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mercredi, 25 juillet 2018 06:00

Les Franco-Ontariens de toutes tendances

En début de semaine, le journal de langue française d’Ottawa-Gatineau, Le Droit, publiait une lettre de Me Gilles Levasseur qui pourrait semer la confusion sur les allégeances politiques du leadeurship franco-ontarien. Dans sa lettre, le professeur de droit et de gestion à l’Université d’Ottawa souligne des points importants dont la communauté franco-ontarienne devra tenir compte. Mais il y présente aussi quelques affirmations qui doivent être nuancées.

Afin de permettre à nos lecteurs de bien comprendre la question, vous pouvez le lire ici.

Dans sa lettre, Me Levasseur affirme que «pendant plus de quinze ans, les francophones ont priorisé leurs relations avec les libéraux […] au détriment de bâtir aussi des relations avec les conservateurs». Il en remet aussi en écrivant que s’afficher comme conservateur était un arrêt de mort dans la communauté francophone. Voyons donc! Ces phrases sont déjà utilisées par certains partisans conservateurs pour peindre en noir le leadeurship franco-ontarien, notamment l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO)*. C’est là que le bât blesse.

Il faut tout d’abord dire clairement que l’AFO est un organisme apolitique qui, depuis plusieurs années, rencontre, discute, présente ses positions aux trois principaux partis à Queen’s Park et au gouvernement fédéral. L’AFO entretient des liens non seulement avec les chefs de parti, mais aussi avec plusieurs députés de toutes allégeances.

Soulignons aussi que, quand Levasseur parle des «francophones», il se réfère principalement au soi-disant leadeurship de la région d’Ottawa. Il a peut-être raison en disant que ces gens ont surtout appuyé les libéraux. Mais pour nous qui vivons partout en province, il est clair que les Franco-Ontariens ne forment pas un bloc politique monolithique. Par exemple, lors de la récente élection, plusieurs candidats conservateurs du Nord et de l’Est ontarien étaient francophones. Et c’est sans compter les nombreux supporteurs conservateurs de nos régions qui ne sont pas des politiciens, mais qui agissent en tant qu’organisateurs et financiers du parti. Plusieurs sont nos amis.

Il est encore moins vrai de dire que les francophones sont tous libéraux dans le Nord de l’Ontario. Notre région élit majoritairement des néodémocrates à Queen’s Park. Or, si nous étions tous libéraux, il serait impossible d’élire des députés des autres partis, puisque nous comptons pour quelque 30 % de la population dans plusieurs circonscriptions.

Me Levasseur a cependant raison en disant que les Franco-Ontariens ont beaucoup parlé aux libéraux ontariens depuis 15 ans. Mais ça se comprend. Lorsqu’un organisme tente d’améliorer certaines politiques, il est clair qu’il doit s’adresser principalement au gouvernement. Sans négliger l’opposition, bien sûr, mais il faut bien admettre que c’est le gouvernement qui peut changer les choses. Or, depuis 15 ans, ce sont les libéraux qui ont détenu ce pouvoir. Il fallait bien leur parler!

Me Levasseur a aussi raison en conseillant aux francophones de se rapprocher des conservateurs. Tout comme ils l’ont fait sous les régimes Harris et Davis. Et il faudra parler la langue de ces nouveaux décideurs, soit l’économie, les affaires et la création d’emploi. De tout temps, les francophones ont eu des alliés dans tous les partis. Nous travaillerons avec eux.

* L’éditorialiste du Voyageur, Réjean Grenier, est membre du conseil d’administration de l’AFO.



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Lu 1789 fois Dernière modification le mardi, 24 juillet 2018 15:11
Réjean Grenier

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