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lundi, 22 avril 2019 19:45

Revue du Nouvel-Ontario : 40 ans et toujours aussi pertinente

Écrit par 
Julie Boissonneault Julie Boissonneault Photos : Julien Cayouette
Sudbury — Pour son dernier numéro en tant que rédactrice en chef de la Revue du Nouvel-Ontario, Julie Boissonneault célèbre le 40e anniversaire de la revue scientifique franco-ontarienne en produisant le plus gros numéro à ce jour et en introduisant deux nouveaux types de textes.

Ce numéro est en fait codirigé par Mme Boissonneault, rédactrice en chef des numéros 35 à 43, et par Donald Dennie, le tout premier rédacteur en chef de la revue publiée par l’Institut franco-ontarien (IFO) depuis 1978.

Ce n’est pas là le seul retour dans le passé. «J’ai invité tous les anciens directeurs à faire un témoignage et ils ont presque tous accepté», souligne Mme Boissonneault. Ceux qui ont voulu se replonger dans leur passé sont Jean-Pierre Pichette, Benoît Cazabon, Annette Ribordy, Ali Reguigui et Rachid Bagaoui. Il manque évidemment Fernand Dorais, décédé en 2003.

«En lisant leur témoignage, que je présente en ordre chronologique, se dessine une trame de l’histoire de la Revue», met-elle en lumière. Entre autres le fait que c’était souvent les nouveaux professeurs «qui manifestaient le moindre intérêt pour l’Ontario français» ou qui s’intégraient dans les groupes de recherches de l’IFO «qui se retrouvaient à hériter du dossier, qu’ils le veuillent ou non», raconte la rédactrice en riant. «Ça a souvent été la fenêtre par laquelle ils ont compris ou appris à connaitre la francophonie ontarienne.»

Par contre, pour Mme Boissonneault, ce travail n’a jamais été un fardeau, malgré les nombreuses heures qu’elle doit consacrer — et qu’elle ne compte pas — à la publication d’un numéro. «J’ai toujours aimé la Revue. En fait, je suis peut-être l’exception, ils n’ont pas eu à courir après moi.»

Julie Boissonneault y a publié son tout premier article en 1986, ce qui peut en partie expliquer son attachement. «J’y crois à la revue. Les pensées, les réflexions, les enquêtes et les études qui se font gardent leur actualité, si ce n’est que pour comprendre le passé et mieux comprendre l’avenir», dit-elle.

Nouveautés

En plus des textes des anciens directeurs, l’autre nouveauté est un retour sur d’anciens textes afin de voir comment les choses ont évolué. Des auteurs se sont penchés sur leur propre texte, comme Donald Dennie qui revient sur son texte De la difficulté d’être idéologue franco-ontarien, publié dans le tout premier numéro, ou Simon Laflamme qui réfléchit sur son article de 1996, Les mots et les choses : commentaires.

Dans d’autres cas, des auteurs reviennent sur les écrits des autres, comme l’historien Serge Miville qui jette un regard actuel sur les textes de Pierre Savard et de Donald Dennie publiés dans le premier numéro ou l’éducateur à la retraite Pierre Riopel qui réfléchit sur le texte de Louis-Gabriel Bordeleau, L’éducation pour l’Ontario français : des acquis aux incertitudes, 20 ans plus tard.

Des articles classiques de recherche et les comptes rendus d’autres ouvrages sur l’Ontario français viennent compléter cette édition. On y retrouve également deux courts textes à la mémoire d’anciens auteurs décédés en 2018 : le sociologue Marc Charron et l’historien Gaétan Gervais.


Le numéro 43 dans la Revue du Nouvel-Ontario a le plus volumineux à ce jour : 537 pages.

La place de la Revue

La Revue du Nouvel-Ontario est une revue scientifique regroupant des textes touchant principalement aux sciences humaines et révisées par des pairs. Elle est en fait la première et la seule revue scientifique qui se penche principalement sur la francophonie ontarienne — sur sa langue, sa culture, la place de ses femmes, son éducation, etc.

Si elle se concentrait à ses débuts sur cette francophonie, elle a élargi ses horizons au fil des ans pour inclure la francophonie canadienne «parce que l’Ontario français fait partie de la francophonie canadienne et, souvent, il y a des problématiques que l’on partage», précise Mme Boissonneault.

«Je ne pense pas qu’en 1978 on croyait qu’elle était pour avoir cette portée-là. Elle prend de plus en plus d’ampleur, elle devient de plus en plus scientifique, mais sans nécessairement fermer la porte à d’autres paroles et essayant de demeurer accessible à tout le monde.»

L’intérêt des auteurs et des lecteurs pour cette revue ne s’effrite pas. La professeure dit recevoir régulièrement des textes d’auteurs voulant y être publiés et voir des références à des articles dans d’autres ouvrages de recherche. Elle ajoute que la diffusion a d’ailleurs largement augmenté depuis que la revue est publiée en ligne par le biais du site erudit.org, depuis le numéro 33 en 2008.

La suite

Mme Boissonneault a profité d’un lancement dans le cadre de la 26e Journée des sciences et savoirs de l’ACFAS-Sudbury pour annoncer que la doctorante Lianne Pelletier avait accepté d’être la prochaine rédactrice en chef de la Revue du Nouvel-Ontario.

La rédactrice en chef sortante a confiance qu’avec l’aide de l’équipe derrière chaque numéro, sa remplaçante fera un travail admirable. Ce qu’elle leur souhaite? «Longue vie.»

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Julien Cayouette

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