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mercredi, 22 août 2018 09:00

Journalisme et démocratie

«Les journalistes ne sont pas l’ennemi» (Boston Globe); «Ce journal est l’ennemi de tout ce qui blesse le peuple» (Chicago Sun Times); «Arrêtez la guerre contre la presse libre» (The Inquirer, Philadephie). Voilà quelques phrases publiées la semaine dernière par des journaux américains en réponse aux accusations de «fake news» du président Donald Trump. Plus de 350 journaux ont publié des éditoriaux dans ce sens le 15 aout. Certains journaux canadiens ont aussi emboité le pas parce que la guerre à la vérité est aussi présente ici.

Deux commentaires ontariens à ce sujet ont d’ailleurs retenu l’attention. Il s’agit d’un blog de l’animateur vedette de TVO et chancelier de l’Université Laurentienne, Steve Paikin, ainsi qu’un éditorial du Toronto Star. Tous deux s’en prenaient à la pratique du nouveau gouvernement conservateur de Doug Ford de laisser les journalistes poser les questions qu’ils veulent à la fin de ses conférences de presse. N’ayant pas peur du ridicule, des employés parlementaires, payés par les contribuables, sont utilisés pour applaudir et faire du bruit afin de noyer les questions des quelques journalistes téméraires qui osent en poser. Une tactique que Paikin dit n’avoir jamais vue en 35 ans de journalisme à Queen’s Park.

Les attaques envers les journalistes ne se limitent pas à Queen’s Park ni à la droite. Il y a quelques semaines, lors d’un ralliement antiracisme, un manifestant s’en est pris à un journaliste du Toronto Sun qui couvrait l’évènement. Selon le Toronto Star, il est clair que l’agresseur a attaqué le journaliste simplement parce que ce dernier travaille pour un journal de droite qu’il n’aime pas.

Ces attaques envers la liberté de la presse, qu’elles proviennent de la gauche ou de la droite, doivent cesser. Il en va du bon fonctionnement de la démocratie.

Il faut se souvenir que les journalistes suivent un code de déontologie qui leur fait rechercher la vérité et rien que la vérité. Cela ne veut pas dire que nos organes de presse n’ont pas de parti pris. Par exemple, on sait très bien que le Toronto Star est de gauche et que la chaine de journaux Sun est de droite. Mais il faut faire la différence entre des textes d’opinion qui, justement, présentent des opinions — comme cet éditorial — et des articles qui tentent de cerner les faits et de les présenter de façon objective.

N’oublions jamais que ce sont les journalistes qui peuvent vérifier les dires de nos politiciens et nous avertir lorsqu’ils mentent. Ce sont les journalistes qui ont le devoir de nous expliquer les ramifications des politiques adoptées par nos gouvernements, de nous démontrer quels effets ces politiques auront sur nous, individuellement ainsi que sur la province ou le pays.

Ceux qui, comme le président Trump et d’autres politiciens, s’en prennent aux journalistes sont sur la pente glissante du fascisme et de la propagande. C’est ainsi qu’ils finissent par obtenir le pouvoir absolu et faire ce qu’ils veulent. Et l’histoire nous apprend que ce n’est pas pour le bien de tous.

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Lu 607 fois Dernière modification le mardi, 21 août 2018 14:19
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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