Marlène Rheault
Marlène Rheault

Marlène Rheault : 32 ans à enseigner, écouter, inspirer

Andréanne Joly
Andréanne Joly
Une retraite soulignée par des dizaines de témoignages

Une page se tourne, à l’École secondaire catholique de Hearst : Marlène Rheault, enseignante d’art depuis septembre 1989, a pris sa retraite le 31 janvier après 32 ans de loyaux services. 

Elle laissera une marque indélébile dans son école, estime la directrice Nancy Lacroix, en tentant de résumer trois décennies d’enseignement. À travers les qualificatifs, une phrase se dégage : «Elle a fait naitre dans la salle de classe un climat de sécurité et d’écoute». 

Des dizaines de témoignages

Les anciens élèves n’entendaient pas passer ce départ sous silence. À ce jour, une cinquantaine d’entre eux ont livré des témoignages vidéos que la jeune retraitée — qui fait de la suppléance — voit tous les jours et qui lui «font revivre des moments extraordinaires».

Valérie Picard, aujourd’hui directrice du Conseil des Arts de Hearst, est du nombre. «Il y a beaucoup d’étudiants qui ont été touchés par les leçons de Marlène, par son esprit d’artiste et d’humain», estime-t-elle. Ça a été particulièrement vrai dans sa cohorte, diplômée en 2005 : 13 élèves ont suivi ses cours intégralement, de la 9e à la 12e année. 

Quelques membres de ce «groupe des 13» sont aujourd’hui actifs sur la scène culturelle de l’Ontario. Outre Valérie Picard, il y a Marie-Pierre Proulx au Théâtre du Nouvel-Ontario de Sudbury. Elle soutient que son propre travail de scénographe et de directrice artistique porte l’estampe Rheault. «L’idée même de développer une vision artistique, c’est assis dans sa classe, le regard brillant en l’écoutant, que je l’ai comprise», a-t-elle écrit au Voyageur

Alexandre-David Gagnon, lui, a pris la voie de l’interprétation (et a notamment joué dans #PigeonsAffamés et La Plus grosse poutine du monde). «Avec Marlène, j’ai appris à développer mon esprit critique, mais surtout à être plus attentif, voire plus sensible à mon environnement», dit-il. 

Si, au départ, l’enseignante au rire contagieux a choisi l’enseignement pour «partager ses connaissances», il semble que de voir s’épanouir ses élèves a été un moteur. «Des profs comme toi, il n’en mouille pas», a livré par vidéo la conceptrice graphique Maksyme Blouin, aujourd’hui dans la région ottavienne : «Tu es vraiment une perle rare.»

Au-delà de l’école

Marlène Rheault n’a jamais eu peur de l’engagement, à l’école et au-delà de ses murs, souligne la directrice Nancy Lacroix. Les nouveaux projets ont toujours reçu un accueil enthousiaste de la part de l’enseignante d’art. «Du stade embryonnaire jusqu’au bout, elle embrasse tout et le résultat est toujours extraordinaire.» C’est d’ailleurs la soif de réaliser de nouveaux projets qui la pousse à la retraite. 

L’un d’eux se prépare depuis quelques années. La nouvelle retraitée collabore avec un comité provincial pour inscrire au curriculum le cours Bienêtre et création qu’elle a créé. Ce cours vise à fournir aux jeunes des outils pour «prendre soin de leur santé mentale tout en utilisant la créativité», décrit Mireille Brochu, ancienne élève et travailleuse sociale, qui était aux côtés de Mme Rheault pour la première livraison de ce cours «absolument fantastique». 

De laisser en héritage un tel cours semble tout à fait à propos : «Marlène a toujours été un modèle de compassion et de partage», fait savoir son neveu, ancien élève et collègue Patrice Forgues, aujourd’hui animateur culturel et de pastorale à l’École secondaire de Hearst. «Elle est passionnée des arts, mais aussi de la vie. Elle donnerait sa chemise pour n’importe qui.»

Déjà, les empreintes visuelles qu’a laissées Marlène Rheault dans l’école et à Hearst sont nombreuses. Elle a contribué à aménager la cour intérieure de l’école et à créer une murale d’yeux devant l’entrée de l’école, cette mosaïque communautaire à l’extérieur de l’école et une murale à l’entrée de l’hôpital.