La préparation des recettes lors de la cuisine communautaire pour nouvelles arrivantes est un travail d’équipe.
La préparation des recettes lors de la cuisine communautaire pour nouvelles arrivantes est un travail d’équipe.

Apprendre à vivre ici par la cuisine

L’intégration des nouvelles arrivantes par la voie de la découverte

Nécessité et découverte sont les deux fondements des séances de cuisine communautaire pour nouvelles arrivantes, offertes au Centre de santé communautaire du Grand Sudbury (CSCGS) depuis un peu plus d’un an. On y apprend effectivement à cuisiner, mais on y découvre aussi d’autres cultures, des services et des amies.

L’activité est un partenariat entre le CSCGS pour l’aspect de la santé, les services d’établissement du Collège Boréal pour l’administration et le contact avec les nouvelles arrivantes et le Centre Victoria pour femmes (CVF), qui peut plus facilement aller chercher des fonds pour des activités touchant les femmes.

Les rencontres ont lieu tous les premiers mercredis du mois. «Le but, c’est de faire venir les femmes au centre [de santé]», explique la coordonnatrice des services d’établissement, Chantale Serresse. «Quand je dis femmes, il s’agit des femmes immigrantes et des femmes de la communauté. Nous voulons ce mélange-là.»

L’activité est donc un prétexte à la rencontre entre anciennes résidentes et nouvelles arrivantes afin de créer des liens et des amitiés qui pourront profiter aux deux. Il y a en moyenne une douzaine de femmes chaque fois, qui est justement le chiffre visé pour que l’échange soit efficace, affirme Mme Serresse.

La coordonnatrice a également été témoin de la grande amitié qui est née entre les participantes au cours de l’hiver 2018-2019. Ce sont sensiblement les mêmes participantes qui y sont depuis le début, précise-t-elle.

Le 6 novembre, participantes ont pu gouter à une salade de riz sauvage et de baies, à la soupe 3 Sisters et à un pouding à la citrouille.

« Je vous avoue qu’à la dernière séance avant l’été, elles avaient du mal à se quitter. »
Chantale Serresse

L’activité est aussi née d’un besoin. La responsable des communications du CVF, Mireille Charlebois, explique qu’elles avaient aussi entendu des femmes immigrantes mentionner qu’elles ne savaient pas comment utiliser les aliments que l’on retrouve dans les épiceries canadiennes, parfois très éloignés de ce qui est disponible dans leur pays d’origine.

L’intégration à une communauté signifie aussi savoir où trouver des services. Le CSCGS est l’un de ces points de services, mais on invite un autre organisme de services par session afin de sensibiliser les nouvelles arrivantes. 

Sortir gagnantes

Ashe Dejidda Mahamat Saleh fréquente l’activité depuis le début. «Comme je suis une mère de famille [de 10 enfants], j’aime toujours préparer à manger et avoir des nouvelles recettes pour les enfants, ça m’aide beaucoup. J’ai une fille végétarienne et je trouve toujours des recettes ici.» 

Elle ajoute que ça lui donne aussi l’occasion de sortir de la maison, de rencontrer des gens et de se faire des amies. 

Maryse Gareau était en congé de maternité il y a un an, quand les cuisines communautaires ont commencé. Elle y assiste donc depuis le début aussi, entre autres grâce au service de garde fourni par le CSCGS pendant les trois heures que dure la cuisine.

C’était au début une occasion pour elle de sortir de chez elle, surtout à l’approche de l’hiver, mais c’est devenu beaucoup plus. «C’est juste de rencontrer des gens de différentes cultures et des personnes... On parle de tout et j’apprends beaucoup», explique Mme Gareau.


« C’est une façon d’apprendre de façon informelle et de m’immerser dans un milieu très coopératif et très accueillant. »
Maryse Gareau

Elle essaie même de participer au recrutement en parlant de l’activité aux nouvelles arrivantes qu’elle rencontre dans le cadre de son travail à l’Université Laurentienne.

Cuisine autochtone

L’atelier du 6 novembre présentait quelque chose de tout nouveau pour les participantes : la culture des Premières Nations, surtout autour de l’alimentation. Un lien avec la présentation de la pièce Aalaapi | ᐋᓛᐱ au Théâtre du Nouvel-Ontario — France Huot et Marie-Pierre Proulx du TNO étaient d’ailleurs présentent.

Elles étaient accompagnées par une agente de santé pour les enfants du centre N’Swakamok Native Friendship, Shelly Laronde. Celle-ci a présenté plusieurs détails de la philosophie des Premières Nations face à l’alimentation et les rituels qui l’entourent.

Seules les femmes avaient le droit de cueillir les baies en raison de leur connexion avec le Terre Mère. Les hommes étaient les chasseurs, mais ne chassaient pas lorsque leur conjointe était enceinte, «parce qu’ils ne peuvent pas prendre une vie pendant qu’une autre vie s’en vient». Les autochtones ne prennent jamais rien à la nature sans redonner; après la cueillette ou la chasse, ils redonneront du tabac à la terre, par exemple.

L’alimentation traditionnelle autochtone est évidemment issue de la terre et de la nature. Les ingrédients tirés de la nature et les viandes sauvages ont l’avantage de ne pas être remplis d’hormones et de pesticides, insiste Mme Laronde.

L’une des recettes qui ont été enseignées aux participantes, la salade de riz sauvage et de baies, est en fait une salade souvent préparée lors des cérémonies pour se souvenir des défunts. La soupe Three Sisters est aussi en mémoire des filles et femmes disparues ou assassinées.

Salade de riz sauvage et de baies

Ingrédients

  • 1 tasse de riz sauvage
  • Fraises
  • Bleuets
  • Mures
  • Framboises
  • ¼ de tasse de sirop d’érable
  • 1 c. à table de muscade
  • 1 c. à table de cannelle

Préparation

  1. Faire cuire le riz à l’avance en suivant les instructions.
  2. Couper les fraises en plus petits morceaux.
  3. Mélanger les fruits, le riz, le sirop d’érable, la cannelle et la muscade.
Le riz sauvage