Jocelyn Roy dans le rôle de Léo dans Plats d’émotions
Jocelyn Roy dans le rôle de Léo dans Plats d’émotions

Plats d’émotions : Condensé de production et d’émotions

Julien Cayouette
Julien Cayouette
Le Voyageur
La troupe de théâtre de l’École secondaire Macdonald-Cartier, les Draveurs, a relevé le défi de créer une pièce en pleine pandémie.

La dizaine d’élèves a réussi à impressionner leur enseignante, Jennifer Blanchette, par leur créativité et leur habileté à résoudre des problèmes. 

Dans Plats d’émotions, trois adolescents attendent patiemment — ou non — l'arrivée du professeur de leur cours de cuisine en ligne. Ces trois rôles sont interprétés par Simon Landry (11e), Jocelyn Roy (10e) et Nicholas Desrosiers (10e). Les comédiens confirment que c’est à «100 % une comédie absurde».

Créer une pièce de théâtre en pandémie est tout un défi, surtout avec le constant changement de règlement et de situation sanitaire. La motivation a cependant toujours été au rendez-vous, confirme l’enseignante. Même si elle était arrivée avec des idées, elle a vite pris la décision de laisser les élèves mener la danse et qu’elle serait simplement là pour les guider. «Je suis contente d’avoir fait ça parce que la créativité qu’il y a eu dans ce groupe a été exceptionnelle, dit-elle. Je n’ai jamais eu peur qu’on n’arrive pas à créer quelque chose.»

Le cycle de production a été bien différent des années dites normales. Alors que des équipes pour différents aspects de la production sont habituellement formées, cette fois, chacun devait faire un petit peu de tout lui-même, chez lui. 

D’après les explications de deux des comédiens, le plan était ambitieux. «On voulait le faire de façon théâtrale, pas comme un movie, explique Jocelyn Roy. Donc on a juste enregistré une ou deux fois, un peu comme si c’était sur scène.»

Simon Landry dans le rôle de Hugo dans Plats d’émotions

Simon Landry ajoute que c’est en voyant les pièces présentées à Théâtre Action qu’ils ont décidé du format de leur production. «Beaucoup de personnes ont enregistré des pièces qui ne donnaient pas vraiment un environnement théâtral. C’était plus comme des films avec beaucoup de montage et de l’édition. Ce qu’on a voulu faire, c’est vraiment d’avoir une prise longue de toute notre action puis toutes les mettre ensemble.»

Ce qu’il faut s’attendre à voir, c’est une sorte d’appel Zoom où les comédiens sont tous présents en même temps à l’écran, discutent et interagissent selon la position des autres comédiens. 

Pourtant, chacun a enregistré sa partie seul, avec un téléphone cellulaire, dans sa maison et parfois avec l’aide de sa famille. 

Simon Landry explique que pour réussir le tour de force d’interagir avec les autres comédiens au bon moment sans les avoir devant soi, ils ont d’abord enregistré le son d’une répétition qu’ils pouvaient écouter pendant l’enregistrement de la version finale. 

Ils sont heureux d’y être arrivés, mais Jocelyn Roy a remarqué que c’était un peu plus difficile de se mettre dans le bon état d'esprit. «Les gens ne sont pas vraiment là. C’est difficile d’avoir l’énergie pour faire le show.»

Pour Simon Landry, la difficulté a été de trouver la façon de filtrer les idées de tout «le beau monde qu’on avait». Il est convaincu que personne n’avait la même image en tête de ce qu’ils étaient en train de faire. Lui-même dit l’avoir compris seulement après avoir enregistré sa partie.

Pour Zack Sirard, qui a participé à la mise en scène, la création et la distribution des accessoires a été le moment le plus stressant. Les élèves sont passés à l’école pour recueillir le matériel fourni par l’enseignante puis devaient ramener les accessoires complétés. Finalement, Jennifer Blanchet a fait la distribution. Personne ne pouvait être en retard. «C’était le moment le plus stressant pour nous assurer que tous les acteurs auraient tous les accessoires pour le tournage.»

Les élèves ne sont pas tous devant la caméra, mais tout le monde a contribué à sa façon. Jennifer Blanchet mentionne entre autres Madison Gervais a créé un site web utilisé dans la pièce. Il y a aussi eu la création des accessoires, de l’environnement sonore et conception des maquillages.

Mais l’enseignante lance surtout un gros merci aux familles des élèves. Puisque la production a eu lieu à la maison, les parents et grands-parents n’ont pas hésité à appuyer la fibre artistique de leurs enfants, dit-elle. «Je ne sais pas comment je serai capable de remercier les parents.»

Tout le monde peut regarder gratuitement Plats d’émotions. Il faut simplement se procurer un billet à la billetterie du Théâtre du Nouvel-Ontario (letno.ca), ce qui fournira un lien et un mot de passe pour la vidéo hébergée sur le compte Viméo de Théâtre Action. Le billet donnera accès à un visionnement entre le 16 et le 18 juin.