Titre provocateur, propos viscéral

Julien Cayouette
Julien Cayouette
Le Voyageur
Conversation avec mon pénis sera présenté à Sturgeon Falls le 7 mars

Oui, le titre est provocateur, mais le traducteur et interprète de la pièce comique Conversation avec mon pénis, Marc-André Thibault, a choisi de produire cette pièce parce qu’elle présente beaucoup plus qu’un humour grivois. Il s’agit plutôt d’une introspection dans la vie d’un homme, ses angoisses, ses questionnements et ses bonheurs qu’il sera possible de voir à Sturgeon Falls le 7 mars.

La pièce est découpée en cinq actes qui se déroulent à différents moments de la vie de Tom, entre 15 ans et 55 ans. C’est la relation entre les deux «personnages» qui est au cœur de la pièce et qui évolue évidemment avec le temps. Les préoccupations de l’adolescent qui se demande s’il va un jour avoir une «blonde» sont différentes de l’homme un plus vieux qui fait face à l’infidélité ou celui proche de la retraite qui commence à connaitre des problèmes de santé.

La version originale de Conversation avec mon pénis a été créée en Nouvelle-Zélande et c’est là que M. Thibault l’a découverte. «Je me suis dit “il faut que je ramène ça au Québec”.»

L’intelligence avec laquelle l’auteur manie l’humour est l’un des points qui l’a le plus attiré. «On peut penser qu’on tombe dans quelque chose de facile ou de vulgaire, mais ce n’est pas le cas et c’est ce qui ressort beaucoup de ce que les gens disent quand ils viennent le voir. On parle de sujets qui peuvent être délicats, mais qui sont abordés de façon intelligente. On rit, mais rapidement on passe par-dessus les jokes faciles et on entre dans une réflexion.»

Pas seulement masculin...

Le directeur du Conseil des arts de Nipissing Ouest, Dany H. Poulin, confirme que c’est le fruit du hasard et des disponibilités qui font que la pièce est présentée la veille de la Journée internationale de la femme. De toute façon, l’interprète juge que les femmes, autant que les hommes, pourront tirer quelque chose du texte.

«Ça m’a beaucoup surpris à quel point il y a beaucoup de femmes qui m’ont dit que ça leur permettait de comprendre un peu mieux ce qui se passait à différentes étapes de la vie d’un homme. Les commentaires que j’ai trouvé les plus intéressants, c’est quand des femmes me disent : “Moi j’ai deux garçons qui arrivent à la puberté et on dirait que ce show-là me permet de comprendre un petit peu mieux tout le genre de questionnement et de pression que notre société peut mettre sur nos garçons”.»

Autre surprise, c’est une femme qui est dans le costume du pénis. Les deux versions possibles ont été testées en Nouvelle-Zélande. «On m’avait dit que je pouvais choisir de mettre un homme, mais on m’a garanti que c’est plus efficace avec une femme, parce que ça rend la chose un peu plus universelle. On sort du spectacle entre gars et on entre beaucoup plus dans une relation entre Tom et son pénis.»

L’intention originale était de faire quatre représentations pendant le ZooFest de Montréal en 2016. Finalement, la qualité de la production leur aura permis de présenter la pièce environ 60 fois.

Marc-André Thibault est diplômé du Conservatoire d’art dramatique. Après avoir terminé ses études il y a 10 ans, il a fondé le Théâtre Bistouri, qui compte déjà six productions à son actif, dont certaines qui sont en ce moment présentées en tournée. Les sujets varient, «mais ce qui les relie, c’est qu’on aime beaucoup marier l’humour avec le drame». Ils en profitent pour parler de sujets plus difficiles à aborder, mais que l’humour aide à faire mieux passer la pilule.