… Ou ne fêtez pas le Canada

Julien Cayouette
Julien Cayouette
Le Voyageur
Science Nord a choisi d’annuler les célébrations de la fête du Canada à Sudbury. Plusieurs villes ont fait de même. Quelques suggestions pour transformer une journée de célébrations en journée d’éducation.

L’organisme sudburois Myths and Mirrors se joint au mouvement national qui demande de remplacer les célébrations du 1er juillet par des manifestations qui rappellent que le Canada a été construit dans le non-respect des vies des Autochtones. 

Les récentes découvertes de fosses communes ou de tombes non marquées sur les sites de pensionnats autochtones dans plusieurs provinces canadiennes ne sont que le début. Pour le mouvement Idle No More, ces découvertes sont un rappel que «le Canada est un pays qui a construit ses fondations en effaçant les Premières Nations et en commettant un génocide, incluant les enfants. Nous refusons de rester assis à ne rien faire pendant que la violente histoire du Canada est célébrée».

Des manifestations dans les grandes villes canadiennes s’organisent et Sudbury se joindra au mouvement. Les rassemblements ont pour objectif d’honorer les vies perdues aux mains de l’état canadien et de l’Église, incluant les vies perdues dans les pensionnats, mais aussi à travers les injustices qui existent encore sur le partage des ressources, le bienêtre des enfants, la brutalité policière et bien d’autres.

À Sudbury, le rassemblement aura lieu à la Place Tom Davies le 1er juillet à 13 h. On demande aux gens de respecter les règles de distanciation et de santé publique contre la COVID-19. 

Myths and Mirrors recommande de porter un chandail orange de préférence acheté auprès d’une entreprise ou d’un artiste autochtones et de fabriquer des pancartes en appui aux Premières Nations en utilisant un langage respectueux. 

Où s’éduquer

Le travail d’éducation pour la réconciliation s’annonce long et laborieux. Chaque Canadien doit à tout le moins s’ouvrir l’esprit et accepter la véracité des histoires que racontent les membres des Premières Nations. 

Si le 1er juillet est l’occasion de connaitre l’histoire du Canada, il faut y inclure les évènements et moments plus sombres. Le traitement discriminatoire des Premières Nations et les pensionnats ne sont pas les seuls pans méconnus de l’histoire, mais ils sont peut-être les plus importants pour comprendre le présent et l’avenir.

Pour aller plus loin, d’autres ressources existent. 

L’Encyclopédie canadienne a un article consacré à l’histoire des pensionnats. «Les pensionnats indiens sont des écoles religieuses financées par l’État, créées pour assimiler les enfants autochtones à la culture eurocanadienne. [...] Cependant, ces écoles ont perturbé des vies et des communautés, entrainant des problèmes à long terme chez les Autochtones», peut-on lire dans les premières lignes.

Pour démontrer que les récentes découvertes ne sont que la pointe de l’iceberg, l’article indique que l’on estime que 6000 enfants sont décédés sur les 150 000 qui ont été trainés de force dans les pensionnats.

Le site web de la Bibliothèque du parlement contient une page qui présente les termes appropriés à utiliser lorsque l’on aborde les sujets entourant les Premières Nations : https://bit.ly/2U51nDs. 

En 2017, la revue Affaires universitaires a publié les réflexions de six universitaires autochtones à l’occasion du 150e anniversaire du Canada. Déjà à l’époque, «[l]a plupart d’entre eux n’[avaient] rien à célébrer».