Alex Tétreault
Alex Tétreault

La rencontre de deux cultures

Julien Cayouette
Julien Cayouette
Le Voyageur
Mise en lecture de Nickel City Fifs, d'Alex Tétreault

La série Unplugged du Théâtre du Nouvel-Ontario se poursuit en octobre et en novembre avec deux textes de jeunes auteurs de Sudbury. Le 22 octobre, ce sera d’abord le tour d’Alex Tétreault avec Nickel City Fifs, un texte ancré à la fois à Sudbury et dans la réalité queer.

L’auteur a voulu créer une rencontre entre les communautés queer et franco-ontariennes. «Ça fait un mélange intéressant, je pense, pour que même le public qui n’est pas familier avec la culture queer va quand même pouvoir s’identifier à l’histoire», dit l’auteur.

Son objectif n’est quand même pas d’enseigner la culture queer, mais «il y a quand même cette volonté de rendre cette culture plus accessible». «Pour donner un peu une porte d’entrée à la majorité pour rendre cette culture-là accessible».

Sudbury est un autre point d’ancrage de la création. «Ça s’entend dans les références, dans le niveau de langue qui est utilisé, dans les tournures, les expressions.»

Voici le synopsis original, car le modifier ne rendrait surement pas justice à l’intention des auteurs :

Un mardi soir, une stretch de trottoir, une rencontre fortuite. Un trio de queers se polluent les poumons à l’extérieur du Zig’s, le seul bar gai du coin. Arrive Dan, un jeune orphelin queer élevé dans un pot de fleurs. Lee, Karen et Aiden, avec l’appui du spectre de Ziggy Stardust, le prennent en charge. Par le biais de bizarres voyages imaginaires allant du ridicule et du flyé au touchant et au dérangeant, le groupe cherche à faire valoir ses racines communes à un des leurs.

Une telle description laisse entrevoir quelque chose d’assez déjanté, mais tout dépend du point de vue, croit l’auteur. «Je ne voulais pas que ce soit trop traditionnel et que ça représente vraiment ce que c’est être queer et ce que c’est la culture queer.» Comme la culture queer, sa pièce cherche «à déconstruire, à démolir et reconstruire le monde à sa façon». Ce qui peut sembler étrange à prime à bord devient plus normal si on adopte un point de vue différent.

Un premier saut

Puisqu’il s’agit de son premier texte destiné au grand public, «je ne vois pas comment je ne pourrais pas être nerveux». Excitation, fébrilité et un peu d’anxiété s’y mélangent, mais ça ne l’empêche pas d’avoir hâte de partager sa création.

L’idée flotte dans sa tête depuis quelques années, mais il y travaille plus sérieusement depuis environ un an grâce à la bourse Geneviève Pineault du TNO, qu’il a remporté l’an dernier. Il a alors commencé à créer plus concrètement les personnages et mettre de l’ordre dans ses idées, entre autres avec les conseils dramaturgiques de Myriam Cusson.

Une étape

La mise en lecture est une étape normale qui permet à un texte d’évoluer. Alex Tétreault s’attendait donc déjà à voir des changements entre cette deuxième version du texte écrit et ce qui sera présenté au public restreint le 22 octobre. Une phrase peut être parfaite sur papier, mais difficile à rendre à voix haute. Il faut aussi ajuster le rythme.

Une mise en lecture comprend moins d’éléments qui permettent aux spectateurs d’entrer dans l’univers de la pièce, mais l’auteur ne s’en inquiète pas outre mesure. «À ce point-ci, ce n’est pas difficile de lui donner vie sur scène, parce que c’est la première fois qu’il vit sur scène.»

«C’est un texte qui est bien rempli. Ça se peut que d’ici la fin de sa vie, qu’il y ait encore un peu d’épurage à faire.»

La mise en lecture est avant tout un laboratoire, mais «ça serait ben l’fun qu’un bon jour, après des demandes de subventions, de pouvoir monter ça pour vrai à Sudbury».

Alex Tétreault assure la direction avec Dillon Orr. On pourra voir sur scène Hélène Dallaire, Ryan Demers-Lafrenière, Natalie Lalonde, Simon Landry et Janie Pinard; ce que M. Tétreault qualifie de «meilleure distribution sudburoise» possible pour porter cette histoire.

Nickel City Fifs sera présenté à un très petit public pour respecter les règles de distanciation