Annulation du festival QCNC : la pointe de l’iceberg

Forcé de revoir sa formule l’an dernier, le financement provincial étant arrivé tardivement, le festival Quand ça nous chante (QCNC) subit un autre revers pour 2020.

La 17e édition, qui devait avoir lieu en février à l’École secondaire catholique Algonquin de North Bay, est tout simplement annulée, un «dommage collatéral» des moyens de pression des enseignants.

Le Conseil scolaire catholique Franco-Nord (CSCFN), partenaire de l’Association des professionnels de la chanson et de la musique (APCM) qui coordonne le festival QCNC, en a fait l’annonce le 28 janvier par voie de communiqué.

«La participation au festival devenait de plus en plus difficile avec les pressions actuelles, notamment avec la relève du personnel de suppléance, la participation aux activités parascolaires et également vu le nombre d’écoles qui ont retiré leur participation au festival», peut-on lire. Les moyens de pression des enseignants découlent des négociations de leur convention collective avec le gouvernement de l’Ontario.

La CSCFN n’a pas répondu aux demandes d’entrevues de l’IJL.

Le directeur de l’APCM, Thomas Kriner, soutient la décision du CSCFN. «C’est une sage décision, on recevait déjà beaucoup d’appels d’école qui voulaient annuler leur participation. Ça nous a un peu sauvés qu’ils prennent la responsabilité d’annuler le festival; peut-être que dans une semaine, c’est nous qui aurions dû prendre cette décision», admet-il.

Les subventions en négociations

La nouvelle a tout de même pris l’APCM de court. «La semaine dernière, on était à North Bay pour visiter l’école et finaliser les derniers détails logistiques. Mais le soir même, le comité a appris que la phase 2 du mouvement de grève des enseignants démarrait. Le lendemain, les directions des conseils scolaires se sont rencontrées et ont décidé d’annuler le festival», relate M. Kriner.

Le directeur ne sait pas encore ce qu’il adviendra des subventions reçues ni des montants dépensés jusqu’ici. «C’est encore en négociations, à savoir aussi qui va prendre en charge les frais qui ont déjà été engagés. Éventuellement, l’APCM n’a pas envie de payer cette facture-là, mais c’est encore en discussions. Je ne suis pas trop inquiet», se contente-t-il de dire.

L’APCM n’a pas été en mesure d’indiquer le montant de subventions reçues pour cette édition, en grande partie du ministère de l’Éducation de l’Ontario. Pour l’édition 2018, environ 80 000 $ avaient été versés à l’organisme, soit environ 70 % du budget de QCNC. 

Quelque 304 festivaliers et accompagnateurs de 29 écoles franco-ontariennes devaient se réunir pour présenter des spectacles et numéros qu’ils travaillaient depuis plusieurs mois. «Je vois beaucoup d’yeux qui pleurent sur Facebook! C’est sûr qu’ils sont les premiers touchés, mais rendu là, il n’y a pas grand-chose à faire», déplore Thomas Kriner.

Des impacts économiques considérables

Dans son communiqué, l’APCM liste également les impacts sur l’économie locale de l’annulation du festival : annulation de 27 contrats d’artistes et des services de techniciens, du contrat de traiteur, des chambres d’hôtel et du service de transport, en plus de neuf mois de travail à l’eau pour les organisateurs de QCNC. «On ne pointe personne du doigt, ce sont des dommages collatéraux des politiques en place», constate le directeur de l’APCM.

Et d’après lui, le festival n’est «que la pointe de l’iceberg». «Je pense qu’on est les premiers d’une longue série, dépendamment de combien de temps va durer le mouvement [de grève des enseignants]. Il y a aussi d’autres festivals qui vont être affectés, d’autres tournées scolaires. On a vu l’artiste Reney Ray, qui devait faire des tournées d’ateliers dans six ou sept écoles, c’est reporté», illustre-t-il, toujours sans blâmer les enseignants «qui ont des revendications fort légitimes». 

L’association considère déjà de tenir l’édition 2021 à l’école Algonquin, plusieurs éléments logistiques ayant déjà été réglés. «Le conseil et l’école sont prêts à honorer le contrat qu’ils ont signé avec nous, d’organiser un festival dans leur école. Cette annulation ne compromet pas le projet, ça fait 17 ans qu’il a lieu, c’est quand même une pierre angulaire pour les jeunes. On va revenir en force l’an prochain!» 

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