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mercredi, 24 avril 2019 09:00

Quand l’espoir est tout ce qui reste

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Deux sujets retiennent l’attention cette semaine. Deux sujets qui menacent notre façon de vivre en tant que Nord-Ontariens et Franco-Ontariens. Passons d’abord au sujet le plus pressant, Doug Ford vs Mère Nature.

La région de Nipissing fait actuellement face à de graves inondations. Plusieurs rivières ont quitté leur lit et la crue des eaux menace plusieurs résidences. Les inondations ont causé la fermeture de la route 17 entre Mattawa et North Bay ainsi que de plusieurs routes secondaires, forçant les voyageurs à faire de longs détours. Espérons que la situation se résorbe rapidement, parce que, grâce au gouvernement Ford, il y a maintenant moins d’argent pour faire face aux inondations. À moins que le prestidigitateur, Vic Fedeli, puisse sauver sa circonscription au détriment des autres.

Il faut aussi espérer une nature clémente pendant l’été, parce que ce n’est pas tout ce que les conservateurs ont coupé. Le premier budget du gouvernement «For the People» a aussi réduit de moitié le budget réservé pour combattre les feux de forêt. C’est à croire que les citoyens de Ford Nation n’ont pas de chalet. Espérons en tout cas que Fedeli, qui vit lui-même en milieu rural, se soit fait installer des gicleurs.

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Le deuxième sujet est moins pressant, mais il menace la pierre angulaire sur laquelle les Franco-Ontariens ont bâti leur communauté : l’éducation. Il s’agit ici de fusion de conseils scolaires.

L’idée de combiner des conseils scolaires a refait surface depuis l’élection du gouvernement Ford, qui veut réduire les dépenses gouvernementales à tout prix. Cette fois, c’est le conseil scolaire publique anglophone Rainbow District vient d’envoyer une lettre à la ministre de l’Éducation proposant la fusion des conseils publics français et anglais.

Voilà bien une idée d’Anglais.

C’est la présidente de Rainbow District, Doreen Dewar, qui se fait la porte-parole de cette idée farfelue. Son slogan : «One Board, Two Languages». Ben oui, Madame Dewar, vous pensez évidemment que les Franco-Ontariens n’ont pas de mémoire. Madame Dewar était conseillère à l’ancien Sudbury Board of Education lorsque ce conseil était responsable de toutes les écoles publiques de langue française. Or, dans ce «bon vieux temps», Madame Dewar s’est opposée à la création de nouvelles écoles françaises. Et elle voudrait maintenant que nous ayons confiance dans un conseil fusionné ou elle et les autres anglophones seraient majoritaires. «Never in a million years», madame Dewar.

Nous devons cependant nous préparer à faire face à de telles fusions puisque rien n’arrête le rouleau compresseur de Ford; pas la langue, pas la moralité, pas les promesses rompues. Le premier budget des conservateurs indique d’ailleurs clairement que d’autres compressions s’en viennent dans le secteur de l’éducation — et bien d’autres. Espérons que nous pourrons leur faire comprendre que s’ils veulent absolument des fusions, elles devront combiner des entités semblables, anglais avec anglais, français avec français, public avec public, catholique avec catholique. Toute autre modification au système actuel entrainera des batailles acharnées que le gouvernement perdra.

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Lu 747 fois Dernière modification le lundi, 22 avril 2019 20:10
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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