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mardi, 18 septembre 2018 15:27

Le long chemin vers le contrôle de notre éducation

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Le Voyageur est plus vieux que plusieurs institutions francophones du Nord de l’Ontario. Ceci inclut la création des conseils scolaires francophones et du Collège Boréal, pour lesquels le journal était aux premières loges.

Vingt ans plus tard, la création des conseils scolaires de langues françaises semble un fait acquis. Pourtant, ceux qui ont participé à leur création et à qui nous avons parlé à l’automne 2017 se rappellent d’un chemin parsemé d’embuches.

L’actuel prêtre de la paroisse La Transfiguration de Cochrane, Rémi Lessard, était le seul commissaire francophone membre de la Commission de l’amélioration de l’éducation en Ontario. Il s’est battu pour que les francophones aient droit à la même séparation que les anglophones. «À l’époque, au ministère [de l’Éducation], ils disaient “the catholic, the public and the French”. Ils mettaient les francophones dans le même panier et c’était injuste pour les conseils publics de langue française. Je leur ai dit qu’il fallait aller à quatre systèmes, pour respecter les droits des différentes communautés», raconte M. Lessard.

Même après l’annonce du gouvernement, le premier président du Conseil scolaire public du Grand Nord de l’Ontario, Jean-Marc Aubin, se souvient qu’il restait des batailles à mener. L’une des règles de départ imposées par le gouvernement était que chaque école de langue française existante irait à l’un des nouveaux conseils scolaires francophones. Lorsque ces conseils ont eu besoin d’établir de nouvelles écoles, «on n’avait pas un paquet d’écoles vides comme les conseils anglophones. Il fallait demander ou espérer qu’ils nous les offrent».

La première présidente du Conseil scolaire catholique du Nouvel-Ontario, Claire Pilon, s’était engagée dans la transformation afin de s’assurer que le Collège Sacré-Cœur demeure de propriété francophone, car «c’était une propriété que les anglophones voulaient». Lorsque les jésuites ont fermé le collège, ils l’ont donné au Sudbury Catholic School Board. Mme Pilon croit que les jésuites ont commis une erreur en ne précisant pas que le Collège Sacré-Cœur devait revenir aux francophones. «Les anglophones ont pris possession de l’édifice et y ont mis des classes du collège Marymount. Ça m’inquiétait.»

Vous pouvez lire le texte de l’édition du 15 janvier 1997, qui annonçait la création des conseils scolaire.

Et le postsecondaire?

Déjà en octobre 1977, on retrouve dans les pages du journal une chronique de l’Institut franco-ontarien par Marcel Latulippe sur Les collèges communautaires et les Franco-Ontariens. On y parle d’un symposium qui avait eu lieu à Toronto un mois plus tôt et qui cherchait les meilleurs moyens de répondre aux attentes des Franco-Ontariens face aux formations offertes dans les collèges.

On y rappelle qu’en 1975, une étude menée dans le Sud-Est de la province avait révélé qu’en majorité, les étudiants et les élèves de 12e et 13e années favorisaient un enseignement en français dans un collège bilingue, mais que les résidents non étudiants souhaitaient des collèges entièrement francophones.

«Le Conseil consultatif des Affaires franco-ontariennes a décidé que, pour le moment, il n’est pas prudent de recommander une solution définitive au problème de l’enseignement au niveau collégial dans le sud-est sans étudier le problème dans toute la province, parce qu’une proportion importante des étudiants francophones qui fréquentent les collèges Algonquin et St-Laurent (Cornwall) proviennent du nord et des autres régions de la province», peut-on lire dans la chronique. Une conclusion qui semble avoir été oubliée lors des études sur la création d’une université dans langue française dans le Centre-Sud-Ouest...

On mentionne également déjà l’idée d’un collège de langue française décentralisé, sans lieu physique et qui répondrait aux besoins régionaux.

Ultimement, et plusieurs années plus tard, on créera d’abord la Cité Collégiale à Ottawa en 1990 et ce que l’on a d’abord nommé le Collège du Nord, annoncé en 1993 et qui ouvrira officiellement en 1995 sous le nom de Collège Boréal.



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