I Am Greta et Nadia, Butterfly

Julien Cayouette
Julien Cayouette
Le Voyageur
Critiques Minutes

Je suis sorti impressionné et ébranlé de mon visionnement du documentaire I Am Greta. Nous sommes trop habitués de voir l’activiste climatique lors de discours et d’évènements protocolaires. Ce film démontre qu’elle est bien plus qu’une figure de proue, plus qu’une jeune fille déterminée à changer le monde pour assurer son propre avenir et celui de sa génération.

On voit l’enfant derrière la figure publique, la jeune fille anxieuse qui a le courage de surmonter ses peurs et aller contre sa nature pour accomplir ce en quoi elle croit profondément. Une jeune fille brillante, plus intelligente que bien des gens, mais avec ses propres défis de santé mentale et surtout d’anxiété face à un monstre qu’elle ne contrôle pas.

C’est justement ce combat qui lui permet de surmonter ses peurs et qui lui a permis de sortir de ses limites.

On voit son espoir grandir quand le mouvement qu’elle a créé sans vraiment le vouloir prend de l’ampleur.

On voit son découragement quand elle comprend très rapidement que les décideurs ne font que parler et se servent d’elle pour bien paraitre et sourire.

On comprend alors d’où vient le durcissement grandissant de ses discours à mesure qu’elle voyage à travers l’Europe et jusqu’à New York en septembre 2019.

Que vous soyez d’accord ou non avec ce qu’elle représente, si vous n’êtes pas touché par son combat intérieur, vous n’avez pas le cœur à la bonne place… ou vous êtes un climatosceptique de la pire espèce.

Oh! Et on voit très brièvement Sophia Mathur de Sudbury, qui mène le même combat depuis plus d’un an.

À voir.

I Am Greta est disponible jusqu’au 25 septembre à midi.

Nadia, Butterfly est à la fois un film sur la natation et sur le deuil d’une partie importante d’une vie. Nadia participe aux Jeux olympiques 2020 à Tokyo. Sa décision est prise, ce sera sa dernière compétition. On la suit pendant deux jours à Tokyo où elle cherche à absorber l’impact que sa décision a vraiment sur elle et sur sa vie.

Le réalisateur, Pascal Plante, a décidé de mettre en vedette de vraies nageuses au lieu d’actrices professionnelles. Par exemple, Nadia est jouée par Katerine Savard, médaillée de bronze aux Jeux de Rio en 2016. C’est par contre peut-être pour cette raison que le jeu est inégal. Parfois naturel, parfois un peu maladroit, parfois avec un manque d’expression ou d’indice pour savoir ce qui se passe dans la tête de Nadia.

Le sujet est nouveaux pour un film sur le sport et bienvenu. C’est un aspect de la compétition de haut niveau qui n’est pas suffisamment exploité au cinéma. Malheureusement, le film ne nous donne pas assez d’information ou d’indices pour vraiment bien comprendre ce qui se passe dans la tête de Nadia. Elle semble se rebeller, s’isoler, penser revenir... Mais on perd un peu notre concentration dans des séquences trop longues. Le film pourrait être plus court d’une dizaine de minutes et ne rien perdre de son message.

Plusieurs images laissent une impression. La façon d’intégrer l’eau dans les rêveries pour démontrer que, malgré sa décision, c’est l’endroit où Nadia se sent bien est très poétique.

Autres allégories; le film représente des jeux olympiques qui n’auront jamais existé — Tokyo 2020 — et faisait partie de la sélection officielle au Festival de Cannes 2020, qui a été annulé.

À voir si vous n’avez plus d’autres films à écouter ce jour-là.

Nadia, Butterfly est disponible jusqu’au 26 septembre à midi.