La meunerie de la Coopérative Régionale de Nipissing-Sudbury à Verner
La meunerie de la Coopérative Régionale de Nipissing-Sudbury à Verner

70e anniversaire d’un important pilier économique rural

Éric Boutilier
Éric Boutilier
Le Voyageur

La Coopérative Régionale de Nipissing-Sudbury fête ses 70 ans de service en 2021. Cette entreprise détenue par ses membres est aujourd’hui un fournisseur de référence dans la vente de propane, de carburant, de cultures et de moulée de même qu’un exploitant d’épiceries, de quincailleries et de centres d’agriculture.

Basé à Verner, la CO-OP Régionale doit son existence à la fusion de cinq entreprises collectives de la région de Nipissing Ouest et de Sudbury Est. Les administrateurs des coopératives de Desaulniers, de Lavigne, de Noëlville, de St-Charles Borromée et de Verner ont mis en commun leurs efforts afin de mieux servir leurs clients.

«Il y a eu un mouvement chez les francophones [dans les années 1940] que, si on voulait prendre notre place au point de vue économique, il fallait travailler ensemble et former des coopératives», raconte l’historien et membre du conseil d’administration de la CO-OP Régionale, Gérald Beaudry.

«Elles étaient cinq petites coopératives et, comme de raison, elles n’avaient pas de pouvoir d’achat. Les dirigeants de l’époque ont décidé de se parler et de dire : “si on se fusionnait, peut-être qu’on pourrait créer des économies, faire de meilleurs achats et solidifier la coopérative”. C’est comme ça que la Coopérative Régionale est née en 1951.»

La CO-OP Régionale a connu de nombreux changements dans son histoire. Elle a possédé une flotte de camions laitiers entre 1961 et 1996 et une des épiceries à Desaulniers, Field, Lavigne, St-Charles et Sturgeon Falls. 

Les dirigeants ont aussi dû relever plusieurs défis. Des brasiers ont détruit la meunerie de Verner et le magasin de Noëlville en 1959 et un autre magasin de Verner en 1975. L’entreprise a également dû faire face à la concurrence des grandes chaines et à l’émergence du commerce en ligne.

La CO-OP reste néanmoins un pilier chez les agriculteurs, commerçants et résidents de petites communautés du district d’Algoma, dans le Grand Sudbury et dans plusieurs coins du Nipissing, de la Rivière des Français et dans le Témiskaming ontarien.

«Dans les régions rurales, c’est la nature la CO-OP de desservir des producteurs et des gens qui appartiennent des animaux ou qui ont des fermes», souligne le directeur général, Denis Castonguay. 

«Dans le passé, la CO-OP avait beaucoup de magasins d’épicerie dans ces petites communautés. Tranquillement, avec les années, la démographie a changé. Où on pouvait garder une présence qui avait du sens économiquement, on a maintenu notre présence dans ces territoires. C’est la raison qu’on est toujours dans des secteurs plus ruraux qu’urbains», poursuit-il.

L’avenir semble prometteur pour la CO-OP Régionale. Un nombre grandissant d’agriculteurs venant du sud de la province se dirigent vers les régions moins peuplées mais plus abordables du nord pour pratiquer leur métier.

Les administrateurs de la CO-OP ont fait des investissements pour moderniser entre autres l’élévateur de grain de Verner (entre 1998 et 2000) et commencer à vendre du propane en 2017 pour des usages agricoles, commerciaux et résidentiels.

«Il y a définitivement de la place pour une coopérative dans le Nord de l’Ontario, car il y a actuellement un développement agricole qui se fait qui a beaucoup d’importance», précise Gérald Beaudry. «Il y a beaucoup de cultivateurs qui veulent agrandir, donc ils achètent les voisins. Mais il y a aussi un phénomène d’immigration de cultivateurs du sud de l’Ontario, où c’est presque impossible d’agrandir leurs opérations à cause du prix des terres.»

«Ils vendent à gros prix dans le sud et viennent acheter [des terres] ici à un prix modique par rapport au prix de Sud de l’Ontario. Ils viennent s’installer dans le Nord de l’Ontario», décrit l’historien.