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mercredi, 28 mars 2018 09:00

Trudeau 2019

Les libéraux de Justin Trudeau glissent dans les sondages et ils auront besoin de changer de poil s’ils veulent rester au pouvoir en 2019. Tous ceux qui suivent la politique savent bien que les sondages sont comme les éléphants, ça trompe. Mais, depuis un an, il est clair que les Canadiens n’accordent plus une confiance quasi inconditionnelle au premier ministre Trudeau.

En mars 2017, un sondage Nanos donnait quelque 42 % des intentions de vote aux libéraux, contre 29 % aux conservateurs et 17 % aux néodémocrates. La semaine dernière, Nanos mettait les libéraux et conservateurs presque nez à nez, avec des scores respectifs de 36 % et 35 %. Il y a quelques semaines, un autre sondage, par la firme Ipsos cette fois, démontrait encore plus dramatiquement la perte de vitesse des libéraux. Ils n’y obtenaient que 33 % des intentions de vote contre 38 % pour les conservateurs et 21 % pour les néodémocrates. Selon ce même sondage, 54 % des Canadiens désapprouvent les politiques du gouvernement.

Quand ils poussent encore plus loin, les sondeurs révèlent qu’il n’y a pas un seul point, une bévue unique qui déplait aux Canadiens. C’est un ensemble de décisions, de politiques et de mauvaises communications qui semblent nuire aux libéraux, et surtout au premier ministre Trudeau. On peut penser au voyage — Halloween 2.0 — de la famille Trudeau en Inde, au récent budget axé sur la parité hommes-femmes, à d’autres voyages dans les iles de ses amis milliardaires, aux changements proposés aux impôts des petites entreprises, au peu de progrès sur la question de la réconciliation avec les autochtones, etc. Toutes de petites choses, direz-vous, mais ce sont toutes des choses qui nuisent quand une grande partie de l’engouement pour les libéraux repose sur le charme de son chef. Et ne nous leurrons pas, c’est sur les épaules de Justin Trudeau que les Canadiens placent le blâme.

Il faudra donc que le premier ministre resserre son discours, son cabinet et son propre bureau. Fini les déguisements pour rencontrer des sommités étrangères, fini les invitations à des criminels pour des diners officiels, fini les ballons politiques au sujet du régime fiscal. Autrement dit, fini l’amateurisme. Son personnel, que ce soit des ministres ou des conseillers politiques, devra désormais étudier chaque politique, chaque discours, chaque voyage afin d’en évaluer la portée électorale et les risques qui pourraient y être associés.

Cela ne veut pas dire que Trudeau doit adopter la langue de bois. Au contraire, il doit continuer à charmer le monde par son courage politique et ses positions avant-gardistes, mais celles-ci doivent être accompagnées de gestes qui rallieront ceux qui l’ont délaissé depuis un an.

Par exemple, les sondages démontrent une importante baisse de popularité, une quinzaine de points, auprès des hommes. Les sondeurs expliquent ce revirement par le fait que les hommes sont plus préoccupés par les questions d’économie alors que les femmes sont plus touchées par les politiques sociales.

On a récemment vu le premier ministre Trudeau démontrer que l’économie est une de ses préoccupations en visitant, sans accroc, plusieurs aciéries touchées par les récents tarifs douaniers américains. Voilà le genre d’initiative bien préparée qui fera réélire les libéraux. Il en faudra encore et encore.

Lu 997 fois Dernière modification le mardi, 27 mars 2018 14:08
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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