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jeudi, 15 mars 2018 09:47

Un vestige du camp de prisonniers de guerre

Écrit par  Dominique Villeneuve et Andréanne Joly
Dominique Villeneuve a fièrement montré, aux membres du Club de Généalogie lors de l’assemblée annuelle, cette sculpture faite par un prisonnier de guerre alors qu’il était au camp de Kapuskasing en 1918. Dominique Villeneuve a fièrement montré, aux membres du Club de Généalogie lors de l’assemblée annuelle, cette sculpture faite par un prisonnier de guerre alors qu’il était au camp de Kapuskasing en 1918. Photo : Courtoisie
Kapuskasing — Une œuvre sculptée par Ernst Fritz Seyfarth en 1918, lors de son séjour comme prisonnier de guerre au camp de Kapuskasing, a été remise à l’auteur Dominique Villeneuve par une famille qui a lu son livre Héritage par défaut 1914-1920.

La famille avait lu l’ouvrage du Kapuskois qui s’inspire de la correspondance entre un prisonnier de guerre du camp de Kapuskasing et son épouse et qui sert de prétexte pour décrire l’histoire du camp de prisonniers de guerre qui a donné naissance à Kapuskasing. Le bois a été sculpté en 1918 par un des prisonniers. Il est teint au thé, seule teinture qu’il avait pu se permettre à ce moment-là.

Parcours historique

M. Seyfarth, allemand d’origine, est arrivé au Canada à Halifax par le navire RHEN au mois de mars 1914. La liste des passagers de ce bateau nous apprend qu’il a alors 25 ans et qu’il est architecte.

Quand la guerre éclate, il est emprisonné comme ennemi potentiel alors qu’il vient tout juste de se marier à Anna Bosshardt le 11 juillet 1914 à l’église luthérienne évangélique St. John à Montréal.

M. Seyfarth était relativement instruit puisque la phrase gravée au dos de la sculpture — « But war’s a game, which, were their subjects wise, Kings would not play at » — est tirée du livre The Task (1785) de William Cowper (1731-1800), qui regroupe cinq longs poèmes totalisant environ 6000 lignes. Ce livre faisait sans doute partie des bouquins permis dans la bibliothèque des prisonniers. M. Seyfarth avait donc lu, sinon en entier du moins en partie, ce livre et en avait retenu cette phrase à la ligne 187 tirée du 5e poème intitulé The Winter Morning Walk.

La sculpture a été remise à Gertrude Stewart pour la remercier de son bénévolat au camp et dans la petite communauté de MacPherson (Kapuskasing aujourd’hui). Chaque dimanche matin, elle allait jouer du piano à la célébration religieuse, d’abord au camp, ensuite à la petite église du village existant à ce moment-là.

On raconte que, malgré une grossesse de plus en plus avancée, elle continua son bénévolat aux deux endroits et, le 12 janvier 1918, elle mit au monde son enfant, une fille qu’elle nommera Helen, et la semaine suivante elle était encore au piano pour les deux célébrations, son enfant bien emmaillotée dans des couvertures près du poêle à bois. Il faisait, semble-t-il, -52oF [-46oC].

Lu 2238 fois Dernière modification le jeudi, 15 mars 2018 11:20

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