Niels Schneider et Noémie Merlant dans les rôle de Pierre Louÿs et Marie de Régnier dans Curiosa — Photo : Capture d’écran
Niels Schneider et Noémie Merlant dans les rôle de Pierre Louÿs et Marie de Régnier dans Curiosa — Photo : Capture d’écran

Curiosa : Idylle poétique

Julien Cayouette
Julien Cayouette
Le Voyageur

Le film Curiosa est «librement inspiré des photographies et de la correspondance de Pierre Louÿs et de Marie de Régnier». Avec cette explication, vous êtes déjà mieux équipé pour apprécier le film. Cette phrase que l’on retrouve à l’écran à la fin du film m’aurait aidé à comprendre l’objectif du film si elle avait été placée au début. Supposons que je n’ai que moi à blâmer pour ne pas avoir cherché à lire de synopsis avant l’écoute.

Ces deux personnages parisiens du tournant du XXe siècle sont poètes et auteurs de romans. Marie de Régnier a en fait écrit sous le pseudonyme de Gérard d’Houville. Leurs photos et leurs lettres évoquent une torride histoire d’amour malgré le fait que Marie était mariée au meilleur ami de Pierre, entre autres.

C’est ce que le film tente simplement de raconter ou de deviner : à quoi ressemblait l’aventure amoureuse de ces deux personnes de lettres. On y évacue presque entièrement leur travail et leurs œuvres littéraires, surtout celles de Pierre Louÿs. On ne ressort pas du film avec une meilleure connaissance de leur héritage. Pourtant, Marie de Régnier a été une pionnière. Quoique leur magnifique poésie — très probablement tirée de leurs lettres — est bien présente et explique parfois la progression de la relation.

Inspiré par les photos, le film enchaine les scènes de prise de photos nues et d’amour torride. Ce n’est jamais déplacé et on comprend que la réalisatrice Lou Jeunet essaie de reproduire les photos laissées par le couple. Les scènes sont quand même peut-être plus nombreuses que ce qui était vraiment nécessaire pour comprendre leur relation. Si vous ne l’aviez pas compris, c’est un film pour public très averti.

L’image l’emporte sur le son. Les prises de vue sont souvent inspirées et intrigantes, les comédiens tirent leur épingle du jeu. Par contre, le choix musical dérange parfois. Les pièces avec synthétiseurs rappellent les discothèques des années 1980 ou 2000 et nous font sortir momentanément de l’époque.

Il reste deux représentations de Curiosa au Sudbury Indie Cinema : le 19 septembre à 16 h et le 23 septembre à 14 h 30. Lisez les pages Wikipédia des deux auteurs avant de voir le film, vous serez en mesure d’apprécier davantage les références qu’on y retrouve.