Hélène Koscielniak : écrivaine rivée à l’actualité

Deuxième portrait d’une série sur des auteurs franco-ontariens âgés de 65 ans et plus.

Une personne qui publie des romans se fait souvent demander où elle va chercher ses sujets d’intrigue. Dans le cas de la romancière Hélène Koscielniak, Franco-Ontarienne de 70 ans, les bulletins d’information de la presse écrite et électronique, voire les médias sociaux, lui fournissent une importante source où s’abreuver.

Originaire de Fauquier et résidente de Kapuskasing, dans la Nord-Est ontarien, Hélène Koscielniak (née Poitras) a été tour à tour enseignante, surintendante et conseillère pédagogique. Elle a rêvé d’écrire des histoires depuis qu’elle en lisait dans son enfance. Fonder une famille et travailler à temps plein ne lui ont cependant pas permis de réaliser ce rêve avant l’âge de 58 ans.

Le roman Marraine (L’Interligne, 2007) est son premier ouvrage et il nous plonge en République dominicaine, dans un bateye ou agglomération de coupeurs de canne à sucre. La marraine du titre appuie Jolino, un jeune de 10 ans, à travers le programme Secours aux démunis, et elle correspond avec la mère de cet enfant.

Ce roman a touché les jeunes des écoles secondaires de Kapuskasing, Hearst et Cochrane, qui se rendent en République dominicaine pour aider à construire une école. «Ces voyages-missions ont commencé en 2005, précise Mme Koscielniak, mais Marraine a agi comme une sorte de catalyseur et a encouragé un plus grand nombre d’élèves à s’engager. Je suis fière de l’impact social remporté par mon premier roman.»

Des œuvres ancrées dans le quotidien

L’auteur du Nord ontarien aime que ses personnages parlent naturellement. Au besoin, les dialogues sont écrits en «tarois», une sorte de joual propre aux Franco-Ontariens de souche. Dans le roman Frédéric (L’Interligne, 2014), le personnage éponyme de 16 ans confronte son prof de français sur la différence entre la langue écrite et orale. Hélène Koscielniak souhaite que les Franco-Ontariens soient fiers de ce qu’ils sont en parlant une langue qui les représente, sans se faire rabrouer en se faisant dire qu’ils ne parlent pas un bon français.

Le tarois est une langue orale uniquement, propre aux francophones de l’Ontario (jadis appelés Ontarois). Lorsqu’on souligne à l’auteure qu’il est sans doute préférable de défendre le français standard, elle s’empresse de répliquer : «non, il importe de défendre notre vécu qui comporte deux langues très différentes, une parlée et une écrite». Elle estime qu’il y a lieu d’être fiers de parler une langue bien de chez nous, ancrée dans notre réalité.

Hélène Koscielniak vient de terminer son septième roman intitulé Génération sandwich (L’Interligne, à paraître en mars 2020). Il mettra en scène une femme appelée à s’occuper simultanément de son père souffrant d’Alzheimer, de ses enfants malheureux en couple et de sa petite-fille qui annonce son intention de devenir un garçon, tous sous son toit. La protagoniste incarne la nouvelle réalité de ce qu’il est convenu d’appeler la «génération sandwich».

Pour la romancière Hélène Koscielniak, écrire un roman consiste à scruter à fond un enjeu quotidien et à traiter de problèmes sociaux contemporains, parfois avec un réalisme désarmant. À ce titre, la romancière de Kapuskasing demeure rivée à l’actualité.