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mercredi, 12 juin 2019 15:45

Le bon voisinage interprovincial

Écrit par 
Le bon voisinage interprovincial Photo : Éric Boutilier
Nord ontarien et Abitibi-Témiscamingue — Les résidents du Nord de l’Ontario qui vivent dans des communautés près de la frontière entre le Québec et l’Ontario ont une relation particulière avec leurs voisins de l’autre province. Les villes et villages situés dans les districts de Cochrane, de Nipissing, du Témiskaming ontarien et des comtés d’Abitibi-Ouest, de Rouyn-Noranda et du Témiscamingue québécois font régulièrement des échanges socioculturels et économiques.

Que ce soit la Foire gourmande de l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-Est de l’Ontario, le Tour du lac Témiscamingue, ou la présentation conjointe de colloques, de rassemblements ou d’évènements sportifs, les dirigeants et les leadeurs municipaux des deux côtés de la frontière se sont habitués à développer des partenariats pour réaliser des projets communs, qui bénéficient à chacune de leurs collectivités.

La frontière entre ces six régions s’étend sur une longueur de plus de 700 kilomètres, de la Baie-James jusqu’à Mattawa en passant par le lac Abitibi et la rivière des Outaouais. Les Ontariens et les Québécois empruntent souvent l’une de quatre routes interprovinciales afin de se diriger vers la terre de l’autre et profiter de services qui ne sont pas toujours disponibles chez eux.

Corridor des routes 63 et 101
Distance : 67 km


Les gens qui demeurent entre North Bay et Témiscaming sont habitués de faire certains achats de biens et de services dans la cour de leurs voisins. Depuis près d’un siècle, lorsque la route 63 a été construite pour relier plusieurs villes et villages du Nipissing à cette région du Québec, de nombreuses ententes et partenariats ont été développés entre des gouvernements, des entreprises et des organismes pour faciliter la vie de ceux et celles qui vivent dans cette région rurale.

Témiscaming, une ville forestière de 2 400 résidents, se retrouve presque toute seule dans son coin de la Municipalité régionale de comté (MRC) du Témiscamingue. Située à seulement quelques pas de la frontière avec l’Ontario et un peu moins d’une heure en voiture de North Bay, les élus municipaux de cette ville québécoise ont profité de leur emplacement géographique pour faire des échanges et rendre service aux petits hameaux de Thorne et d’Eldee.

«Je m’amuse toujours à dire que Témiscaming est une société distincte au cœur du comté», commence le maire de Témiscaming, Yves Ouellet. «Historiquement, on est une ville bilingue qui a toujours été rapprochée de l’Ontario. La réalité est qu’on a toujours vécu ensemble. Sans faire de distinction, on fournit le service d’incendie au petit village de Thorne, car on traverse la rivière et on est rendu. Naturellement, la plupart des gens qui restent là sont des employés qui travaillent dans notre usine, ici à Témiscaming. Alors c’est logique de fournir le service, surtout que la caserne la plus prêt en Ontario est celle de Redbridge, qui est quand même assez éloignée (44 kilomètres).»

«Dans notre cas, on profite des services des grands centres en ayant facilement accès à North Bay. C’est un avantage pour nous d’avoir accès à tous ces services-là, autant au niveau commercial qu’au niveau de la santé. On a, entre autres, des ententes avec l’hôpital de North Bay en cas de besoin.»

Les équipes sportives de cette communauté participent aux circuits nord-ontariens. Plusieurs clubs de l’Association de hockey mineur de Témiscaming disputent leurs matchs contre des adversaires du Nipissing. Pour leur part, les Titans de la Ligue de hockey junior A du Grand Métropolitain (GMHL) sont membres de la même division que les Lynx de Nipissing Ouest.

Les amateurs d’arts, de musique et de théâtre de ces deux régions sont aussi gagnants que les sportifs. Le Centre culturel Les Compagnons de North Bay et la salle Dottori de Témiscaming font de façon courante la promotion de spectacles et d’activités de l’autre, ce qui permet d’offrir une plus vaste sélection d’évènements aux deux populations.

Corridor des routes 11, 65 et 101
Distance : 26,6 km


Un peu plus au nord, trois communautés fondatrices de la grande région du lac Témiskaming ont, depuis déjà quelques années, une tradition unique qui favorise le développement et l’entretien de relations entre voisins. L’activité Tisser des liens Témiscamingue est un rassemblement de leadeurs et de regroupements venant de diverses municipalités ontariennes, québécoises et autochtones.

Cette réunion culturelle semi-annuelle permet de renseigner les participants de nouvelles initiatives locales et des enjeux des deux côtés de la frontière. Récemment, plus de 80 personnes se sont réunies dans le gymnase de l’École Kiwetin de la Première Nation de Timiskaming pour savourer un repas de mets autochtones et en apprendre davantage sur les projets de développement économique de cette collectivité. Les activités se déroulent simultanément dans les deux langues officielles.


Corridor des routes 66 et 117
Distance : 85,7 km


Kirkland Lake se trouve à environ une heure de route de Rouyn-Noranda en passant par les cantons de Gauthier, Larder Lake et McGarry et les résidents de ces communautés Nord-ontariennes tirent profit de leur proximité avec cette ville administrative de l’ouest du Québec. Entre autres, plusieurs personnes se dirigent vers cette ville de 42 000 résidents pour faire certains achats et assister à divers évènements artistiques et francophones d’envergures.

«Bien qu’il arrive à l’occasion que le Conseil des arts de Kirkland Lake offre un spectacle en français, c’est généralement rare d’avoir accès à un évènement culturel en français», estime Casey Owens, conseiller municipal de Kirkland Lake. «Rouyn-Noranda offre une programmation culturelle beaucoup plus vaste pour les francophones qui habitent Kirkland Lake, dont le Festival des guitares du monde, le Festival de musique émergente, Osisko en lumière, le Festival du cinéma international, la scène Paramount et le théâtre du Cuivre.

Économiquement, Rouyn-Noranda offre aussi un plus grand choix de commerces aux détails que Kirkland Lake. Évidemment, en tant que conseil municipal, nous encourageons les résidents de magasiner localement, mais ce serait irréaliste de croire que tout peut être acheté ici en ville.»

«Personnellement, je ne vois pas cette situation comme étant hors du commun. J’ai grandi à Rouyn et ma famille est originaire de Virginiatown. J’ai donc passé beaucoup de temps à chevaucher la frontière du Québec et de l’Ontario. J’ai décidé d’aller à l’école à Sudbury et je travaille maintenant en Ontario. Plusieurs gens habitent à Rouyn et travaillent à Kirkland Lake, soit à KL Gold, au bureau des anciens combattants ou même dans certaines écoles francophones ou d’immersion. C’est une réalité quotidienne pour plusieurs personnes.»

Pour souligner le niveau de collaboration qui subsiste entre ces deux villes minières, Kirkland Lake et Rouyn-Noranda ont conjointement accueilli le congrès de l’Association française des municipalités de l’Ontario (AFMO) en 2005. L’activité a entre autres permis de sensibiliser chacune des administrations municipales sur leurs réalités respectives.

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Éric Boutilier

Correspondant

North Bay et Nipissing

Sports

eric.boutilier@levoyageur.ca

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