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mercredi, 24 octobre 2018 15:35

Que diriez-vous d’un assistant en santé mentale littéralement à portée de main?

Écrit par 
Yves Gervais et Randy Battochio, fondateurs de Mindgoat. Yves Gervais et Randy Battochio, fondateurs de Mindgoat. Photo : Julien Cayouette
Sudbury — Deux francophones de Sudbury tentent de créer une intelligence artificielle qui pourra reconnaitre des problèmes de santé mentale et donner des conseils à son utilisateur. Randy Battochio et Yves Gervais ont fondé l’entreprise Mindgoat afin de mener à bien leur projet.

En s’inspirant de leur propre bagage, les deux entrepreneurs visent tout d’abord des applications dans le domaine du sport. Randy Battochio a étudié la psychologie du sport à l’Université Laurentienne et s’intéresse à la gestion du stress.

De son côté, Yves Gervais a joué au hockey de façon plus ou moins compétitive toute sa vie — lui et Randy jouent d’ailleurs ensemble. «Souvent, la différence entre [un joueur] qui avance et quelqu’un qui n’avance pas, c’est l’appui qu’il a», soutient M. Gervais.

Pour M. Bottachio, il s’agissait de trouver une façon simple de transférer des connaissances vers ceux qui en ont besoin, sans qu’ils aient à suivre une formation couteuse pendant des années. Il veut aussi rendre cette aide accessible à un plus grand nombre de personnes.

Le programmeur, Yves Gervais, donne une idée des services que pourrait rendre une telle application. «Ça peut-être aussi simple qu’un golfeur qui a fait un triple boguey, qui est frustré. De son téléphone ou de sa montre [intelligente], il peut obtenir un exercice pour se concentrer. Le bot va t’aider à te préparer pour le prochain trou.»

En donnant accès au robot à plus d’information personnelle, comme le rythme cardiaque (à travers une montre intelligente) ou des messages personnels, il pourra intervenir de façon encore plus ciblée, avance M. Bottachio.

«Un autre exemple», enchaine M. Gervais, «les étudiants athlètes pourraient mettre leur horaire d’école et d’activités sportives et le chatbot saurait s’il a un examen et un gros match dans la même semaine, qu’il est 3 h du matin et que ça fait deux heures qu’il est sur Facebook. Le chatbot pourrait lui envoyer un message disant : “As-tu des problèmes? Veux-tu un exercice pour t’aider à dormir ou de concentrer.»

Ce qu’ils veulent créer est ce que l’on appelle un agent conversationnel (chatbot). Une intelligence artificielle avec laquelle vous pouvez converser par écrit. Ils s’inspirent entre autres de Woebot, un agent conversationnel lancé l’an dernier et disponible sur téléphones intelligents et Facebook Messenger et qui vise aussi à donner un appui en santé mentale à ses utilisateurs.

Première étape

Pour le moment, même si M. Gervais a commencé à programmer le logiciel, ils n’en sont qu’à l’étape de colliger les informations que pourra utiliser le chatbot pour bâtir sa banque de connaissances. Ils ont également besoin de se créer une banque d’auteurs.

Pour y arriver, ils ont ouvert le site mindgoat.ca, un site web où M. Bottachio et un nombre de collaborateurs qui grandit lentement publient des articles sur divers aspects de la santé mentale. Les premiers concernaient uniquement le sport, mais ils ont ouvert une section «Lifestyle» la semaine dernière afin de publier l’article d’un expert du cannabis. Ils sont convaincus qu’il y aura plusieurs autres articles sur ce sujet au cours des prochaines années.

«Peu importe ce que l’on fait en intelligence artificielle, ça dépend des données. Ces articles nous permettent d’exprimer nos idées et aussi de comprendre les théories et leur application», explique M. Battochio. Les articles seront la source d’information du logiciel afin qu’il apprenne le plus de symptômes et de solutions possibles.

En contrôlant la source de l’information — au lieu d’utiliser Wikipédia par exemple —, le duo a aussi un meilleur contrôle sur la qualité de l’information en utilisant des recherches et des donnes scientifiques.

Les articles sont seulement en anglais pour le moment — sauf un sur l’équipe de soccer de la France, publié dans le cadre de la Coupe du monde 2018. Ils espèrent parvenir à créer une version bilingue de leur logiciel et accueilleront les collaborateurs francophones avec plaisirs.

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Lu 2821 fois Dernière modification le mercredi, 24 octobre 2018 15:46
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