L’art de la discussion

Julien Cayouette
Julien Cayouette
Le Voyageur
FARTS-ULNO

Cours, radio communautaire et rencontres intergénérationnelles composent la première tranche de programmation de la Faculté des arts (FARTS) de l’Université libre du Nouvel-Ontario (ULNO). Dévoilées le 20 mai, les activités s’inscrivent dans la même veine de réflexion et de reprise de contrôle de la destinée des Franco-Ontariens que les autres de la fausse université.

La doyenne de la faculté, Miriam Cusson, a réalisé récemment que même si plusieurs personnes ont les mêmes préoccupations, chacune a sa façon de les aborder. «C’était important d’exploiter cette idée-là et de créer un espace pour une discussion peut-être pas très facile», dit-elle. 

L’un des projets, Radio résistance, est celui qui permettra au plus grand nombre de personnes de prendre la parole. Les participants avaient jusqu’au 25 mai pour remettre un enregistrement. 

«Je pense que l’objectif de celui-là est de rire un peu, parce qu’on l’a vécu longtemps le deuil. On n’a pas fini, alors il faut quand même trouver une façon de lâcher notre fou», explique Miriam Cusson. Les premières soumissions — comme un faux bulletin de nouvelles — sont prometteuses, dit-elle. Il sera possible d’écouter les capsules sur le compte prêté par le Théâtre du Nouvel-Ontario dans la plateforme Blueberry.

Au-delà du projet de radio, les autres activités seront surtout l’occasion de tourner la page et d’imaginer ce que l’avenir réserve aux Franco-Ontariens. «Comment est-ce qu’on assure l’avenir de la région pour ne pas qu’il y ait un démantèlement total du Nord», dit la doyenne.

Les discussions intergénérationnelles intitulées Tire-toi une buche et les classes de maitre avec des artistes chevronnés feront partie de cette réflexion. 

Miriam Cusson dévoile que ces activités ne sont pas les seules prévues. D’autres seront annoncées prochainement. Pour en être informé : http://nouvelontario.ca/.

Arts 1006 : Le projet Kerouac

La première classe de maitre a été livrée par Jean Marc Dalpé le 26 mai. La colère de celui-ci face aux compressions de la Laurentienne est bien connue depuis qu’il a annoncé retourner son doctorat honorifique. Après ce coup d’éclat, il tenait aussi à faire partie de la solution. Les intentions de l’ULNO lui plaisent beaucoup et il a participé aux discussions sur les projets à présenter.

Le cours de Jean Marc Dalpé sera en deux parties. Il «enseignera» la matière pendant le premier et, le 8 juin, les étudiants échangeront sur leur création. Les places étaient limitées pour le cours participatif, qui s’est rempli rapidement.

Le projet Kerouac est adapté d’un projet de réappropriation de l’œuvre «de l’un de nos auteurs, Jack Kerouac», sur lequel M. Dalpé travaille depuis quelque temps et qui devrait se mettre en branle en 2022-2023. 

L’auteur et son collègue, Guillaume Martel-Lasalle, regrettent que la seule façon d’apprécier l’œuvre de l’auteur franco-canadien soit par le biais de la mauvaise traduction «franchouillardes» qui ne fonctionne pas pour les francophones d’Amérique. 

Avec les écrits en français de Jack Kerouac de plus en plus connus — comme le recueil La vie est d’hommage aux Éditions Boréal (2016) —, Jean Marc Dalpé croit qu’il est temps que les francophones d’Amérique se réapproprient l’auteur et le traduisent dans leur français. 

Si tout va comme prévu, une série d’ateliers sera présentée dans plusieurs villes d’Amérique du Nord qui comptent un nombre important de francophones, dont Sudbury. Ces ateliers mèneront à une nouvelle traduction collective des écrits en anglais de Kerouac. «C’est une excuse pour faire un party, pour célébrer cet auteur-là par la traduction.»

Pour Jean Marc Dalpé, l’œuvre de Jack Kerouac et l’exercice de réappropriation sont semblables à l’affirmation culturelle franco-ontarienne des années 1970. Il s’agit de trouver la place de sa culture dans une mer de possibilités. «On n’est pas isolé. On est connecté à quelque chose de beaucoup plus vaste.»

La vidéo du cours est disponibles sur la page Facebook de l'ULNO.