Nos corps, Notre Terre

Éric Boutilier
Éric Boutilier
Le Voyageur
Les créations de la Franco-Ontarienne Christine Charette et de Kim Kitchen

La galerie WKP Kennedy de North Bay présente une nouvelle exposition artistique pour la première fois depuis le début de la pandémie. Intitulée Our Bodies, Our Land (Nos corps, Notre Terre, traduction libre), l’exposition met en vitrine les créations de Christine Charette et de Kim Kitchen, deux artistes de la région du Nipissing.

Les œuvres de ces femmes sont installées dans les locaux de la galerie au Centre Capitol. L’inauguration a eu lieu le 24 juillet en respectant les mesures de distanciation physique. Au cours des deux prochains mois, les amateurs d’art devront réserver leur visite.

Dans le respect du thème, les artistes se sont inspirées du corps de la femme et de la Terre lorsqu’elles ont voulu développer leurs œuvres. Mme Charette explique qu’elle souhaitait entre autres explorer le rôle de la maternité que jouent la planète et les femmes dans le vécu et l’existence de l’humanité.

«C’est vraiment l’idée que la Terre est notre mère. Elle est aussi comme une femme. La “maman” qui donne toujours [...] et les traitements de son corps [mettent en] parallèle le corps et le traitement de la femme. J’ai des métaphores et des personnifications aussi entre la femme et la Terre. C’est justement pour contempler nos effets [sur la planète]», insiste l’artiste franco-ontarienne.

«Nous avons des thèmes politiques et de guérison pour voir la terre comme quelqu’un aussi qui guérit comme maman — qui nous guérissent et la réciproque entre nous et la terre en étant comme maman. La relation entre parents et enfants, les effets de la maison et nous ou la nourriture et nous. Ce sont toutes des relations qu’on a besoin de contempler.»

La section de l’exposition <em>Room Innate</em> par Christine Charrette
La section <em>Able to disabled</em> de Kim Kitchen

Room Innate

Le sous-thème de l’exposition — Room Innate — est un jeu de mots à partir du mot anglais «ruminate» (réfléchir longtemps), mais avec les termes «chambre» et «inné». Mme Charette a voulu mettre en valeur les espaces créés par les personnes afin de mieux contempler leur vie et aussi pour la vivre.

«Il y en a plusieurs et chacun représente une chambre ou une idée. Il y en a un qui est une petite chambre en forme de cubes — ceux-ci s’appellent Room Innate — et c’est vraiment la représentation de l’espace où moi, comme artiste, et aussi pour plusieurs qui prennent le temps dans la vie de contempler les affaires dans le monde, qui ne sont pas dans un état aveugle», explique-t-elle.

«C’est le temps et l’espace qu’on prend pour contempler nos effets comme un être humain et la durabilité de la planète et comment le futur va pouvoir exister à cause de nos effets sur l’environnement surtout, mais aussi sur les autres. Je trouve que pour certaines de mes œuvres, mes titres sont très importants parce que c’est le dialogue entre les œuvres d’art et ce que je représente. C’est vraiment l’effet que je veux aussi, c’est de contempler avec les mots.»

On retrouve également un nombre d’artéfacts personnels de Mme Charette dans ses œuvres —entre autres des encyclopédies, un lit, des manteaux et de la poterie fabriquée à la main.

L’exposition sera présentée à la galerie WKP Kennedy jusqu’au 26 septembre.