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jeudi, 27 juin 2019 15:11

Voir la francophonie de ses propres yeux

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Guy Pilote et sa voiture. Voir la fin du texte pour plus de détails sur nom de sa voiture. Guy Pilote et sa voiture. Voir la fin du texte pour plus de détails sur nom de sa voiture. Photo : Julien Cayouette
Sudbury — Après avoir fait un peu de recherche et, comme plusieurs Québécois, avoir réalisé qu’il y avait plus de francophones qu’il ne le croyait au Canada, Guy Pilote, un retraité de Shawinigan, a eu le gout de partir à la rencontre des Franco-Canadiens. Il a entrepris son voyage il y a environ deux semaines et était de passage à Sudbury la fin de semaine dernière.

Le projet de M. Pilote est en partie né des propos tenus par Denise Bombardier à l’émission Tout le monde en parle l’automne dernier — que la francophonie canadienne était presque morte —, «mais surtout les réactions des associations partout [au pays] qui ont piqué ma curiosité». Étant lui-même un amoureux de la langue française, les diverses attaques contre la francophonie l’ont également dérangé.

«La question que je me posais, c’est comment on définit ça une communauté? Est-ce qu’il y a des communautés francophones ou est-ce qu’il y a des francophones et des francophiles qui sont présents», dit-il. Par exemple, y a-t-il des villes où on entend parler français spontanément un peu partout ou est-ce qu’il faut fréquenter les manifestations francophones pour entendre la langue.

Il dit qu’il est trop tôt pour qu’il ait une réponse définitive à sa question, mais il a déjà visité des municipalités qui répondent à chacune de ces définitions. «C’est ce que je voulais, d’aller constater et d’apporter des nuances dans ma pensée, que ce n’est peut-être pas ni tout un, ni tout l’autre.»

Après à peine deux semaines de voyage, M. Pilote est surtout impressionné par le «cœur» et la volonté des gens de se battre pour leur langue et le fait que ce combat dure depuis des années. Il a entre autres rencontré la députée indépendante Amanda Simard.

Il croit cependant avoir constaté que ces mêmes francophones s’aperçoivent de plus en plus que le concept «la langue, c’est la culture» change lentement. Pour une partie des plus jeunes générations, la langue est davantage un moyen de communication. La mondialisation de la culture a également son rôle à jouer dans ce changement de paradigme.

Partage

Ce voyage est une aventure personnelle, mais M. Pilote veut quand même partager ses réflexions et ses découvertes. Pour ce faire, il a créé le blogue roulerfranco.blogspot.com. Il a d’ailleurs passé une journée dans les bureaux du Voyageur pour reprendre le retard qu’il avait dans son écriture. «Ce que je veux dans le fond, dans mon élan de solidarité, c’est de saluer les gens et les organismes qui contribuent à maintenir la langue vivante.»

Il se sert en bonne partie de Facebook pour entrer en contact avec les communautés, à travers des groupes comme Je suis Franco-Ontarien. Ce sont les invitations qu’il reçoit qui l’aident à tracer son parcours. Avant Sudbury, il est passé par Penetanguishene, où il a aussi rencontré les équipes des médias locaux. À Sudbury, il est resté quelques jours, question de participer à la St-Jean et de prendre le temps de réfléchir à la suite de son voyage. Finalement, il continuera vers l’ouest sur la Transcanadienne 17, puisqu’il voulait passer par Elliot Lake et il a déjà reçu une invitation à Terrace Bay. À son retour vers l’est, il visitera très probablement les communautés francophones de la route 11.

Il s’est donné environ trois mois, aller-retour, pour son aventure. Se rendre au Yukon l’intéresse énormément. Pour l’an prochain, il caresse le rêve d’aller faire un voyage similaire en Atlantique.

Simplicité volontaire imposée

Il y a en quelque sorte un troisième objectif à l’aventure; «une sorte de simplicité volontaire imposée». Guy Pilote n’a pas de roulotte ou de tente, il fait le voyage dans sa minifourgonnette légèrement modifiée. Avec de l’aide, il a enlevé les sièges et installé un lit, un petit réfrigérateur, une cuisinette et, à travers tout ça, bien de l’espace de rangement. Il y a même une pile qui peut faire fonctionner son réfrigérateur pendant deux jours s’il ne roule pas ou ne la recharge pas. «C’est un peu déstructurant pour sa vie et pour la pensée. Ça remet les priorités aux bonnes places.»

Guy pilote a choisi de donner un nom très symbolique à la voiture avec laquelle il fait son périple : «Dolores a été mon prof de français de secondaire 1 qui m’a fait aimer le français. Elle nous avait demandé d’écrire un poème, elle avait été renversée [par le mien] et le cours d’après, elle l’avait lu devant tout le monde. Je me suis mis à aimer le français à partir de ce moment-là.»

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Lu 1018 fois Dernière modification le jeudi, 27 juin 2019 15:27
Julien Cayouette

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