Angelo Paquette lors de l’un de ses spectacles en ligne du dimanche
Angelo Paquette lors de l’un de ses spectacles en ligne du dimanche

Angelo Paquette : Le temps de partager son folklore

Julien Cayouette
Julien Cayouette
Le Voyageur

Même à la retraite, Angelo Paquette de Cochrane n’arrête pas d’enseigner… d’une autre manière. Cette fois, il se concentre sur le partage de la musique et du folklore. Les premiers épisodes de son balado Fo-pas-lklore devraient être disponibles bientôt.

Le titre exprime simplement ce que l’ancien animateur culturel et pastoral à l’École catholique Nouveau-Regard de Cochrane pense de notre relation avec le folklore : «Si on arrête d’en parler, si on arrête de le chanter, on va le perdre, on va le “clore”». Par le biais d’entrevues et de rencontres avec des conteurs, des raconteurs et des chanteurs, il veut donc assurer une certaine conservation de ces produits culturels.

Il n’y pas de limite d’âge ou de distance — et à la limite, de langue — dans sa démarche. «J’ai rencontré une dame de Hearst de 99 ans. Lucide, plein de bonnes idées. Elle m’a raconté des belles affaires.» Il pense aussi à d’anciens élèves plus jeunes qui aiment les chants de Noël, à des amis de la région, de Montréal, de Rippon, de North Bay de la République dominicaine…

«La question que je leur demande, c’est “qu’est-ce que c’est pour vous, le folklore?”», dit-il. 

Les premiers épisodes sont presque prêts. Ils devraient être mis en ligne bientôt — quand M. Paquette aura internet à sa nouvelle maison. Son épouse Michelle Charron est aussi engagée dans le projet, surtout pour l’appui informatique et technique, parfois pour chanter.

Elle lui donne aussi un coup de main pour ses spectacles en direct sur Facebook Par un beau dimanche soir. Dans ces performances vidéos qui ont débuté le 23 juin, M. Paquette puise dans son large répertoire de chansons folkloriques.

Ma main su l’temps

La partie nord-est ontarienne du spectacle Encore ensemble a mis en vedette une composition d’Angelo Paquette. Grâce à ce spectacle vidéo en ligne préparé par tous les conseils scolaires francophones de l’Ontario pour le Jour des Franco-Ontariennes et des Franco-Ontariens, sa chanson profite d’une visibilité inespérée.

Il a composé Ma main su l’temps il y a cinq ou six ans pendant une semaine de relâche scolaire. Elle aborde l’importance du temps et de ce qu’on en fait. «Le temps ne s’arrêtera pas lui, il va toujours continuer. C’est à moi de m’arrêter [...] et de vivre dans le temps présent», explique-t-il.

Lorsqu’il a été approché par les producteurs nord-ontariens d’Encore ensemble, Angelo Paquette leur a suggéré d’utiliser sa chanson, ce qui a été accepté. Il l’a retravaillé avec un peu d’aide et a ajouté une section qui reprend Ici, dans le Nord du groupe En bref pour lui donner une saveur encore plus locale pour la production provinciale.

Pour la vidéo, ils ont eu l’idée de recruter des chanteurs du corridor de la route 11, des éducateurs et des «trippeux de musique». On y voit entre autres Patrice Forgues de Hearst, Claude Lapointe de Timmins et Marc-André Dubosq de Kapuskasing.

«Je suis pas mal fier du produit. Ça dépasse mes attentes comme tu ne peux pas le croire.»  D’ailleurs, revoir sa partie filmée au haut du Devil’s Rock à New Liskeard lui a donné le vertige. «Ça ne se peut pas que j’étais sur le bord de même! Un petit coup de pied pis je culbutais en bas!»

Il a aussi écrit J’ai perdu les épines de mon épinette, une chanson qui parle d’environnement et qu’il garde pour un autre projet. 

En plus du balado, Angelo Paquette pense produire un album de chansons folkloriques. Encore là pour les préserver, mais tout en leur donnant une couleur personnelle.