Les impacts de la pandémie sur les organismes culturels ontariens

Diana Ombe
Diana Ombe
Initiative de journalisme local - APF

LAssociation canadienne des organismes artistiques (CAPACOA), présentait en février les statistiques sur l’impact de la COVID-19. L’organisme dresse un bilan alarmant de l’avenir du secteur artistique depuis le début de la pandémie. En Ontario, bien que 67 % des organismes répondant soient relativement positifs quant à l’habileté des organismes culturels de se remettre de la pandémie, 42 % ne sont pas surs que l’industrie puisse tenir à long terme. 

Selon ce rapport, sur le plan national, on se rend compte qu’en plus d’une diminution de l’employabilité et du PIB dans le secteur des arts, la majeure partie des entreprises ont vu leurs revenus chuter de près de 50 % depuis le début de la pandémie. 

En Ontario, l’enquête nationale sur les répercussions dans le secteur culturel d’Orchestres Canada démontre qu’à la fin de l’année 2020, les organismes culturels étaient relativement optimistes compte tenu des circonstances. Cependant, les artistes et les travailleurs culturels étaient incertains quant à leur avenir dans les arts. 

C’est le cas de l’Association des professionnels de la chanson et de la musique (APCM) pour qui la pandémie les a majoritairement affectés du point de vue organisationnel. 

«Quand on est un organisme, on vit avec beaucoup de projets qui sont fixés dans un temps imparti. Dans notre cas de figure, il a fallu tout réorganiser et adapter les projets au format virtuel. Ainsi, ce qui nous affecte est le manque de visibilité à court, moyen et long terme», explique le directeur général de l’APCM, Thomas Kriner.

Pour lui, l’un des défis majeurs que l’industrie musicale a dû relever depuis le début de la pandémie est la difficulté de monétiser l’offre de spectacles. 

Selon Thomas Kriner, les artistes ont été très proactifs dès le début de la pandémie pour faire face à la fermeture des salles de spectacles. 

En utilisant les plateformes de diffusion et les médias sociaux, ces derniers ont pu continuer de diffuser leur art. Malgré tout, la population ne voit pas l’intérêt de payer pour des représentations virtuelles, ce qui se traduit par une baisse des revenus pour les artistes sur le long terme, avise le directeur général de l’APCM. 

Des salles à nos ordinateurs 

Selon le rapport d’Orchestres Canada, la moitié des organismes ont eu des expériences positives relatives à la programmation numérique. Pourtant, de nombreux répondants ont indiqué que le passage en ligne ne leur convient pas. 

Le sondage présente une différence minime dans les résultats entre la programmation en personne et celle en ligne. Pourtant, on note que 28 % des organismes et 36 % des particuliers estiment que le passage au format virtuel ne convient pas à leurs besoins.

Dans le cas de l’APCM, malgré le manque de concerts dû à la fermeture des salles de spectacles, l’organisme a tout de même continué d’apporter son appui aux artistes par la promotion et la commercialisation d’albums numériques. 

Pour le directeur de l’organisme, le fait de devoir déplacer les projets sur les plateformes numériques a causé un rallongement de la durée de certains évènements.

«Un projet qui dure trois jours en vrai a dû être reprogrammé sur deux mois en ligne. Aussi, l’attention des gens sur le format numérique est moindre. Ceci nous oblige à revoir la conception de nos projets», précise Thomas Kriner. 

Le directeur général de l’APCM, Thomas Kriner.

Des solutions pour assurer la survie de l’industrie

«On est en train de développer une proposition de spectacles numériques. L’idée est de développer des outils durables pour continuer à proposer l’ordre de spectacles de manière numérique à long terme», déclare Thomas Kriner. 

Pour lui, à court terme, il est nécessaire de préparer le retour progressif en salle. Dès lors, il est important de mettre en place des mesures sanitaires pour un retour sécuritaire à la fois pour le public que pour les artistes.  

L’aide gouvernementale injectée lors de la pandémie devrait persister après cette dernière, en vue d’appuyer les organismes lors de la relance économique. 

Plusieurs organismes culturels ontariens continueront d’offrir des prestations en ligne, même après la vaccination de masse et la réouverture des salles pour maintenir les niveaux de publics pendant cette transition. Ils souhaitent que l’appui gouvernemental reflète cette réalité.