FacebookTwitter
mardi, 19 mars 2019 10:00

Ils sont passés par chez nous : 2000 à 2010

Écrit par 


Nous le voyons de semaine en semaine dans ces chroniques, Le Voyageur a touché la vie de beaucoup de gens qui y ont travaillé et contribué.

On explore cette semaine une époque que je connais bien, puisque je suis moi-même arrivé à Sudbury et au Voyageur en 2000. J’ai donc fait appel à quelques amis pour obtenir d’autres témoignages décrivant comment Le Voyageur fait de nous, malgré l’intensité épuisante de la tâche, de meilleures personnes.

par Julien Cayouette



Philippe St-Pierre — Rédacteur en chef de 2000 à 2001

L’époque Réjean Grenier



Pas facile, en quelques paragraphes, de résumer un passage de deux ans dans la BELLE ville de Sudbury! Je dis belle, oui, parce que ces deux années ont signifié beaucoup, et ce, à plusieurs égards. Même qu’aujourd’hui, je peux affirmer qu’elles sont en partie responsables de ce que je suis devenu… pour le meilleur, évidemment! Allons voir :

L’aventure : Sudbury, c’est d’abord et avant tout une question de relations, d’amitiés et de rencontres. La première et non la moindre, Yves Nadeau. En entrevue téléphonique à 1 000 km de distance, une chance d’iront certains… mais non, c’est lui qui a mis la table, au contraire. Parce que pour moi, Sudbury, c’était un point sur la carte routière que je venais tout juste de me procurer au dépanneur du coin, quartier Saint-Sauveur à Québec.

La rencontre : Onze heures plus tard, j’y suis. Premier matin, première rencontre au Carrefour Francophone. Yves bien entendu, mais Jeannette, Denise, Pierre, Yves, Gilles, Louise… et un certain Réjean. Je marche drette comme on dit. Il m’a l’air sérieux le monsieur, au fait de ses affaires… et un p’tit quelque chose d’autre que je n’arrive pas à décoder… sur-le-champ à tout le moins. Bref, on casse la glace avec ma première assignation à Valley East… couvrir l’inauguration du tout nouveau columbarium des frères Lougheed. Pour le scoop de l’année, on repassera!

La confiance : Quelques mois plus tard, nous y voilà. Au cœur de ce que sera Sudbury pour moi, la Confiance. Parce que si vous me demandez la qualité première de Réjean Grenier envers moi, je vous réponds sans hésitation, la confiance. Un élément intangible, sans saveur ni odeur, mais ô combien important pour le développement et la progression d’un individu. Cette confiance, je l’ai sentie rapidement. Dans toutes les éditions publiées, elle y était. Pour moi, il s’agit sans l’ombre d’un doute d’une qualité indispensable pour un leadeur.

La rigueur : Oui, Réjean Grenier était rigoureux. Et le pire, c’est qu’il n’avait pas besoin de le crier haut et fort. Pas besoin de monter sur ses grands chevaux comme on dit. Et c’était ça le petit quelque chose que je n’arrivais pas décoder au départ. Il n’a jamais crié, n’a jamais levé le ton. Pas besoin. Je savais quand le boulot était bien fait et quand il fallait redoubler d’ardeur. Et ça, c’est aussi une force… tranquille diront certains, mais une vraie de vraie.

L’impact : Mon ami Julien me demande de souligner les bons coups, c’est fait. Il me demande d’identifier les retombées aujourd’hui sur mon travail. C’est simple. J’ai appris à Sudbury de ne pas me contenter de bien, mais de mieux. J’appris à faire confiance encore plus à ceux que j’ai sous ma responsabilité. À déléguer cette confiance et à récolter ensuite. J’ai appris à exercer un leadeurship tranquille… à prêcher par l’exemple en assurant une rigueur dans l’ensemble de mon travail.

Voilà, pour moi ce que représente mon passage à Sudbury. En espérant avoir contribué à faire rayonner ce magnifique hebdo encore un peu plus.



Karine Lemaire — Journalise des pages écoles 2000-2001

La première journaliste des pages écoles



Pour moi, Le Voyageur, c’est une belle et grande histoire d’amour qui a débuté il y a près de 20 ans et qui se poursuit encore aujourd’hui. Cette superbe expérience de 9 mois, acquise dès ma sortie de l’Université Laval en journalisme, m’aura non seulement permise de faire partie de cette petite équipe fabuleuse et tissée serrée, brillamment coordonnée par Réjean Grenier, mais également de découvrir l’immense et adorable territoire ontarien et surtout, d’avoir la chance inouïe d’y rencontrer l’homme qui partage encore ma vie aujourd’hui, le papa de mes deux adolescents.

Vous comprendrez que mon passage au Voyageur m’a littéralement marquée. D’autant plus qu’on m’avait approchée pour un tout nouveau projet : la rédaction des trois pages Écoles.

Quel bonheur pour une jeune journaliste comme moi qui se disait plutôt «communautaire» que de se voir confier la responsabilité de couvrir l’actualité d’une soixantaine d’écoles primaires et secondaires, publiques et catholiques, situées à Sudbury et aux alentours. Quelle excitation que de parcourir le territoire d’un bout à l’autre à la rencontre de professeurs et de jeunes stimulés par mille-et-une activités et passionnés par la langue française.

Toujours accueillie à bras ouverts, je me suis vite attachée à eux. Cette expérience inoubliable m’a même amenée à partager à des élèves mon amour pour le métier de journalisme lors d’une journée Info-Carrière dans une école secondaire de Sudbury. C’est avec Sudbury et Le Voyageur tatoués sur le cœur qu’il a fallu que je retourne au bercail, au Québec, pour entamer ma carrière au gouvernement provincial, où j’ai eu la chance de poursuivre dans la même veine, soit en rédigeant des bulletins d’information et même, à une certaine occasion, en concevant des jeux éducatifs distribués aux enseignants du Québec. Travaillant dorénavant en sécurité civile, je continue de parcourir le territoire, cette fois-ci en soutenant les municipalités en cas de sinistre.

Il n’en demeure pas moins que l’expérience acquise au Voyageur me suit tous les jours de ma vie et a façonné qui je suis maintenant : une personne proactive, rigoureuse, curieuse, passionnée et attentive, qui doit faire preuve d’un esprit d’analyse et de synthèse indéniable.

Le Voyageur fait partie de ma vie et je lui dois beaucoup de mon bonheur. Bon 50 ans à cette belle petite famille qui m’a adoptée l’instant de 9 mois et que je porte dans mon cœur chaque jour depuis.

Remerciements spéciaux à ce grand homme, Réjean Grenier, qui a cru en moi... en nous.


Karine Lemaire et Philippe St-Pierre vivent maintenant à Québec avec leur deux enfants — Photo : Courtoisie



Mathieu Berger - Rédacteur en chef de 2001 à 2006

Courage et insouciance



Si je suis ce que je suis maintenant sur le plan professionnel, c’est en majeure partie grâce au Voyageur.

J’ai eu la chance d’y faire mes premières armes en journalisme en 2001. J’ai parcouru 1330 kilomètres pour m’y rendre. Et en un peu plus de quatre ans à travailler pour cet hebdomadaire, j’en ai fait du chemin. En quelques mois, le propriétaire de l’époque, Réjean Grenier, a eu le courage, où certains diraient même l’insouciance, de me confier le poste de rédacteur en chef. Je n’avais même pas un an de journalisme dans le corps.

Cela m’a permis de vivre mon expérience professionnelle la plus formatrice à ce jour. J’y ai aiguisé mon sens de la nouvelle et du leadeurship. Et j’ai surtout pris conscience de l’importance de ne pas prendre pour acquis ma langue maternelle, le français. J’y ai aussi tissé de grandes amitiés.

Pour toutes ces raisons, je n’oublierai jamais mon passage dans cet hebdomadaire.

Joyeux 50 ans et longue vie au Voyageur.



Jean-François Fecteau - Journaliste de 2001 à 2005

Une expérience mémorable



Le monde a définitivement changé le 11 septembre 2001. Alors qu’il était témoin de l’effondrement des tours du World Trade Center à New York, pour ma part je recevais l’appel de Mathieu Berger, rédacteur en chef du Voyageur. Trois jours plus tard, je quittais ma Beauce, soit à 1000 kilomètres de Sudbury, pour amorcer une belle carrière en journalisme. Pour moi, il s’agissait d’une occasion en or pour apprendre le métier et perfectionner mon anglais.

Cependant, j’étais loin de me douter que ma première journée à Sudbury serait aussi mouvementée. Aussitôt arrivé dans les limites de la ville, je devais appeler mon collègue et bon ami du collège, Christian Matte. Ce dernier avait été embauché quelques semaines avant moi au Voyageur. Il m’a donc donné rendez-vous chez lui afin de partir à la recherche d’un loyer. Cela m’a pris plus d’une heure à trouver son emplacement.

À ma défense, j’étais complètement épuisé mentalement et physiquement en raison de plus de 13 heures de conduite automobile en deux jours. Il fallait bien me trouver un appartement pour vider mon auto et prendre un peu de repos. Malgré tout, ce temps perdu dans la ville m’a été très utile pour me familiariser avec les lieux.

Insouciant et âgé d’à peine de 20 ans, j’avais oublié un autre détail avant mon départ. Je n’avais même pas assez d’argent pour payer un loyer. Je ne savais pas qu’en Ontario, on m’aurait exigé un tel montant (first and last) pour me loger. Après une négociation ardue en anglais avec la propriétaire d’origine vietnamienne, nous avons trouvé un arrangement afin que je prenne possession du logement... sans électricité. Quel début ironique, un journaliste qui n’était pas branché. Cela marquait le début d’une aventure mémorable!

Bref, j’aurais bien d’autres anecdotes à raconter de ma première expérience de travail en journalisme. J’ai d’ailleurs connu l’amour lors d’une certaine soirée africaine... Vous comprendrez qu’à partir de ce moment, Le Voyageur représentait plus qu’un travail pour moi et je voulais aussi m’intégrer à la communauté franco-ontarienne.

J’ai eu d’autres expériences plus périlleuses… J’ai failli prendre en feu lors d’un concert de Nickelback et de Three Days Grace à l’aréna de Sudbury. L’agent de sécurité m’a averti au bon moment afin que je m’éloigne d’une zone potentiellement mortelle... Pendant mon séjour au Voyageur, je me suis découvert une véritable passion pour le hockey junior avec les Wolves, mais surtout pour la politique municipale. De plus, je prenais un malin plaisir à prendre des photos inusitées de l’ex-maire du Grand Sudbury, Jim Gordon.

Mais avant de sortir des nouvelles à répétition, et ce, sous le nez de mes compétiteurs, je me souviens de m’être endormi à ma première séance du conseil municipal du Grand Sudbury. Je ne comprenais rien des discussions en anglais ainsi que de tous ces acronymes de programmes gouvernementaux. Gêné de cette situation, j’ai donc travaillé doublement plus fort pour faire ma place au sein de la presse locale. D’ailleurs, les autres journalistes venaient épier mes entrevues de peur de manquer une nouvelle. Un jour, Bob Vaillancourt, journaliste au Sudbury Star, m’avait lancé des fleurs sous la forme de confidences au sujet de ma couverture de la Ville. «Tu travailles tellement que tu me fais mal paraitre devant mes patrons», m’avait-il dit. Quelque temps après ce moment, il avait été muté à la couverture du palais de justice. Cela a été l’une de mes grandes fiertés. Mon travail était reconnu par mes pairs.

Je sentais à ce moment que d’autres défis m’attendaient ailleurs. Je suis donc revenu auprès des miens en Beauce afin de poursuivre ma carrière en communication.

Grâce aux merveilleuses personnes que j’ai pu côtoyer, mon expérience au journal a été très enrichissante, tant sur le plan personnel que professionnel. Je souhaite remercier les lecteurs du Voyageur, mais aussi tous les artisans du journal y compris, Réjean Grenier, propriétaire de l’époque, de m’avoir permis de vivre cette belle aventure.

Longue vie au Voyageur!



Pascale Castonguay - Rédactrice en chef de 2007 à 2011

Avoir le cœur à l’ouvrage



Brosser un portait réel d’une situation à partir de nombreux éléments est souvent considéré comme la qualité première des journalistes. Comparativement à rédiger un article, c’est drôlement plus difficile de raconter, en quelques centaines de mots, l’essentiel d’une expérience aussi enrichissante qu’a pu l’être mon passage au journal Le Voyageur.

Les bons souvenirs sont trop nombreux pour tous les nommer, mais certains sortent du lot. Le petit-déjeuner en compagnie de Jack Layton un dimanche matin de mai 2008, l’ensemble des voyages derrière les Carnets de la voyageuse, la couverture des Jeux olympiques de Vancouver en 2010 et tout ce qui se rapportent au journal Tapage ne sont que quelques-uns des moments que je ne risque pas d’oublier. Aux côtés de ceux-ci, j’ajoute le mardi après-midi au Sudbury Kartways et les repas d’anniversaire au restaurant Alexandria’s.

Parmi les choses apprises, je mets en tête de liste toutes les astuces et l’ingéniosité nécessaires pour trouver une solution aux imprévus qui se présentent moins d’une heure avant la date de tombée.

Dans un tout autre registre, c’est aussi au Voyageur que j’ai appris que j’étais allergique aux chats. Mes collègues se rappelleront certainement de la surprise générale le jour où, après avoir entendu miauler pendant un certain temps, par le plus grand des hasards, on a trouvé un chat qui s’était réfugié dans le plafond suspendu de notre bureau.

Ce que je retiens de mon séjour en sol sudburois va bien au-delà des apprentissages purement professionnels qui me servent encore au quotidien. Si j’estime avoir eu une chance incroyable de pouvoir compter sur les conseils d’un journaliste d’expérience pour me faire les dents dans ce domaine, ce qui m’a le plus marquée, c’est définitivement l’esprit d’équipe qui régnait au Voyageur. Doublée du dévouement des membres de l’équipe, cette convivialité est à la source d’une grande part du succès du journal entre 2007 et 2011.

Il ne me reste plus qu’à souhaiter 50 autres belles années au Voyageur!


Abonnez vous



Lu 863 fois Dernière modification le lundi, 27 mai 2019 19:16
La voix du Nord

info@lavoixdunord.ca

RokStories

Éditorial de la semaine

Calendrier du Nord

Twitter

Member Login