Ça roule à la banque alimentaire

Andréanne Joly
Andréanne Joly
«J’aimerais remercier tout le monde qui appuie la banque alimentaire et qui est si généreux pour leur communauté.» La présidente de la banque alimentaire Le Samaritain du Nord de Hearst, Annie Rhéaume, donne le ton : l’organisme va bien.  La communauté de donateurs ne l’a pas lâché malgré la pandémie.

Mme Rhéaume enfile les exemples d’initiatives qui se poursuivent : l’Église anglicane et ses paroissiens font un généreux don des denrées tous les mois. En décembre, les paramédicaux ont fait leur habituelle collecte de denrées dans la collectivité, les Chevaliers de Colomb et le Club Action ont remis de l’argent pour ajouter des chèques-cadeaux aux boites de denrées distribuées juste avant Noël. De nombreux citoyens versent des dons en argent aussi. 

«Chaque fois, je n’en reviens pas. On n’a pas à faire de levées de fonds», lance Mme Rhéaume. 

Adaptations volontaires

Pourtant, les banques alimentaires du Canada ont connu des mois difficiles : augmentation de la clientèle, denrées parfois difficiles d’accès, diminution des ressources humaines. Au Canada, le manque de bénévoles a frappé plus de quatre banques alimentaires sur dix. 

Ça n’a pas été le cas à Hearst, puisque dès avril, le Samaritain du Nord a réduit ses équipes de son propre chef pour éviter toute propagation du coronavirus. «À cause des restrictions, on ne voulait pas avoir trop de bénévoles sur place, explique la présidente. On aimait mieux être restreint et exposer moins de monde. On leur a dit de revenir quand ce sera replacé.»

Le flot de circulation à même la banque alimentaire a aussi été adapté pour éviter que la clientèle se croise. 

Achalandage en hausse de 14 %

En nombre, l’augmentation de la clientèle a été relativement limitée : on parle d’une dizaine de nouveaux foyers, pour une distribution totale de 84 boites de denrées en décembre — Le Samaritain du Nord prévoit une distribution par mois. Ce sont surtout les pertes d’emplois qui expliquent l’augmentation. 

Au Canada, les principaux utilisateurs des banques alimentaires sont les personnes ainées et les nouveaux arrivants. À Hearst, on compte aussi les personnes handicapées recevant des pensions de soutien du revenu. Les nouveaux arrivants, surtout des étudiants universitaires, constituent une clientèle occasionnelle, puisqu’ils se trouvent rapidement des emplois, explique Annie Rhéaume : «Ils viennent le temps de se trouver un emploi. D’autres reviennent de temps en temps, mais ce n’est pas sur une base régulière.»

Optimisme pour 2021

L’année 2021 s’annonce-t-elle inquiétante, pour le Samaritain du Nord? Pas du tout. «Les gens donnent de l’argent, des denrées non périssables, rappelle Annie Rhéaume. On est très chanceux. On n’a pas eu besoin de faire de prélèvement de fonds. Tout se fait tout seul.»

Mme Rhéaume avoue avoir une pensée pour les banques des plus grands centres. «Je me dis qu’ils doivent avoir beaucoup plus de misère. Nous autres, on est bon pour tenir toute l’année, probablement.»