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mercredi, 23 mai 2018 06:00

Des avancées pour le français

Le Conference Board du Canada et l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO)1 ont divulgué la semaine dernière un rapport sur l’importance du bilinguisme anglais-français pour le commerce international de l’Ontario. L’analyse démontre que l’utilisation des deux langues favorise nos échanges internationaux. Par exemple, l’étude estime «que les exportations ontariennes vers les pays francophones auraient été́ inférieures de 58 millions $ et les importations de 1,4 milliard $ si l’Ontario n’avait pas eu autant d’échanges avec les pays francophones». L’AFO a acheminé ce rapport auprès des ministères ontariens concernés en incitant la province à améliorer sa performance économique en tirant profit de son bilinguisme.2

Le Commissaire aux langues officielles du Canada, Raymond Théberge, vient de soumettre au Parlement un rapport préconisant la modernisation du Règlement sur les langues officielles en ce qui a trait aux communications avec le public et la prestation des services. Un règlement est l’ensemble des règles qui régissent l’application d’une loi. La plus récente version de la Loi sur les langues officielles (LLO) a été adoptée en 1988 et son Règlement en 1991. Selon M. Théberge, le règlement actuel est dépassé par les changements démographiques au Canada. Il est aussi tellement compliqué qu’il est souvent mal compris par la population et même par les fonctionnaires qui doivent le mettre en œuvre. Plusieurs voix se sont élevées récemment pour demander la refonte complète de la Loi elle-même, mais, si ça se fait, ça prendra du temps. Entretemps, la modernisation du Règlement serait une bonne première étape.3

Le candidat néodémocrate de la circonscription Mushkegowuk-Baie James, Guy Bourgouin, s’est prononcé en faveur du bilinguisme officiel de l’Ontario. Il a fait cette déclaration la semaine dernière à Kapuskasing lors d’un débat entre les principaux candidats à l’élection ontarienne. Depuis, d’autres candidats et députés sortants néodémocrates ont appuyé sa déclaration. Le Parti néodémocrate et sa chef, Andrea Horwath, ne se sont pas prononcés sur la question et il est évident que des promesses électorales, ça vaut ce que ça vaut. Il est cependant intéressant de voir des aspirants politiciens mettre de l’avant ce dossier que les Franco-Ontariens ont à cœur. Rappelons qu’il y a deux ans, un sondage de près de 3 000 Franco-Ontariens indiquait que la vaste majorité veut que le français et l’anglais soient des langues officielles en Ontario.

À la suite de nombreuses plaintes, Poste Canada a enfin compris que le bureau de poste du centre-ville de Sudbury devait être bilingue. La désignation date de quelques mois. Elle est d’autant plus nécessaire que ce bureau de poste dessert des quartiers où résident de nombreux francophones et plusieurs organismes phares de la communauté franco-ontarienne de Sudbury. La bataille pour bilinguiser ce bureau démontre clairement pourquoi le commissaire Théberge veut changer le Règlement cité ci-dessus. Même dans une ville qui compte quelque 40 % de personnes bilingues et qui est désignée selon la LLO, le Règlement actuel permet à des ministères et des agences qui possèdent plusieurs succursales d’en définir certaines comme étant unilingues. Bravo à Postes Canada qui, au centre-ville, cesse de se cacher derrière ce paravent. Il reste cependant plusieurs autres succursales unilingues à Sudbury.


1. Réjean Grenier fait partie du Conseil d’administration de l’AFO
2. L’Ontario, le commerce et les avantages du bilinguisme anglais-français.
3. Rapport spécial au parlement – Une approche fondée sur des principes pour la modernisation du Règlement sur les langues officielles – communications avec le public et prestation des services.

Lu 1148 fois Dernière modification le mardi, 22 mai 2018 17:00
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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