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mardi, 02 juillet 2019 09:00

Malgré les coupes, les conseils scolaires publics du Nord s’en tirent à bon compte

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Malgré les coupes, les conseils scolaires publics du Nord s’en tirent à bon compte Photo : Shutterstock
Nord-Est de l’Ontario — Les deux conseils scolaires publics du Nord de l’Ontario ne sont pas trop affectés par les nouvelles règles de financement du gouvernement ontarien. La hausse des effectifs à l’élémentaire et la petite taille du Conseil scolaire public du Nord-Est de l’Ontario (CSPNE) et du Conseil scolaire public du Grand Nord de l’Ontario (CSPGNO) jouent en leur faveur.

En fait, selon le document de projection du ministère de l’Éducation pour le financement de tous les conseils scolaires en Ontario, les deux conseils auront même une très légère hausse de leur financement total en 2019-2020 par rapport à 2018-2019 (tableau).

Rappelons d’abord que le gouvernement demande que le ratio au secondaire passe d’une moyenne de 22 élèves par classe à 28. Il veut également que tous les élèves du secondaire suivent au moins un cours en ligne par année, donc quatre pendant tout leur secondaire.

La ministre de l’Éducation lors de l’annonce, Lisa Thompson, a toujours soutenu qu’aucun enseignant ne perdrait son emploi. Une déclaration contestée par les syndicats d’enseignants et par l’opposition officielle à Queen’s Park, qui soutient que des coupures de 309 millions $ étaient cachées dans l’annonce du gouvernement.

Le directeur de l’éducation du CSPGNO, Marc Gauthier, souligne que rien n’est officiel avant septembre, moment où tous les conseils scolaires ont les vrais chiffres pour leur nombre d’inscriptions.

Jeux d’équilibre

Côté monétaire, aussi bien le CSPNE que le CSPGNO disent bien s’en sortir, prévoyant recevoir moins d’argent de certaines enveloppes, mais plus pour d’autres. Le directeur de l’éducation du CSPNE, Simon Fecteau, précise que le budget n’a pas encore été approuvé par les conseillers scolaires; il sera étudié cette semaine. Les projections du gouvernement prévoient tout de même une diminution de près 350 000 $ de la subvention de base pour les élèves en raison de la modification du ratio enseignants/élèves. Le conseil devrait tout de même pouvoir adopter un budget équilibré.

«L’avantage pour nous, c’est qu’on est en croissance», avec une nouvelle école à Parry Sound en septembre et une augmentation des inscriptions, surtout à l’élémentaire, rappelle M. Fecteau. «Ça vient contrebalancer le défi budgétaire que l’on pourrait être en train de vivre.»

Même si les employés du ministère sont bien au fait de leur réalité, le gouvernement n’a pas offert d’aménagement particulier. Les changements sont bel et bien appliqués uniformément pour tout le monde. Les deux conseils profitent cependant d’autres subventions, comme pour les écoles rurales et les écoles éloignées, qui leur donnent un petit avantage.

L’une de ses subventions concerne le transport scolaire. Le gouvernement aide davantage à payer le déficit d’opération des systèmes de transport scolaire performants. Ce qui est le cas du Consortium de services aux élèves de Sudbury, considéré comme l’un des plus efficace en province selon Marc Gauthier. Il reste certains inconnus, rapporte M. Fecteau, comme le plan pour les changements à l’enseignement des mathématiques. Aucune nouvelle sur l’exécution ou sur les montants rattachés pour le moment, s’il y en a.

Devant la classe

Marc Gauthier ne peut cacher qu’il y aura des variations dans le nombre d’enseignants du secondaire au CSPGNO. «On devrait se retrouver avec à peu près le même nombre d’enseignants et d’enseignantes dans le système, mais pas nécessairement le même nombre dans chaque école. Mais annuellement, c’est toujours comme ça.»

Par exemple, l’École secondaire Macdonald-Cartier à Sudbury, la plus grosse du conseil, aura peut-être un enseignant de moins, mais ils n’auront tout de même pas le choix de remplacer celui qui prend sa retraite à l’École secondaire l’Orée des Bois, à Dubreuilville.

Le CSPNE n’a pas modifié son processus de dotation pour ses écoles secondaires. «Toutes nos écoles secondaires ont en bas de 100 élèves», souligne M. Fecteau. Leur moyenne d’élèves par classe est donc déjà sous 22. «Rencontré 28 élèves par salle de classe, ça aurait été complètement ridicule. Il aurait fallu jumeler des cours ensemble, ce qui n’était pas logique.»

L’exercice en devient donc un de comptabilité, d’aller chercher de l’argent pour les enseignants dans d’autres sources de revenus. Le CSPGNO a dû faire le même exercice.

Dans le sud de la province, des conseils scolaires francophones ont fait le choix de supprimer des postes d’accompagnement et d’appui en salle de classe. Les deux conseils publics du nord rapportent ne pas avoir eu besoin de faire des coupes similaires pour le moment.

Les dangers des cours en ligne

S’il y a une chose qui inquiète davantage les deux directeurs de l’éducation, c’est la demande pour plus de cours en ligne.

Les douze conseils scolaires de l’Ontario utilisent le Consortium d’apprentissage virtuel de langue française de l’Ontario pour prodiguer les cours en ligne à leurs élèves. Ce système permet d’offrir environ 2000 crédits par année en ligne et le taux de succès est de 98 %, selon le site. Il ne serait cependant pas en mesure, en ce moment, de répondre à la nouvelle demande du gouvernement, mais la réflexion est entamée rapporte Simon Fecteau.

Marc Gauthier s’inquiète également de l’effet sur les élèves. D’un point de vue pédagogique, il n’est pas d’accord avec l’approche du gouvernement, car les élèves de 9e et 10e année n’ont pas nécessairement la maturité ou la motivation pour suivre un cours entièrement en ligne. Ce modèle d’enseignement ne serait pas idéal pour toute la population étudiante.

«L’enseignement, ça reste avant tout une relation humaine», affirme Marc Gauthier. Il craint carrément que le taux d’échec augmente et, à plus long terme, le taux de décrochage.

Nous avons aussi contacté l’Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques, qui dit ne pas encore être en mesure de se prononcer sur l’impact sur ses membres pour le moment.

Projections des subventions pour les besoins des élèves pour l’année scolaire 2019-2020
Total des subventions 2018-2019 Total des subventions projetées 2019-2020
CSPNE 48 570 040 $ 48 673 998 $
CSPGNO 57 345 999 $ 57 702 620 $
CSCNO 117 367 624 $ 116 241 395 $
CSCDGR 108 626 275 $ 106 685 652 $
CSCFN 56 012 564 $ 55 279 110 $

Source : www.edu.gov.on.ca/fre/funding/1920/GSNProjection2019-20.PDF

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Lu 1432 fois Dernière modification le jeudi, 27 juin 2019 15:41
Julien Cayouette

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