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mercredi, 29 mai 2019 14:24

Leçons pour le Canada

L’éminent professeur d’Études européennes à l’université Oxford, Timothy Garton-Ash, publiait en fin de semaine un article éclairant dans le Globe and Mail*. C’est un vibrant plaidoyer pour une Europe unie. Garton-Ash y parle de la désintégration du rêve européen devant la montée des leadeurs du populisme nationaliste qui alimentent actuellement la grogne dans plusieurs pays afin de grappiller des votes. Et il tente de démontrer que, même pour les plus démunis, il n’a jamais été aussi bon de vivre en Europe.

Voilà une leçon pour le Canada maintenant aux prises avec ce même type de politiciens populistes qui veulent nous faire croire que notre pays est à la dérive.

Garton-Ash parle bien sûr de ces politiciens de droite — Marine Le Pen, Viktor Orban, Matteo Salvini, Boris Johnson et autres eurosceptiques — qui tentent de démanteler l’Europe ou, dans certains cas comme la Catalogne, leur propre pays. Si vous ne voyez pas de parallèle entre ces gens et certains de nos politiciens, vous n’avez évidemment pas suivi la politique canadienne des dernières années.

Ici aussi il y a des politiciens qui cherchent désespérément à élargir n’importe quelle faille dans l’opinion publique pour créer une brèche dans laquelle ils espèrent s’engouffrer pour atteindre le pouvoir. Remarquez ici le terme «engouffrer», parce c’est vraiment ce que ces petits politiciens font, ils nous entrainent vers un gouffre.

Le pire, c’est que cette petite politique sans envergure semble fonctionner. Les récents résultats électoraux en Ontario et en Alberta, au Nouveau-Brunswick et au Québec démontrent clairement que ce genre de discours intolérant, souvent truffé de menteries, plait à beaucoup de gens. On dirait que les électeurs préfèrent des politiciens qui réduisent tout à c’est-de-leur-faute-si-nous-sommes-dans-la-merde, à nous-vs-eux, qu’à des leadeurs qui tentent de nous présenter un idéal de société.

La seule façon de contrer ces oiseaux de malheur, c’est un peu de réalité. Et la réalité, ça se résume aux choses essentielles de la vie. Sommes-nous vraiment dans la chnoute? Mangeons-nous trois repas par jour? Avons-nous un toit au-dessus de nos têtes? Nos enfants jouissent-ils d’une éducation gratuite dans des écoles salubres? Pouvons-nous recevoir un traitement lorsque nous sommes malades? Nos routes sont-elles encore carrossables? Et surtout, sommes-nous libres de penser et de dire ce que nous croyons?

Pour la vaste majorité des Canadiens, la réponse à ces questions est oui. Il y a bien sûr des bémols. Certains sont pauvres ou dans la rue; les fins de mois sont difficiles pour plusieurs; nos systèmes d’éducation et de santé pourraient être améliorés. Mais est-ce que ces déficiences de notre société la rendent si invivable qu’il faudrait la mettre en jeu en écoutant les exagérations et mensonges de politiciens démagogues?

Non!

Comme le dit si bien Timothy Garton-Ash dans l’article cité au départ, l’Europe n’a jamais connu, en mille ans d’histoire, une époque où il fait si bon vivre. Alors c’est quoi ce chiâlage constant dans nos médias et réseaux sociaux? Comme le dit si bien l’expression anglaise, Canada, «get a grip»!

Réjean Grenier

* https://www.theglobeandmail.com/opinion/article-europe-is-disintegrating-who-will-stand-up-for-it/

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Lu 903 fois Dernière modification le mercredi, 29 mai 2019 14:30
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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