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mardi, 30 avril 2019 15:44

Il y a plus de théâtre en français que l'on pense

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École secondaire catholique Thériault pendant leur répétition technique École secondaire catholique Thériault pendant leur répétition technique Photos : Julien Cayouette
Sudbury — L’École secondaire catholique l’Essor de Tecumseh repart du Festival Théâtre action en milieu scolaire (FTAMS) avec le prix Première ligne pour le meilleur texte pour leur pièce Au-delà du cadre. Cependant, le jury a tenu à remettre une mention spéciale aux Draveurs de l’École secondaire Macdonald-Cartier pour souligner la qualité de leur création.

Le FTAMS a lieu tous les ans en alternance entre Ottawa et Sudbury. L’évènement se déroulait donc dans la ville du nickel cette année et a accueilli environ 350 élèves des quatre coins de la province. Les participants suivent des ateliers, présentent leur pièce devant un auditoire et reçoivent de la rétroaction après leur performance.

Quelques écoles ont choisi de mettre en scène des textes de répertoire, mais un plus grand nombre ont écrit leur propre pièce. C’est ce qu’on choisit de faire les trois écoles du Nord de l’Ontario qui étaient présentes au FTAMS et que Le Voyageur a rencontré.

École secondaire catholique Jean-Vanier, Krikland Lake


Des comédiennes de l’École secondaire catholique Jean-Vanier pendant leur répétition technique du 24 avril. Les troupes de chaque école profitaient surtout du temps qui leur était alloué pour trouver comment placer leur décor sur une scène différente et apprendre à se servir de l’éclairage.

Les six auteurs de l’É.s.c. Jean-Vanier ont choisi de revisiter une pièce écrite par des élèves de leur école en 1993 et réinterprétée en 2005 : Au fond du miroir. Ils l’ont modernisé en ajoutant des problèmes et des péripéties modernes pour tenter de garder l’auditoire accroché. Ils croient avoir transformé le texte plus comique en une histoire plus dramatique.

La pièce raconte la vie «imparfaite» de Marie-Ange. On la voit à l’enfance, à l’adolescence, comme adultes et dans sa vieillesse. «On voit vraiment les moments marquants de sa vie», ce qui fait qu’elle est devenue qui elle est. On y suit en parallèle Hugo et l’évolution de sa relation avec Marie-Ange.

L’objectif de la troupe était de présenter des moments de la vie de Marie-Ange auxquels les spectateurs peuvent s’identifier ou qui peuvent provoquer des émotions fortes. C’est aussi une façon d’étudier comment les évènements peuvent façonner une vie.

Les six auteurs de Jean-Vanier avaient tous déjà participé au FTAMS dans le passé. Lorsqu’on leur demande le grand avantage de présenter une pièce au festival, l’une des autrices répond rapidement : «c’est en français». Certains d’entre eux ont déjà participé à des évènements anglophones de théâtre, ce qui les a obligés à faire un peu plus de l’humour physique. C’est un plus pour eux de présenter une histoire complexe en français, que les spectateurs la comprennent et l’apprécie.

École secondaire catholique Thériault, Timmins


École secondaire catholique Thériault pendant leur répétition technique

Les élèves au pays des rêves a été écrite par six élèves de l’É.s.c. Thériault. On y suit la vie dans une école, entrecoupée par les rêves des élèves — et d’un enseignant — qui s’endorment en classe.

Leur idée était de créer une comédie où même les cauchemars sont drôles... pour les spectateurs du moins. La troupe a même réussi à mettre en scène le cauchemar classique : arriver en classe et se rendre compte qu’on n’a pas de vêtements.

Elles disent s’être inspirées de personnes et d’évènements qu’elles connaissent, même d’enseignants et d’élèves de leur école. Un des comédiens, pendant la période de discussion avec le public après la pièce, a même affirmé s’être inspiré d’un ami pour son costume et une partie de ses répliques.

Cinq des six autrices en étaient à plus d’une participation au FTAMS. Elles aussi sont heureuses de participer à un évènement en français «pour démontrer notre francophonie» et rencontrer d’autres participants qui ont une passion en commun.

La pièce a déjà été présentée au public à Timmins, elles s’attendent à la présenter à leur école à leur retour.

École secondaire Macdonald-Cartier, Sudbury


Les Draveurs de l’École secondaire Macdonald-Cartier pendant la période de questions après leur prestation.

Le nom des Draveurs n’est plus à faire dans l’univers théâtral franco-ontarien. La troupe, qui fêtera bientôt ses 50 ans, a remporté plusieurs prix au fil des ans, dont la deuxième place cette année pour le meilleur texte.

La rue des lilas est une idée originale écrite par Nicholas Ntaganda et Maxime Cayouette. «Dans un quartier parfait, avec toutes des rues parfaites, des maisons identiques les unes aux autres, tout est conforme. Mais il y a un problème quand quelqu’un arrive dans ce quartier et qu’elle n’est pas comme tous les autres», explique le deuxième auteur.

Leur idée initiale était de parler de santé mentale, mais toutes leurs explorations du thème les ont menées vers l’idée de la conformité, des attentes sociales et comment trouver sa place dans le monde.

Est-ce drôle ou triste? «Les deux en même temps», répond Nicholas. En fait, l’univers, les personnages, les costumes et les décors créés par la troupe portent à faire rire, mais le drame du personnage perturbateur est bien tangible. «C’était un peu le but, poursuit Nicholas, trouver un ton où il y avait des parties plus clownesques et absurdes, mais avec un aspect très tragique. La difficulté, c’était de trouver un bon équilibre.»

NDLR : Par souci de transparence, nous devons préciser que Maxime Cayouette est le fils de notre directeur de l’information.

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Julien Cayouette

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