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mercredi, 05 juin 2019 09:00

La guerre du KED

Le conseiller municipal de Sudbury, Robert Kirwan, est reparti en guerre afin de défendre son projet fétiche, le Centre de divertissement du Kingsway (Kingsway Entertainment District), mieux connu sous son acronyme anglais, KED. Cette fois, il s’en prend à l’Association des commerçants du centre-ville.

L’association n’a jamais caché son opposition au KED préférant plutôt que le nouvel aréna qui en fait partie soit construit au centre-ville. L’association appuie aussi un groupe de gens qui en appellent de la décision de la ville devant le Tribunal d’appel de l’aménagement local (l’ancienne Commission des affaires municipales de l’Ontario).

Et c’est ça qui énerve le conseiller Kirwan. Remarquez que ça n’en prend pas gros pour l’énerver. Lors d’une récente rencontre du conseil municipal, M. Kirwan a proposé que le maire utilise son influence pour convaincre le gouvernement Ford d’arrêter le processus d’appel au Tribunal d’appel. Il a même été jusqu’à suggérer que la municipalité abolisse l’association du centre-ville. La municipalité a le pouvoir de faire ça puisque, selon la Loi de 2001 sur les municipalités, ce sont les villes qui créent de telles associations dans le but d’améliorer certains quartiers commerciaux. Il en existe plusieurs dans le Grand Sudbury.

Robert Kirwan fait cependant erreur sur plusieurs points. Le premier c’est que ces associations décident de leurs priorités de façon démocratique. Chaque année, les commerçants élisent un conseil d’administration qui gouverne leur association. Ce conseil inclut normalement le conseiller ou la conseillère municipale qui représente ce quartier. Le conseil agit au nom des commerçants lorsqu’il oppose ou appui certaines initiatives. Si les commerçants ne sont pas d’accord avec les décisions de leur association, c’est à eux de voter pour de nouveaux représentants, pas à la municipalité.

Deuxièmement, on peut se demander quel avantage la ville tirerait en abolissant une telle association, puisque le budget de ces groupes provient entièrement de ses membres. La ville perçoit cette cotisation lorsqu’elle fait parvenir son compte d’impôts fonciers aux commerçants. Ce compte inclut une surcharge pour l’association.

L’association peut bien sûr créer des partenariats avec la ville lors de certains projets et, dans ces cas précis, il se peut que la ville investisse, normalement en nature. Par exemple, l’association peut acheter et installer des paniers de fleurs pour embellir les lampadaires dans le quartier et la ville peut s’occuper de l’arrosage — ce qu’elle fait déjà dans ses propres bacs à fleurs. En somme, les couts pour la municipalité sont minimes.

Finalement, là où Kirwan a vraiment tort, c’est de vouloir que des politiciens interviennent dans une affaire judiciaire. Le Tribunal d’appel de l’aménagement local est justement là pour s’assurer que les politiciens ne dépassent pas les limites de leur pouvoir. En intervenant dans cette question, le maire Bigger et le premier ministre Ford commettraient un sérieux accro aux règles de la démocratie. On sait bien que la démocratie et la déontologie ne sont pas les grandes forces de Kirwan — il est plutôt du genre «bully» —, mais il a été élu dans un système où il y a des règles et il est important que le conseil municipal le lui ait rappelé en refusant sa proposition.

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Lu 728 fois Dernière modification le mardi, 04 juin 2019 11:21
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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