Chloé Thériault
Chloé Thériault

Tête première dans le cerveau de Chloé Thériault

Julien Cayouette
Julien Cayouette
Le Voyageur
Solo cup en mise en lecture au TNO ce soir

Après Feuilles vives en octobre, Chloé Thériault présentera une nouvelle version de son texte Solo cup dans le cadre de la série Unplugged du Théâtre du Nouvel-Ontario (TNO). Elle espère pouvoir plonger encore plus profondément dans l’univers qu’elle a voulu créer pour la pièce et entrainer les spectateurs avec elle.

Dans cette création, elle explore le rapport des jeunes adultes avec la sexualité. «On a tellement accès à tout en ligne. Alors on se fait vraiment une idée toxique de ce que c’est. Nos attentes sont partout, surtout envers les jeunes femmes.»

Dans Solo cup, trois jeunes femmes dans la mi-vingtaine décident de combattre «le mauvais sexe» en créant un groupe en ligne où elles donnent des formations à la TEDTalks, des conseils, des trucs et répondent à des questions. En arrière-scène, un drame secoue leur vie personnelle.

Chloé Thériault qualifie la pièce de sorte de cours d’éducation sexuelle pour adultes. Surtout d’éléments qui manquent au curriculum actuel. Elle espère attirer les jeunes adultes au théâtre avec ce texte irrévérencieux. «Pour attirer la jeunesse au théâtre, je ne pense pas que ça peut seulement passer par les écoles», affirme-t-elle.

La vingtaine de personnes qui auront la chance de voir la pièce découvriront une version différente de celle qui a été lue lors du festival Feuilles vives de Théâtre Action. Le texte a été disponible sous forme de balado pendant deux semaines, ce qui a permis à plus de gens de lui transmettre des commentaires… qui variaient selon le genre.

«Il y avait des commentaires par des hommes qui se sentaient peut-être un peu attaqués par le texte», dit Chloé Thériault en riant. «Mais j’avais aussi des commentaires de femmes qui trouvaient que c’était vraiment nécessaire et que ça leur parlait.»

Elle s’est retrouvée un peu déchirée entre les deux types de commentaires pour retoucher son texte, mais a décidé de poursuivre la mission qu’elle s’était donnée. Puisqu’elle s’occupera de la mise en scène cette fois, elle a l’intention de faire plonger le public encore plus loin dans l’univers qu’elle a en tête, mais dans les limites que lui offre la mise en lecture.

Elle s’attardera surtout à la livraison du texte, qu’elle croit peut-être difficile en raison du va-et-vient entre l’anglais et le français et l’utilisation d’expressions peut-être méconnues par les comédiennes. «Je veux entendre la version que j’avais dans ma tête, pour voir si ça marche.»

Elle aura l’appui de Dillon Orr pour avoir un point de vue extérieur. «Comme je suis autrice et que j’essaie de mettre en scène, les deux mondes se mêlent des fois dans ma tête», explique-t-elle.

En évolution

La récipiendaire de la bourse Geneviève Pineault du TNO est dans le milieu du processus de création, alors cette version ne sera pas la dernière non plus. Elle a même un peu changé après la première pratique de la semaine dernière.

«C’est encore en développement et je garde cette ouverture d’esprit. Y’a encore des grandes questions que je me pose pour lesquelles je n’ai pas encore les réponses.» Elle espère en trouver avec la mise en lecture, mais ne paniquera pas si les réponses se font encore attendre.

Avec la bourse en poche, elle a l’intention de prendre encore du temps pour travailler le texte au cours de l’hiver.

Elle aborde ce projet comme un grand risque, une chance d’apprendre et de se dépasser. «Je m’étais dit que je prendrais bien des risques et bien des chances.» C’est une des raisons pour laquelle elle a envoyé une première version à Ottawa pour Feuilles vives. La mise en scène à Sudbury est un deuxième défi.

Le texte sera lu le 3 décembre par France Huot, Michael Lemire, Elsa Simbagoye et Darquise Lauzon.