur apporte de la nourriture.

En grève pour les futurs employés

Philippe Mathieu
Philippe Mathieu
Le Voyageur

Les membres de l’unité 6500 du United Steelworkers de Vale à Sudbury sont en grève depuis le 1er juin. Bien que les discussions se poursuivent entre le syndicat et l’employeur pour trouver une résolution, la majorité des travailleurs sont sur les lignes de piquetage pour «défendre les futurs employés», dit un employé qui préfère garder l’anonymat. 

La communauté semble être derrière eux. Quelques résidents leur ont rendu visite, leur ont tenu compagnie et leur ont apporté à manger et à boire.

Le syndicat représente environ 2600 employés à Sudbury. Le 31 mai, 87 % de ces employés ont voté à 70 % contre la proposition de l’employeur. Ils défiaient ainsi la recommandation de l’équipe de négociation du syndicat.

Selon les employés rencontrés sur les lignes de piquetage, la principale raison de leur opposition  est la demande de Vale de retirer à tous les nouveaux employés — mais pas les employés actuels — les avantages sociaux après leur retraite. Les travailleurs sur les piquets de grève sont donc là pour les futurs employés. 

«Nous devons porter toutes sortes d’équipements lorsque nous travaillons au smelter et, même avec ça, on n’est pas complètement protégés. Nous avons probablement des chances de 30 à 40 % de contracter une sorte de cancer icitte et c’est probablement un guess très bas», explique un employé de la fonderie de la mine Coleman à Copper Cliff. L’employé a préféré garder l’anonymat pour protéger son emploi. 

«Ils me disent que, pour plusieurs, leur emploi a des conséquences sur leur santé. Ils voient le haut taux de maladies de ceux qui ont pris leurs retraites», dit la députée de Nickel Belt, France Gélinas. Elle a visité le 4 juin la mine Coleman à Levack et la fonderie de Copper Cliff. 

«Ce n’est pas facile d’être sur les lignes de piquetage au grand soleil. Personne ne veut être là, c’est incroyablement difficile. C’est une affaire de 24 heures sur 7 jours», souligne-t-elle. 

Au moment d’écrire ces lignes, la capitalisation boursière de Vale était estimée à environ 115 milliards $. «Il est ridicule qu’une entreprise très riche comme Vale essaie de priver ses travailleurs des prestations de santé qu’ils méritent. Tous ceux que je connais en dépendent tout de suite et spécialement lorsqu’ils prendront leur retraite», a déclaré un autre travailleur.

«Personne n’espère voir une grève d’un an comme on a vu il y a un peu plus de 10 ans», dit un autre employé.

Un employé de Vale sur les lignes de piquetage avec sa fille.