Les deux comédiens de la série L’Ordre de Jacques Cartier, Ryana Balmir et Louis-Antoine Chrétien.
Les deux comédiens de la série L’Ordre de Jacques Cartier, Ryana Balmir et Louis-Antoine Chrétien.

Le mystère ontarien de La Patente dévoilé dans une websérie

La BD franco-ontarienne L’Ordre de Jacques Cartier prend vie

Le mystère entourant l’organisation secrète de l’Ordre de Jacques Cartier sera-t-il enfin dévoilé grâce à la websérie du jeune média franco-ontarien Le Réveil? Nous aurons bientôt le dénouement des six épisodes mis en ligne au profit notamment des jeunes de la 4e à la 8e année. Cette série est inspirée de la bande dessinée éponyme produite en 2018 par le Réseau du patrimoine franco-ontarien (RPFO).

Ils sont cinq dans l’équipe pour adapter la bande dessinée au format Web. Jeunes. Dynamiques. Engagés au sein de la francophonie ontarienne. Plus un coordonnateur, William Burton, le fondateur du Réveil. C’est lui qui fait le lien avec le RPFO.

Cet organisme de mise en valeur du patrimoine francophone avait approché les Nord-Ontariens Martin Deschatelets et Kevin Montpellier en 2016 afin qu’ils produisent Un mystère en Ontario, le premier numéro de la bande dessinée L’Ordre de Jacques Cartier, un ouvrage historique aux accents fantastiques.

Pandémie oblige, et grâce à une subvention de Patrimoine canadien, le RPFO a ensuite contacté Le Réveil ce printemps pour conclure une entente d’adaptation au format web d’une série inspirée par la BD.

Ce n’est pas le premier partenariat entre le Réseau et le Réveil autour de L’Ordre de Jacques Cartier. La directrice générale du RPFO, Danielle Pécore-Ugorji, rappelle que son organisme avait fait appel à l’équipe de William Burton il y a deux ans. Le Réveil avait alors tourné dans des écoles et des festivals pour rencontrer des jeunes et mieux faire connaitre la BD à travers des parcours ludiques. Il était d’ailleurs passé par Sudbury lors de la St-Jean.

Martin Deschatelets, l’un des auteurs avec Kevin Montpellier, de la bande dessinée L’Ordre de Jacques Cartier.

Cette année, la réalisatrice de la série, Laura-Anne Zaporzan, raconte que l’équipe a eu environ six semaines pour se préparer. Elle s’est entourée notamment des deux comédiens qui faisaient partie de l’aventure il y a deux ans, Ryana Balmir de l’École secondaire catholique Béatrice-Desloges et Louis-Antoine Chrétien, étudiant de 3e année en théâtre à l’Université d’Ottawa, ainsi que du technicien François Desormeaux.

Un volet pédagogique

L’objectif du projet est de faire découvrir aux jeunes Franco-Ontariens leur histoire à partir d’une bande dessinée racontant des faits historiques, mais truffée de situations fantastiques ou énigmatiques.

L’Ordre de Jacques Cartier a d’ailleurs vraiment existé au XXe siècle, entre les années 1920 et 1960. Connue aussi sous le nom de La Patente, cette organisation secrète défendait les droits des francophones, qu’ils soient en Acadie, au Québec, en Ontario ou dans l’Ouest canadien.

De son côté, l’enseignante Caroline Vandal s’occupe du volet pédagogique de la série, en veillant à ce que les émissions touchent à plusieurs matières du programme scolaire ontarien. C’est ainsi que dans l’une des émissions, on visite la baie Georgienne et pour parler des poissons qu’on y trouve. L’épisode touche des aspects géographiques, scientifiques et même touristiques puisqu’on y parle des meilleurs fish and chips de la région! L’acquisition de vocabulaire est aussi présente.

La directrice générale du Réseau du patrimoine franco-ontarien, Danielle Pécore-Ugorji, devant quelques-unes des publications du RPFO.

Après la lecture de quelques passages de la BD, les comédiens transitent vers des activités pédagogiques. Dans chaque émission, à l’aide d’un décodeur que les jeunes ont téléchargé et photocopié, il y a des indices à découvrir. C’est certes pédagogique, mais aussi ludique!

Une expérience motivante

Les comédiens semblent ravis de leur expérience. Même s’ils connaissaient très bien le produit, c’est un défi pour eux. Chacun dans son domicile, ils doivent se donner la réplique. Il faut donc être attentif à l’autre. «Je suis vraiment fière de faire partie de l’équipe!» confie Ryana, dont le personnage racisé de Sophie représente la diversité culturelle franco-ontarienne, valeur que tenaient à exprimer dans leurs dessins les auteurs de la BD. «On a une belle complicité ensemble», tient à ajouter Louis-Antoine.

Martin Deschatelets est lui aussi ravi de l’expérience. «C’est vraiment cool comme projet! Ça donne un élan pour préparer les autres tomes.» Une version anglaise de la BD est même sur la table à dessin. 

La réalisatrice mentionne également que la série est d’intérêt non seulement pour les francophones, mais également pour les classes d’immersion.

Jusqu’à maintenant, la directrice du RPFO se dit aussi satisfaite de ce partenariat en mode confinement. «On est en train d’apprendre ce que les jeunes aiment!» Ce qui pourrait peut-être servir pour d’autres épisodes de L’Ordre de Jacques Cartier.